04 - Partage Session jeunes soeurs

59 - Septembre - Décembre 2008

"Se donner librement au Christ, un chemin de sainteté à la suite de M.E."

C’est le thème qui a guidé toute notre session du 30 mars au 22 Juin. Avant de vous partager notre expérience nous exprimons notre sincère et profonde gratitude au conseil provincial pour cette chance qui nous a été accordée. Merci également à chacune de vous toutes, sœurs de la province pour vos prières qui nous ont soutenues.
Nous étions 18 sœurs, de 13 nationalités, venant de 10 provinces et représentant les quatre continents où la Congrégation est présente.
Nous avons commencé la session avec le mot d’ouverture de sœur Diana nous invitant à nous préparer, de sorte à prononcer et vivre librement nos vœux avec foi et amour. Elle nous invitait aussi à l’écoute attentive en nous proposant la mystique des yeux ouverts, des oreilles ouvertes. Après son intervention et les explications sur le déroulement de la session, le temps nous a été donné pour découvrir la maison. Celle-ci bien que vendue en partie demeure grande avec un beau jardin. A la chapelle se trouve la tombe de notre mère que nous prions fréquemment et qui nous a permis de nous sentir plus proche d’elle.

Voici le résumé de quelques thèmes :

- Les vœux dans le contexte de la mondialisation
Notre expérience sur cette session a été une prise de conscience de la situation réelle de notre monde globalisé. Elle nous a permis de nous rendre compte des défis pour notre vie consacrée. En effet le père La vigne a d’abord commencé par une description du monde actuel pour arriver à la question comment vivre nos vœux dans ce contexte. Nous avons pu constater que dans le contexte de la mondialisation il est de plus en plus difficile pour les gens de durer, d’aller jusqu’au bout, de tenir parole, de vivre la fidélité, la constance. Il y a la peur du sacrifice, la perte des valeurs culturelles, spirituelles et morales. L’initiative humaine est récompensée par le profit. La concurrence prend place dans la loi de l’offre et de la demande ; le système d’efficacité l’emporte sur l’idéologie et la valeur du moi d’abord l’emporte. Nous assistons à la culture d’un monde unifié, d’un monde de communication, un monde marqué par le subjectivismes, la culture de la solitude communicante prend place, la culture de la désinstitutionalisation est également présent : les institutions perdent leur valeur. Le virtuel tend à remplacer le réel. Comment donc inculturer notre vie religieuse dans ce contexte ? Il est constaté que nous religieux continuons encore de travailler sur l’homme ancien c’est-à-dire l’accent mis sur les œuvres sociales et de compassion. Il nous faut donc fonder une nouvelle anthropologie, car le monde est sécularisé, déchristianisé. Pour beaucoup de gens, la vie religieuse n’a plus de sens. Il y a un appel à être davantage des hommes et des femmes de foi, de prière, en créant des espaces pour les gens où l’humain et le divin peuvent se rencontrer. Leur montrer que l’économie et le virtuel ne sont pas la « fin ». La nouvelle valeur à y cultiver c’est la gratuité.

- Solidarité et développement durable
La session sur la solidarité et le développement durable avec sœur Cécile Renouard ra nous a permis de découvrir notre rôle dans la société et le comportement à tenir.
Elle nous a d’abord présenté le développement durable comme une utopie et un projet politique pour renforcer des solidarités locales et internationales. Une utopie parce qu’elle vise à promouvoir un monde de paix, de justice sociale et écologique aujourd’hui et demain.
Comme principe nous avons la solidarité, la responsabilité, la justice, la participation.
Le but visé par le développement durable c’est d’arriver à un développement de tout l’Homme et de tous les Hommes. Elle nous a également parlé des sources spirituelles du développement durable en citant des figures bibliques : prêtre, prophète et roi, faisant le lien avec nos trois vœux.
La figure du prêtre exprime la célébration du don gratuit de Dieu dans la création qui est en lien avec le vœu de chasteté.
La figure du prophète qui exprime la voix qui appelle à la justice et au partage, lien avec la pauvreté.
La figure du roi qui exprime la patience et l’intelligence des situations dans le consentement au réel, l’autonomie et la dépendance, lien avec le vœu d’obéissance.
Après une relecture de la situation de nos propres milieux elle nous a parlé de quelques attitudes et chemins à inventer parmi lesquelles l’abondance frugale dont l’éthique incite à lutter contre toutes les formes de privations qui handicapent la personne et l’empêchent d’être elle-même. A commencer par la pauvreté matérielle, elle vise à affranchir l’homme de la rareté, mais une abondance qui doit être disciplinée, maîtrisée, humanisée. Le concept de l’abondance frugale est que là où règne la misère et la pauvreté sous toutes ses formes (matérielle, relationnelle, spirituelle) il faut y mettre de l’abondance. Et lorsqu’il y a une trop grande abondance, revenir à la sobriété, à l’autolimitation par la redistribution et le don. Ce contexte est de Jean Baptiste de Foucauld.
Tout cela nous à permis non seulement de prendre conscience de la situation mondiale et celle de nos propres milieux et en même temps nous invite à agir localement avec le peu de moyen que nous avons.

- L’éducation transformatrice
Avant d’aborder ce thème nous avons d’abord eu deux jours d’expériences d’immersion dans deux de nos collèges à Bondy et à Lubeck. C’était deux réalités différentes. En effet Bondy est une banlieue où la majeure partie de la population est immigrante. C’est un milieu pauvre
Où on assiste à la violence. La réalité culturelle est très variée. Néanmoins, dans notre collège où nous assistons aux mêmes réalités, nous avons pu sentir l’esprit de famille qui y règne, à travers le sens d’accueil des élèves, la connaissance mutuelle et l’esprit de collaboration entre les professeurs. Nous avons été aussi frappé par la multiplicité de religions dans ce collège. A travers nos échanges avec les élèves nous avons pu constater que la question de foi, de vie religieuse et même la question de Dieu se pose pour plusieurs. C’est avec toutes ces réalités que nos sœurs essayent de mener leur pastorale.
A Lubeck c’est un peu le contraire de Bondy. C’est un milieu riche avec une réalité différente. Là nous avons toutes été marqué par l’esprit de l’Assomption qui est très présent Le collège vit du projet éducatif assomption qui nous a été présenté et que nous avons reçu. Là aussi l’esprit de famille est très présent ainsi que la collaboration et l’esprit d’entraide et de solidarité. Là-bas chaque classe a un projet de solidarité où à travers des activités lucratives essayent d’aider des écoles dans des pays pauvres. Il est bon de signaler que dans nos deux collèges cités ce sont des laïcs qui ont la direction.
Après cette expérience d’immersion qui nous a ouvert l’esprit sur les réalités apostolique, nous avons abordé avec Sœur Thérèse Agnès et Sr Hélène le thème sur l’éducation transformatrice. Sr Hélène ra a été invitée par Sr Thérèse Agnès pour partager avec nous son expérience d’éducatrice. Sr Hélène à partir de son expérience nous a souligné l’importance d’avoir une unité de vie ainsi que l’importance de notre relation avec les jeunes dont nous avons la charge. Elle nous a aussi fait savoir qu’éduquer c’est connaître et aimer le monde et que l’éducation est une œuvre qui transforme en profondeur, une œuvre d’intériorité, une œuvre communautaire...
A partir des textes de références des fiches du chapitre sur l’éducation, des documents pré capitulaire, Sr Thérèse Agnès nous a aidé à faire le lien entre le contenu de ces documents et la règle de vie. Elle nous a beaucoup encouragé ainsi que Sr Hélène a ne pas rester seule avec les problèmes rencontrés dans nos apostolats, toujours les porter avec d’autres, d’où l’importance de rendre compte et de partager nos expériences. L’aspect de se fatiguer pour le royaume a été fortement souligné et reste une des caractéristiques de l’Assomption. Elle nous a surtout invité à connaître la situation de notre monde actuel et à avoir un regard contemplatif et aimant sur notre monde comme Marie Eugénie et Jésus. Cela nous invite à une expérience pascale.

Nous sommes très heureuses de l’expérience de cette session qui nous a donné l’occasion de boire à la source de la congrégation, de l’Eglise, et nous nous sentons fortifié et enraciné en elles et unie au Christ. Nous contons sur vos prières pour vivre au quotidien tout ce que nous avons reçu à cette session.

Srs Irmine Eliane et Rufine Pascal.

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