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04 Heureux les yeux qui voient dans la nuit

De nuit


L’Avent nous introduit dans le mystère de la VIE, celle de Dieu, celle du monde et dans notre propre vie. Il nous prépare à accueillir le Don du Père : son Fils Jésus. Ce temps d’attente nous renvoie - jour après jour - à la réalité profonde de notre vie humaine et chrétienne : à nous, hommes et femmes "nomades", en chemin, de passage, en route vers la plénitude de la Vie, à nous a été annoncé que Dieu, le FILS, est venu jusqu’à nous pour habiter tous nos chemins. Nous célébrons dans la joie et dans l’action de grâces - en Eucharistie - cette Alliance éternelle et toujours nouvelle, de Dieu avec l’humanité, son humanité bien-aimée, celle que le Père a patiemment préparée à devenir l’épouse de son Fils Bien-aimé.

Tous les grands événements de l’histoire de notre salut se passent dans la nuit : la nuit de la Pâque du peuple de Dieu, la nuit de l’Incarnation du Verbe, la nuit de la Résurrection... Toutes ces nuits ont été, et seront tou-jours, des moments de grande lumière. Nous pouvons voir dans la nuit. La foi nous donne des yeux pour voir le mystère de la présence et de l’action de Dieu qui se déroule sans cesse devant nous. Même quand "c’est de nuit", le croyant "voit" Dieu.

Nuit de contemplation ( (Lc 2,15b-16)


"Allons et voyons" : en cette nuit de contemplation les bergers se mirent en route pour voir et contempler la réalité de ce qui leur avait été annoncé. Ils trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche". Ils trouvèrent un Enfant, un Fils. Oui, un Fils. C’est cela le mystère de Noël : "un Fils nous a été donné" (Is. 9,5). Dans ce Fils se révèle le vrai visage de Dieu. Un Dieu extrêmement proche, un Dieu qui invite humblement - dans l’humilité d’un être humain - à l’adoration et à la joie. Le Très-Haut devient le Très-bas ; le Très-loin et le Tout-Puissant devient l’Enfant de Bethléem. Dieu manifeste son être de Père, et le Fils commence à révéler le Père, révélation qui s’ouvre à Noël et qui finira sur la Croix. Par sa vie filiale, le Fils nous ouvrira au mystère de sa filiation et de la nôtre.
Ce Fils que nous contemplons dans l’Enfant de Bethléem est l’expression du Père, son visage, la totale révélation de ce qu’est Dieu : Source de la Vie et plénitude de l’Amour. Le Fils est, depuis toujours, émanation et reflet de cette vie et de cet amour. Jésus est le Fils incarné, vie de Dieu qui prend corps dans la vie des hommes. Dans ce Fils nous sommes invités à découvrir "l’image du Dieu invisible" . ( Col. 1,15)
Prenons le temps de fixer notre regard sur celui qui nous a été donné : le Fils unique du Père. Laissons venir à notre mémoire et descendre dans nos cœurs tout ce que nous savons, tout ce que nous avons contemplé tout au long de notre vie de ce Fils, de sa relation filiale avec son Père et de son attachement à lui. Pour Jésus, Dieu le Père est le seul Dieu. En dehors de lui il n’y a aucune autre richesse pour le Fils. Sa vie et sa mort en témoignent.

Nuit d’amour (Lc 2,17-18)


Nous ne savons pas exactement ce que les bergers ont vu, mais ce qu’ils racontèrent fit naître l’émerveillement en tous ceux qui les entendirent. Loin de nous enfermer en nous-mêmes, la contemplation nous ouvre à l’an-nonce.(cf. R.V.75). Notre expérience est celle de l’apôtre St. Jean : "... Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé... du Verbe de Vie ... nous vous l’annonçons"(1 Jn 1,1-2). Plus nous sommes à Dieu, plus nous sommes aux autres.

Nuit d’intériorité (Lc 2,19)


La "pleine de grâce", celle qui a été investie de la force de l’Esprit, qui a consenti à l’œuvre de Dieu en elle et qui a mis au monde un Fils, elle est là pour nous inviter à faire aussi de cette nuit une nuit d’intériorité. Ce que nous avons vu, entendu, annoncé, pas seulement ce soir mais tout au long de notre vie, est un don qu’il nous faut accueillir sans cesse. Qui pourra comprendre l’indicible profondeur et l’immense gratuité du mystère de l’Incarnation ! Marie, tout au long de son chemin de foi et d’espérance auprès de son Fils, n’a pas trouvé d’autre attitude que celle de l’intériorité pour découvrir qui était cet Enfant, Fils du Père et son propre fils.
Nous avons besoin de rentrer dans cette intériorité. Le mystère de l’Incarnation se déroule sans cesse en nous et parmi nous. Il nous faut l’accueillir jour après jour. Et tandis que nous l’accueillons en nous, nous l’accueillons aussi pour tous nos frères afin que cette grâce réalise son œuvre de transformation en eux et dans toute réalité humaine. Nous avons besoin de faire mémoire du mystère de la vie et de la mort de tant de nos frères et sœurs à travers le monde. Les joies sont grandes et les détresses le sont aussi. Mettons devant l’Emmanuel - Lui, le Sauveur et le Seigneur - toute l’espérance, toute l’attente et toute la souffrance de ceux et celles qui nous sont proches aussi bien que de ceux et celles qui sont loin, et pourtant tout proches de nous, car nous avons en commun un Père qui nous rend frères et sœurs au delà de toute cause de division.

Cristina Maria
1996

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