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 ::03 :: A coups de maillet

ADORATION

I
l y a dans l’abandon un grand acte d’espérance, une espérance qu’on ne place qu’en Dieu. Voilà le vrai moyen d’arriver à lui. Les maîtres de la vie spirituelle parlent de la nécessité de se détacher des moyens qui conduisent à Dieu, et de passer par-dessus tout pour s’attacher à lui seul. Qu’est-ce qu’un conseiller spirituel ? Qu’est-ce qu’un supérieur ? Ce sont des moyens. Qu’est-ce qu’une facilité dans l’oraison, qu’est-ce que les consolations dans la prière, qu’est-ce qu’un vif sentiment de l’amour de Dieu ? Ce sont des moyens.

La sainte communion elle-même, si l’on peut dire ainsi, est encore un moyen : Notre Seigneur s’y donne à nous pour devenir notre secours le plus puissant. Comme il est aussi notre fin, nous n’avons pas à nous détacher de lui. Qu’il nous soit donné d’approcher de lui plus ou moins, nous devons le chercher par-dessus les consolations, par-dessus les joies, et dire comme la Bse Marguerite-Marie du Saint-Sacrement : "Quand je ne trouve pas le Fils de Dieu dans son sacre-ment, je puis toujours le trouver sur la croix." Rappelez-vous donc, que notre Seigneur est votre fin, que vous devez tendre à vous unir à lui, mais que vous devez être détachés de sa douceur.

Quant à tout le reste, vous devez être prêts à le voir changer, à voir Dieu travailler sur cette statue, qui est votre âme, par des coups de maillet différents. Saint Jean de la Croix compare l’âme à un marbre sur lequel chacun à son tour vient donner un coup de maillet. Notre Seigneur emploie pour nous polir des artistes différents. Celui qui enlève les gros morceaux n’est pas le même que celui qui donne les dernières finesses. C’est un grand bien pour une âme, et c’est même une nécessité que ce ne soient pas toujours les mêmes mains qui travaillent sur elle, pour arriver à la perfection de l’ouvrage et pour achever en elle l’image de Jésus Christ.

Vous savez comment notre Seigneur a achevé son œuvre en saint Jean de la Croix : une partie de son Ordre s’étant élevée contre lui, on alla jusqu’à le mettre en prison. Il y mourut, après avoir essuyé les mépris et avoir été éprouvé par la maladie. Ce n’était plus dans les colloques avec sainte Thérèse, dans le monastère qu’il avait fondé, affectionné, mais en prison, méprisé, rejeté et condamné, que l’œuvre de Jésus Christ s’est achevée en lui.

Personne ne sait comment Jésus Christ veut achever son image en lui. Il faut, par la foi, aller vers cette fin, adhérer à son œuvre sur nous. C’est la condition du parfait abandon, et il y a là un grand acte d’espérance, car c’est espérer tout de Dieu, et non des choses de ce monde. Quand nous voulons établir quelque espérance sur une fortune spirituelle bien établie ou sur des vertus bien arrangées, notre Seigneur se plaît souvent à renverser tous nos calculs.

Il faut donc établir notre espérance sur la bonté de Dieu et, pour avancer de plus en plus, il faut mettre notre main dans la main percée de notre Seigneur, lui demander de nous conduire, attendre tout de lui, et, même s’il nous conduisait à la mort, espérer encore en lui.

D’après un chapitre du 22 décembre 1872
de Mère Marie-Eugénie de Jésus
Fondatrice des Religieuses de l’Assomption

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