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Reconnu quinze siècles après

TEMPS LITURGIQUES


Le caractère distinctif de saint Joseph, c’est l’humilité. Saint Joseph reconnaissait les dons de Dieu. Il savait qu’il était le chef de la sainte Famille, qu’il était l’ombre du Père, qu’il avait sous son autorité le Fils de Dieu et sa très sainte Mère la reine des vierges. Il s’est conduit d’une manière digne des grâces qu’il avait reçues.


Regardez la place que saint Joseph a occupée. C’était un travailleur, le chef d’une famille modeste. A cause de notre Seigneur, il a été persécuté, obligé de s’enfuir. Bien qu’il occupe dans le ciel une place admirable, il n’y a que peu de temps, quelques siècles à peine, qu’on la lui reconnaît. Saint Joseph l’a accepté. Il n’a pas réclamé que l’Eglise le mette au premier rang.


Notre humilité n’a pas besoin de durer quinze siècles, il suffit qu’elle dure le temps que nous serons sur la terre. Dans le ciel, les élus sont profondément humbles. Dieu seul vit en eux. Ils glorifient Dieu et n’ont jamais la tentation de se mettre en avant. L’Agneau les illumine, lui qui est la lumière unique de l’éternité. Le premier effet de l’humilité, c’est de ne pas faire étalage de soi. Le second, c’est d’aimer ce qui est humble, modeste, ordinaire, et de prendre volontiers la dernière place, comme saint Joseph l’a fait.


Joseph s’occupait tous les jours à un travail modeste, ordinaire, sans éclat. Quel travail plus ordinaire en effet, que de fabriquer des jougs de charrue ? Saint Joseph s’y est appliqué, le faisant le mieux possible. C’est une forme d’amour que de bien faire ce que l’on fait et de s’y appliquer de tout son pouvoir.


Il faut faire le mieux possible tout ce que l’on fait : si l’on balaie, bien balayer. Si l’on fait la cuisine, la faire de son mieux : Dieu ne regarde pas ce que nous faisons, mais l’intention avec laquelle nous le faisons. Donnons donc une intention d’amour à toutes nos actions. Demeurons comme quelqu’un en qui Jésus Christ vit, et qui ne cherche pas se mettre en avant. Si toute notre vie nous n’avions à faire, comme saint Joseph, que des jougs de charrue, nous aurions un grand mérite devant Dieu, pourvu que l’humilité sincère et l’esprit de foi aient accompagné ce travail.


A Nazareth, il ne devait pas manquer de gens qui le traitaient sans façon. Croyez-vous que la sainte Famille n’ait pas été critiquée ? Ne disait-on pas plus tard avec mépris : “ Qui est ce Jésus ? N’est-ce pas le fils du charpentier ? (Mt.13,55,57)” Notre Seigneur dit lui-même : “ Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et dans sa propre maison." Il n’a pas pu faire là les signes et les miracles qu’il faisait ailleurs, car il n’a pas rencontré la foi. Donc, dans son propre pays, notre Seigneur n’a pas été reconnu. Il a été contredit ! On trouve toujours à redire ! Plus nécessaire que tous les autres actes d’humilité, celui de ne jamais se souvenir de ce qui nous a blessés. Soyons logiques : nous disons tous les jours : “Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés”. Il faut pardonner de tout cœur, ne pas ressasser ce qui a blessé notre amour-propre, d’où que cela vienne, mais en faire une occasion d’amour.


Les vertus de la sainte Famille étaient des vertus cachées, modestes. Dans cette humble maison, dans ce pauvre atelier où travaillaient Jésus, Marie et Joseph, le miracle de la prière, de l’union à Dieu, de la perfection a atteint son summum. Les hommes ne le voyaient pas. Mais qu’importait à saint Joseph le regard des hommes ?


Saint Joseph a été un homme extrêmement heureux ! Il a vécu avec la sainte Vierge, avec notre Seigneur une grande partie de sa vie. Il leur appartenait, et eux lui appartenaient. Peut-on imaginer sur la terre un bonheur plus parfait ? Mais il n’aurait pas été heureux, si l’humilité n’avait été au fond de son cœur pour lui faire aimer sa situation.


Cherchons, nous aussi, à avoir la joie, la paix de l’âme, le bonheur parfait par cette humilité qui ne garde pas mémoire de ce qui a pu blesser, qui l’oublie, le dépasse. Nous trouverons ainsi le chemin de la charité. (Ch.19 03 86)


Sainte Marie-Eugénie de Jésus
Fondatrice des Religieuses de l’Assomption
Extraits dune instruction de chapitre du 19 mars 1886

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