Vous êtes ici:

02 - Les éléments clés du charisme de l’Assomption - Sr Hélène

2010, Leon - Espagne : Congreso Internacional

Introduction

Ce n’est pas une chose facile que d’expliquer l’esprit de l’Assomption comme je le sens. Voir, sentir intérieurement l’unité à laquelle se rattache tout un ensemble est chose plus facile que de l’expliquer. Je voudrais bien que quelqu’un d’autre puisse le faire ; mais je ne vois pas bien qui. Je vous donnerai donc simplement les lumières que je recevrai de Dieu, en les demandant par la prière. Peut-être qu’en les réunissant on pourra en faire un tout.1
J’ai été soulagée en lisant ces lignes de Marie Eugénie, car je vous avoue que la tâche qui m’a été confiée de vous présenter le charisme de l’Assomption m’a laissée assez longtemps dans l’embarras ! Le sujet est tellement vaste et on a tellement écrit ! J’ai donc demandé dans la prière à Dieu de m’éclairer, par l’intercession de Marie Eugénie !
Vous le savez, le mot « charisme » signifie en grec un don, une faveur, une grâce accordée. Quelle est cette grâce que Dieu nous a donnée à travers Marie Eugénie ? Pour trouver les clés de notre charisme de l’Assomption, il me semble qu’il faut repartir de l’expérience de notre fondatrice, dans le sens où elle éclaire notre propre expérience. En cherchant ce qui caractérise à la fois sa personnalité et sa sainteté, une expression m’est venue à l’esprit, c’est « philosophie et passion ». C’est une expression qu’on trouve sous la plume de Marie Eugénie aux débuts de la congrégation, quand elle encourage le Père d’Alzon à fonder « l’Assomption des hommes ». Elle écrit alors :
Qu’est-ce qui agrandit le caractère et l’intelligence dans l’étude, qu’est-ce qui coordonne puissamment toutes les choses apprises, leur sert de but, de lien, de raison ? En un sens c’est une philosophie, en un autre sens c’est une passion. Mais quelle passion donner aux religieux ? Celle de la foi, celle de l’amour, celle de la réalisation de la loi du Christ. 2
Voilà sans doute une meilleure définition encore de ce qu’est un charisme dans l’Eglise : un esprit qui coordonne tous les aspects de notre vie, un but à atteindre, une unité intérieure qui fait le lien entre toutes les dimensions de notre être. Je crois que ces deux mots, philosophie et passion, expriment bien l’expérience de Marie Eugénie : sa conversion, puis l’aventure de la fondation, l’ont fait entrer dans une certaine philosophie ou sagesse de vie, une nouvelle compréhension de l’existence et de l’être humain. Mais son moteur a toujours été la passion, un amour ardent, une flamme qu’elle nous communique encore aujourd’hui. Elle-même décline cette passion unique en trois aspects : la foi (ou spiritualité), l’amour (ou amitié) et la réalisation de la loi du Christ (ou engagement).
I. La passion de la foi
La foi, c’est le premier caractère de l’esprit de l’Assomption. S’il est à tous, il faut qu’il soit à nous d’une manière spéciale, par le degré auquel nous nous en laisserons pénétrer. Pour être vraies filles de l’Assomption, il faut que notre foi soit ferme, ardente, qu’elle anime toutes nos pensées, toutes nos œuvres, tous nos rapports au-dehors et au-dedans et qu’elle devienne l’atmosphère de nos âmes. 3
L’expérience de Marie Eugénie est d’abord celle d’une conversion, d’un passage du doute à la foi. La recherche philosophique et la démarche intellectuelle ont une grande place dans sa conversion. Pour Marie Eugénie, la foi ne peut pas être déconnectée de l’intelligence ni de du comportement que nous adoptons dans le monde. La foi doit nous apporter une cohérence toujours plus grande entre nos idées et nos actes. L’année de sa conversion elle écrit :
Je tiens à ma foi comme à quelque chose que j’ai découvert, et s’il me fallait renoncer à certains raisonnements, à certaines idées qui m’y ont conduite, je ne sais si je resterais catholique. Beaucoup de choses me scandalisent et m’attristent ; pour moi les chrétiens ne sont souvent pas assez chrétiens. 4
Mais l’expérience de Marie Eugénie va s’approfondir, retrouvant une source plus profonde restée enfouie dans les souvenirs de l’enfance. Je veux parler de la relation personnelle au Dieu vivant, telle qu’elle avait déjà pu la pressentir à l’âge de 12 ans le jour de sa première communion. Sans rien effacer de la recherche intellectuelle ou du désir de faire du bien autour d’elle, il me semble que c’est la relation à Jésus Christ qui va faire l’essentiel de sa vie de foi. Voilà pourquoi, avec les premières sœurs, elle fonde l’Assomption dans un grand esprit de prière appuyé d’une part sur l’Office divin, où nous trouvons les traces des saints et les dévotions de l’Église ; et d’autre part sur l’adoration du très Saint Sacrement où nous entrons avec notre Seigneur Jésus-Christ dans […] son divin sacrifice5,
Deux composantes essentielles animent dès lors notre vie de foi :
L’office divin ou liturgie des heures
L’office nous rassemble plusieurs fois par jour et nous permet de ramener notre cœur vers Dieu. Pourquoi les premières sœurs ont-elles tant insisté pour que la liturgie des heures reste la grande dévotion des religieuses de l’Assomption ? Marie Eugénie nous donne quatre raisons : ? d’abord parce que c’est la prière de l’Eglise, ainsi nous entrons en communion avec tout le Corps du Christ, nous épousons en quelque sorte son rythme de vie. ? Ensuite parce qu’en nous rassemblant fréquemment pour l’office, nous pouvons parler à Dieu au nom de tous ceux qui ne prient pas. ? La prière des psaumes a aussi un effet bénéfique sur nous-mêmes, elle nourrit notre foi et notre relation à Dieu, elle aide à notre édification personnelle. ? Enfin, l’office nous met en situation de rendre louange à Dieu en toute chose et en toutes circonstances6. J’expérimente en effet que la prière assidue de l’office est un très bon moyen de vivre le dégagement joyeux qui est aussi une caractéristique de l’esprit de l’Assomption. Car avec une vie très active, très tournée vers les autres, mon cœur est très vite rempli de préoccupations et de soucis. L’office permet de me « décoller de moi-même » pour faire place à Dieu, pour reconnaitre sa présence en toutes choses malgré les fluctuations de mes sentiments. Je crois que l’office nous donne aussi ce caractère de joie que voulait Marie Eugénie.
L’adoration du Saint Sacrement
La deuxième composante essentielle de notre vie de prière est l’adoration. Mais pour Marie Eugénie, l’adoration est un état d’esprit avant d’être une forme particulière de prière. C’est même l’épanouissement de notre esprit. Entourer Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie n’est qu’une conséquence du besoin que nous avons de le connaître, de le servir et de l’aimer parfaitement. Notre esprit de foi doit donc être un esprit d’adoration. Si nous allons tous les jours « nous exposer » devant le Saint Sacrement, c’est que par la foi, nous savons que c’est là qu’est celui que nous aimons, celui à qui nous voulons appartenir. Il est là mystérieux, caché, plein de grâces et modèle de toutes les vertus7. C’est une union de plus en plus profonde au Christ que nous pouvons vivre dans cette rencontre quotidienne.
Pour Marie Eugénie, cette adoration n’est pas repli égoïste sur soi. Au contraire, cette forme de prière élargit notre cœur et notre esprit : Quand vous êtes au pied du saint Sacrement, vous pouvez, au nom de Jésus et par Jésus qui est là pour vous, prier Dieu avec sûreté, le glorifier avec confiance, le louer et le bénir comme il mérite de l’être. Aussi il est bon de sortir des petites limites de ses préoccupations personnelles, pour se remplir des pensées de l’Église et pour puiser dans la foi l’amour des grandes choses.8
A l’Assomption, l’adoration du Saint Sacrement est très liée à notre action apostolique. Nous amenons avec nous au pied du Saint Sacrement toutes les personnes que nous côtoyons ou avec qui nous travaillons : Le Christ exposé parmi [nous] est Celui qui rassemble son Peuple et agit dans l’histoire. Devant lui, [nous nous sentons] pressées de lui amener les autres membres de son peuple, et d’étendre le Royaume.9
Partager cette spiritualité en Assomption Ensemble nous enrichit les uns les autres.
II. La passion de l’amour, ou le défi de la vie fraternelle
Le premier texte que nous ayons de Marie Eugénie date de 1835 : nous y voyons une jeune fille de 18 ans faire une expérience douloureuse de la solitude : Je suis seule, seule au monde, dans un amer isolement d’âme […] L’oiseau, du moins, quand il souffre, ses frères le raniment par des chants, mais autour de moi, pas d’harmonie […] Si je mourais demain, je serais oubliée après-demain, personne ne viendrait prier sur ma tombe.10 Cette déchirante solitude, qui s’explique par les soubresauts de la vie familiale des Milleret et la mort de sa mère, révèle une grande soif d’affection et de fraternité chez la jeune Anne Eugénie. Aussi lors de la fondation de l’Assomption, la vie fraternelle va-t-elle devenir un élément clé de notre charisme.
Ce qui me frappe chez Marie Eugénie quand elle parle de la vie de communauté, c’est qu’elle utilise le vocabulaire qu’elle développe par ailleurs sur l’éducation, avec le thème des « vertus naturelles ». Ces vertus, que sont la franchise, la droiture, la bonté, la simplicité, sont des valeurs que n’importe quelle personne est appelée à développer en elle, quelques soient sa personnalité et ses croyances religieuses. Pour Marie Eugénie, pour éduquer un enfant, il faut commencer par ces bases-là, sinon tout le reste ne sera qu’un vernis qui ne tiendra pas longtemps. Eh bien, écoutons-la parler de son expérience de vie fraternelle au début de la congrégation :
Gardez toujours, mes sœurs, ce que j’appellerai notre ancien esprit, celui qui régnait parmi nous dans nos commencements. C’était une certaine bonhomie, simplicité et bienveillance. Nous avons encore ici des sœurs qui se souviennent de ces premiers temps : nous prenions tout en bonne part. Nous nous retrouvions toujours avec plaisir. Je ne me rappelle pas d’avoir jamais vu l’épreuve que l’une devait être à l’autre. […] C’est ce premier esprit de bienveillance, d’oubli de soi, de charité, d’union parfaite qu’il faut que vous tâchiez de conserver toujours.11
Je voudrais relever trois choses importantes dans cette expérience de la première communauté de l’Assomption :
Le respect et la simplicité
Ce sont les deux vertus essentielles12 qui doivent caractériser notre vie ensemble. A une époque (le XIX° siècle) où les conventions sociales pesaient lourdement sur les relations interpersonnelles, cette « bonhommie » entre les sœurs était vraiment une question pour beaucoup ! Elle me rappelle la façon de vivre des premiers chrétiens, qui mettaient tout en commun, priaient ensemble et prenaient leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur13.
Dès l’origine de l’Assomption, la vie fraternelle a eu une dimension internationale qui suscite cette ouverture du cœur, ce regard large qui nous est si cher. Aujourd’hui, une autre dimension, l’intergénérationnel, est un défi supplémentaire pour l’aventure de la vie fraternelle.
Respect et simplicité me semblent bien être les ingrédients indissociables des liens que nous voulons tisser. Sans le respect la simplicité peut être une familiarité envahissante, tandis que s’il lui manque la simplicité, le respect peut se réduire à une politesse formelle. Vivre nos relations dans le respect et la simplicité a une dimension prophétique dans le monde d’aujourd’hui : cela annonce une humanité épanouie, telle que Dieu la voit et la veut !
La liberté
C’est le deuxième élément qui me semble très caractéristique à l’Assomption et qui marque notre façon de vivre les relations fraternelles. Thème-clé à l’époque de Marie Eugénie et dans la France postrévolutionnaire (Liberté, égalité, fraternité !), mais il faut, bien entendu, comprendre cette idée de liberté à la lumière de l’Evangile. Il ne s’agit pas d’une liberté de faire ce qui me plaît, mais cette liberté beaucoup plus profonde que le Christ me donne en m’appelant à développer ma personnalité par l’amour et pour l’amour14. Marie Eugénie demande que dans chaque personne soit respectée une certaine liberté qui laisse à chacune le caractère de sa grâce15. Je crois que cette intuition de Marie Eugénie nous marque profondément à la fois dans notre vie de communauté et dans notre travail éducatif. Cela nous invite à accueillir l’autre comme il est avec ses dons et ses limites, à le regarder avec bienveillance comme une terre travaillée par Dieu, qui y dépose un don unique.
Le prix de la charité
La troisième chose que je voudrais relever, c’est qu’en écoutant Marie Eugénie parler de la première communauté, on pourrait avoir une vision un peu idéalisée de la réalité. En effet, on se rend vite compte que la vie fraternelle telle qu’elle est décrite, dans la joie, le plaisir, l’union parfaite, reste une utopie qu’il nous est donné de goûter de façon toujours un peu fugitive. Je ne pense pas que Marie Eugénie manquait de lucidité à ce sujet. Au contraire, on trouve souvent dans ses notes et ses instructions aux sœurs l’insistance sur l’esprit de sacrifice que demande la vraie charité : Dans la charité, il y a souvent quelque chose à souffrir, un prochain très désagréable à supporter. C’est là que la charité triomphe. […] Notre Seigneur veut que vous établissiez en vous la parfaite charité vis-à-vis des contradictions. 16. Oui, nous sommes appelés à la passion de l’amour, à l’amour – passion.
Comme à chaque époque, ce défi de la vie fraternelle reste extrêmement urgent à relever, car l’amertume de la solitude est une réalité pour beaucoup de personnes, surtout dans les grandes villes. Une enquête menée récemment en France, montre l’importance du sentiment de solitude chez les jeunes, alors même qu’ils sont les plus grands utilisateurs des « réseaux sociaux » sur Internet. Un sociologue analyse ainsi le phénomène : Dans le passé, les individus étaient rattachés aux autres par un nombre limité de liens forts. Aujourd’hui, ce sont des réseaux de liens multiples, mais faibles, qui se tissent17. A nous, en Assomption Ensemble, de nous efforcer à tisser des liens qui soient à la fois multiples et forts !
III. La passion de la réalisation de la loi du Christ
Je l’ai déjà évoqué, la conversion de Marie Eugénie qui l’amène à vivre de la foi et de l’amour. C’est une expérience dynamisante, qui lui donne un élan extraordinaire pour agir. Son désir de faire du bien, d’annoncer l’évangile, de partager sa foi ne connaît pas de limite, c’est une véritable passion, un zèle dont elle dira qu’il est propre à l’esprit de l’Assomption.
Elle écrit à son père : Au lieu de se refroidir, mon cœur s’est élargi, je vous aime autant, peut-être plus, mais assurément bien mieux, puisque c’est en Jésus Christ et j’aime tous mes frères inconnus d’un amour que Dieu daigne augmenter chaque jour dans mon cœur. Renfermée en moi-même, je faisais de l’égoïsme à 3 ou 4 ; maintenant le monde n’est pas assez grand pour mon amour, je voudrais en répandre les flots sur tous les cœurs fatigués, et surtout pouvoir donner cette lumière et cet amour dont je jouis à ceux qui ne le connaissent pas18.
Quelle est cette « loi du Christ » qu’elle se sent appeler à réaliser ? Marie Eugénie va utiliser une expression qui est devenue une expression-clé de notre charisme : étendre le règne du Christ en soi et autour de soi. Faire régner en soi-même la paix, la justice, la miséricorde, la charité pour les répandre autour de soi : on comprend que cette mission soit fortement reliée à la vie de prière et à la vie fraternelle.
Je ne peux pas développer ici tous les aspects apostoliques de notre charisme. Je me contente donc de relever deux convictions présentes chez Marie Eugénie au moment de fonder la congrégation, et qui me semblent d’une grande importance pour aujourd’hui :
Ne pas craindre d’avoir un grand idéal et des petits moyens.
En fondant l’Assomption, Marie Eugénie a l’ambition de transformer la société. Mais quand on se souvient de la petitesse des commencements, on ne peut être qu’admiratif de son audace et de son humilité. Elle veut que les sœurs soient fortes et aient une action tranchée et positive, même dans une très petite sphère19. Cette conviction s’enracine dans le mystère de l’Incarnation qui est au centre de notre spiritualité. Puisque Dieu s’est fait homme et qu’il a tout assumé de notre condition terrestre, rien ni personne n’est trop petit à ses yeux. Aucun de nos efforts pour le servir et servir l’humanité n’est donc insignifiant à ses yeux. Chacun de nous peut apporter sa pierre à cette construction du monde qui fait la gloire de Dieu, chacun de nous a une mission sur terre20. C’est ce regard résolument optimiste posé sur chaque personne qui fonde notre action apostolique et éducative. Dans le processus de mondialisation que nous connaissons aujourd’hui, nous voyons s’accentuer les phénomènes de sélection des plus puissants et d’exclusion des plus faibles. A l’Assomption, nous choisissons de mettre toutes nos forces dans la diffusion et la réalisation de l’Evangile, courageusement, par les moyens de la foi, les pauvres et impuissants moyens que Jésus Christ a pris, ne s’inquiétant que de faire tout ce à quoi il peut nous avoir destinés, et lui abandonnant tous les succès du temps et de l’éternité.21
Nous devons lutter contre l’égoïsme et la superficialité
Marquée par ses origines sociales, la bourgeoisie d’affaires, Marie Eugénie en connaît tout le potentiel mais aussi tous les défauts. Elle perçoit avec une grande acuité les enjeux économiques et sociaux de son époque, et il me semble qu’en cela elle avait une vision prophétique des choses. Si d’ici à quelques générations, cette race ne sort pas de son égoïsme et n’apprend pas à faire des sacrifices, on lui en fera faire de terribles. Enseigner cela, c’est une œuvre colossale à laquelle trop peu de gens travaillent, et dont par conséquent nul ne peut être dispensé dès qu’il le comprend.22 C’est la superficialité dans laquelle on enferme les femmes de son milieu qui la fait réagir et qui la fait adhérer au projet de fondation du Père Combalot. C’est une question de dignité humaine à rétablir. La vérité de l’être humain est dans son être et non dans son paraître.
A l’heure où le modèle de société de consommation envahit la planète, cet axe éducatif me semble plus que jamais d’actualité. Etre capable de se recentrer en permanence sur l’essentiel, dans une vie simple, solidaire, respectueuse de la Création et des générations à venir, voilà un projet éducatif toujours actuel !
En guise de conclusion…
A l’issue de cette présentation, je me rends compte combien notre charisme forme un tout unifié, il est impossible d’en vivre un seul aspect. La foi, l’amour fraternel, l’action sont intimement liés, chaque élément nourrissant sans cesse les deux autres. Tout cela est aussi très exigeant, et comme le dit avec sagesse notre règle, cette unité de vie est le fruit d’un long travail23.
Au cours de notre existence, nous connaissons des moments où ce labeur nous semble plus ou moins facile. Notre passion s’étiole et s’affaiblit parfois. Personnellement, dans les moments difficiles, me revient toujours à l’esprit la conclusion des Conseils sur l’Education qu’écrivit Marie Eugénie à l’âge de 25 ans, alors que la Congrégation ne comptait que 8 sœurs et 5 élèves :
Au dessus de l’inconstance éternelle des sentiments humains, vous avez pour ne jamais défaillir, la force indéfectible de Jésus Christ, Celui que rien ne lasse, que rien ne décourage, que rien n’arrête, Celui qui toujours aimé est aussi toujours prêt à répandre dans les siens l’effusion de sa divine charité. Quand la nôtre s’épuise, quand notre âme devient presque amère, quand l’ennui, le dégoût, la souffrance semblent nous avoir ôté nos forces, allons à lui, laissons-le aimer en nous, abandonnons-nous à sa vertu, et Jésus qui a relevé son amour au-dessus de celui de nos mères, nous apprendra peut-être à ce moment le secret d’un dernier effort par lequel nous vaincrons les défauts de l’enfant. Je dis mal, il nous apprendra bien plus, il nous apprendra qu’aucun de nos efforts ne doit être le dernier, et que le zèle, pas plus que l’amour divin dont il descend, ne dit jamais : c’est assez24.


À voir sur le web

Dans la même rubrique


Ajouter un commentaire



Informations légales

Ce site est édité par "Religieuses de l’Assomption" :

Ecusson
  • Religieuses de l’Assomption - 17, rue de l’Assomption 75016 Paris - France
  • Tél +33 (0) 1 46 47 84 56
  • Fax + 33 (0) 1 46 47 21 13

S'inscrire à l'info-lettre