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02 Les bergers se dirent : allons !

De nuit


Ils s’interpellent, se stimulent en vue d’un départ. Nous sommes des hommes sans cesse appelés, envoyés, invités à partir : "Allez, voici que je vous envoie...allez enseigner allez, partons d’ici...allez dans le monde entier...allez jusqu’aux extrémités de la terre..."


Nous avons à nous mettre en marche car nous sommes des hommes de la route ; notre vocation est celle de routiers, toujours en chemin, sans demeure permanente, appelés à nous arracher à toute installation, à quitter un pays pour un autre, appelés à une conversion, à une " métanoia ". Les récits bibliques se passent souvent sur un chemin : Elie, Jonas, la Samaritaine, l’aveugle de Jéricho, Jésus avec sa croix, les disciples d’Emmaüs sont sur la route. L’homme biblique est un itinérant, un nomade. Nous sommes des passants, des hommes debout, dressés, en station verticale.


Il nous faut donc partir, être tellement partis que le retour soit impossible. Le croyant seul peut accepter de se mettre en route. "Heureux les hommes dont tu es la force, ils se décident à prendre la route" (Ps 83 ) Cette route traverse le désert mais passe aussi par les villes et les villages ; elle draine les foules ou nous laisse solitaire... Parfois, au milieu du chemin, après quelques années de marche , le goût de la lutte nous abandonne... Va-t-on continuer ? C’est l’énergie de Dieu qui doit nous soutenir et non la nôtre. Il faut se délester encore, larguer tout, jeter même la boussole et ne plus fixer que le soleil. La vie du matelot ou du routier n’est pas d’arriver mais de partir. Ne compter que sur Celui qui nous a aimés le premier, fixer le Soleil même à travers le brouillard le plus épais, même le soir et la nuit, même au cœur de l’hiver. Comme le dit Jean de la Croix "En cherchant mes amours, j’irai comme un routier, je ne cueillerai pas de fleurs, je n’aurai peur de rien et je passerai les frontières." La vie consacrée n’est pas, ne devrait pas être sédentaire. Nous sommes mobilisés pour chercher la plénitude de la rencontre.


"Allons et voyons". On ne part que pour chercher à voir quelqu’un, on part à cause d’un événement, on ne va pas n’importe où au gré de son caprice. Tout ce que nous entreprenons est en vue de quelqu’un, nous nous préparons à la rencontre, toute notre vie est cette route au bout de laquelle nous verrons sans voile, sans envelop -pe. Venez et voyez... Allons et voyons. On ne marche pas parce que les autres marchent, car alors on s’arrêterait lorsque certains s’ar-rêtent. On marche à cause de la rencontre, à cause du Nom : "C’est pour le Nom que nous nous sommes mis en route" (Jn 3,7). Est-ce bien encore le pôle qui nous attire, cet absolu des premiers jours ? Est-ce que nous continuons à parier sur notre premier amour ?


Hélène Marie 1974

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