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02 : Deuxième dimanche de carême

Temps liturgiques : Carême
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Nous avions dans le saint Évangile d’aujourd’hui [1] une parole dont je crois vous avoir parlé il y a quelque temps à propos de la fête de l’Épiphanie. Parole deux fois descendue du ciel sur notre Seigneur Jésus-Christ : Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toutes mes complaisances, écoutez-le. Si la sainte Église nous rappelle ainsi cette parole, c’est parce que tout, pour nous, consiste à écouter notre Seigneur Jésus-Christ et à l’écouter dans les deux sens donnés à ce mot par les saintes Écritures.

Écouter, c’est aussi obéir. C’est non seulement prêter l’attention de son esprit, mais c’est prêter l’attention de son cœur. L’esprit doit être rempli de vérités. Il doit être rempli des paroles de l’Évangile, de tout ce que notre Seigneur a dit, de ce qu’il a fait, de ce qu’il a enseigné. Puis, tous les jours de la vie, il faut, par la méditation, se mettre devant les yeux quelques paroles de cette vie divine, en se proposant de l’imiter. Voilà comment l’esprit se remplit de Jésus-Christ.

Puis, vient l’attention du cœur, l’attention de la volonté qui nous porte à faire ce que notre Seigneur nous dit, ce qu’il nous enseigne, ce qu’il nous montre. N’oublions pas que, s’il est le Fils bien-aimé, après lui, nous pouvons être les filles bien-aimées du Père céleste. Si nous voulons donc plaire à Dieu, entrons dans cette filiation divine qui nous rendra très agréables à ses yeux, mais souvenons-nous qu’on n’y entre que par la ressemblance à notre Seigneur Jésus-Christ, seule et unique manière de plaire à Dieu.

Souvent si, au lieu de ces examens compliqués où l’on perd son temps à revenir avec inquiétude sur chacune des actions de la journée, où l’on ne s’applique qu’à des choses vagues, l’on se disait : "Où en suis-je de la ressemblance que je dois avoir avec notre Seigneur Jésus-Christ ? Voilà d’un côté le modèle parfait, divin, si saint, si humble, si pauvre, si doux, et en même temps si fort, si donné aux autres, faisant la volonté de Dieu à toute heure du jour, toujours faisant ce qui plaît à son Père [2]. Et moi, me voilà de l’autre côté, où en suis-je de la ressemblance avec Jésus-Christ ? Y a-t-il quelque chose qui ressemble à notre Seigneur dans ma conduite, dans mes pensées, dans mes sentiments, dans mes paroles, dans ma manière de faire mes exercices de piété et dans chacune des actions de ma journée ? Comme Jésus, est-ce la foi qui règle tous mes rapports avec mes supérieures, avec mes égales et mes inférieures ?" Comme tout irait mieux !

Voilà, mes sœurs, un examen qui n’est pas un examen de détail, qui n’est pas un examen de nature à donner des distractions, mais qui est, je crois, un examen de perfection et qui nous aiderait singulièrement à faire un effort de plus pour ressembler davantage à Jésus-Christ et à accomplir cette parole descendue du ciel : Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis tout mon amour [3].

Nous savons toutes par la foi que notre Seigneur est le Fils chéri et bien-aimé du Père, que Dieu met en lui toutes ses complaisances. Il reste maintenant à accomplir la dernière partie de cette parole : écoutez-le, écoutez-le, c’est-à-dire remplissez votre cœur de ses enseignements, faites ce qu’il vous dit ; écoutez-le de cette oreille du cœur qui procure l’accomplissement de la volonté de Dieu, parce qu’elle procure l’accomplissement de la sainteté qui est en notre Seigneur Jésus-Christ.

Cet examen-là n’a rien qui jette dans le scrupule. Il serait absurde de se tourmenter parce qu’on ne ressemble pas entièrement à notre Seigneur Jésus-Christ. Tout le monde sait bien qu’on ne peut lui être semblable. Mais c’est un des examens qui pousse le plus vivement l’âme à secouer tous les grains de poussière de ses imperfections, pour acquérir la divine ressemblance.

Il faut vous dire : "Pauvre âme que tu es, il faut que toi, qui es aussi fille de Dieu, tu fasses ce que tu peux pour qu’il puisse mettre en toi ses complaisances. S’il était perdu, l’Évangile devrait pouvoir se lire dans la vie d’un chrétien et, à plus forte raison, d’une religieuse. - Eh bien, ma pauvre âme, où en es-tu de ce travail ? Travailles-tu vraiment à former en toi la ressemblance de Jésus-Christ ? Tes efforts vont-ils là ? Est-ce là ce qui occupe les rêves de tes nuits et les pensées de tes jours ? Est-ce le but de tous tes désirs, de toutes tes ambitions, de tes préoccupations, de tes réflexions ? Est-ce là la cause de tes envies et de tes craintes ? Ce qui te trouble, est-ce l’ennui de n’être pas encore semblable à ton divin modèle ou la crainte de n’y pas arriver ? - seul désir important en ce monde et seule crainte qui soit permise."

Sainte Marie-Eugénie de Jésus
Fondatrice des Religieuses de l’Assomption
Extraits de l’instruction de chapitre du 21 février 1875


[12e dimanche de Carême, évangile de la Transfiguration, Mt 17, 1-8.

[2Jn 8, 29.

[3Mt 17, 5


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