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Vibrer avec le peuple mexicain

Mexique

Vibrer avec le peuple mexicain, une vraie grâce

 

Chères Sœurs et chers amis,
Il y a quelques jours, le Mexique recevait pour la première fois à Benoît XVI. Vous avez sûrement entendu les rumeurs des medias qui n’arrêtaient pas de comparer Benoit XVI à Jean-Paul II et assuraient que le peuple mexicain ne se déplacerait pas autant. Mais qu’elle ne fut pas leur surprise de voir la réponse de ce peuple à la venue du Représentant du Christ !
 
Je garde en mémoire la joie profonde et l’émotion d’un des veilleurs de nuit de notre établissement qui avait eu, par tirage au sort, une des 20 places qui nous étaient allouées. Ces yeux brillaient et chaque jour il me faisait le décompte avant le jour J ! Cela me faisait penser à Marie Eugénie et à certaines instructions de Chapitre où elle parle de l’amour que nous devons porter au Successeur de Pierre.
 
J’ai eu la joie et la grâce de pouvoir vivre ce moment unique et de vibrer avec tout le peuple mexicain. Tout d’abord nous avons suivi à la télévision l’arrivée de Benoît XVI et l’accueil à l’aéroport par les enfants dont certains de San Ildefonso. Joie de voir le Pape bénir chacun d’eux. Quelle expérience pur eux ! Puis son passage à Guanajuato : la foule nombreuse, impressionnante, présente là, espérant en chantant, en priant et en lançant ces différents bans (Porras) tels que : "Benedicto, hermano, ya eres mexicano !" (Benoît, frère maintenant tu es mexicain !) ou "Se ve, se siente, Benedicto está presente" (Ca se voit, ça se sent, Benoît est présent), ou encore "Está es la juventud del Papa" (C’est la Jeunesse du Pape). J’ai été impressionnée et émue de voir la place de la Paix pleine de jeunes, l’orchestre composé que de jeunes, je pense qu’en voyant cela personne ne pouvait rester indifférent. Benoît XVI a su gagner le cœur de chacun par son sourire, sa parole chaleureuse, son message, sa proximité envers les plus faibles, les malades (à chaque fois il a pris le temps de saluer les prêtres âgés et de leur dire un mot). Je reste avec ce message que Benoît XVI a répété plusieurs fois "nous n’avons pas le droit de quitter le sourire du visage des enfants, à cause de la violence, des abus sexuels de l’injustice etc".
 
Puis le Dimanche départ à 1h du matin, avec un groupe de 20 personnes de Querétaro et 20 de San Ildefonso, pour la messe à Silao.
Moment de grâce et expérience d’Eglise, occasion unique pour dire notre attachement au Christ et à son Représentant sur terre, mais aussi pour lui dire notre reconnaissance de venir dans notre pays en ce moment où règne violence, mort qui engendrent peur, crainte…
J’ai été impressionnée sur le chemin lorsque nous approchions de Leon, vers 3h00 du matin, de voir tant de personnes arriver en marchant. Combien de kilomètres avaient-ils fait pour cette messe et pour accueillir notre Pape ? En parlant avec l’un ou l’autre, j’ai su que certains venaient de la côte (15000km), d’autres d’Amérique Centrale ! Incroyable ! Et ensuite que dire de cette foule priante et chantante qui déjà était là faisant la queue en espérant l’ouverture du Parc Bicentenaire prévue à 5h ! Mes yeux n’en revenaient pas ! Quelle foi ! Mon cœur en était retourné et rempli d‘action de grâce.
 
J’ai pu avoir l possibilité de me placer de façon à voir son arrivée après le tour qu’il a fait dans le Parc. Quelle joie de le voir avec un sombrero !
 
Que dire de la messe. Tout d’abord, j’ai été frappée par la parole forte et engagée de l’Evêque lorsqu’il a accueilli Benoît XVI, lui demandant un message d’espérance face à la violence qui règne au Mexique ces dernières années. Il n’a pas caché la réalité, ni mâché ses mots, sur ce que vit une petite partie des mexicains aux dépens de la majorité : "il faut le dire avec clarté, nous savons que cette réalité dramatique a des racines perverses qui alimentent la pauvreté, le manque d’opportunité, la corruption, l’impunité, la déficience au niveau de la justice, le changement culturel apportant l’idée que cette vie vaut seulement d’être vécue si c’est pour accumuler des biens et du pouvoir, sans se préoccuper des conséquences et du coût que cela aura… Nous avons besoin d’une spiritualité qui nous compromette à vivre un processus de changement". Je rendais grâce en entendant cela parce qu’étaient présents tous les candidats à l’élection présidentielle et j’ai prié pour qu’ils se compromettent dans ce changement nécessaire.
 
De l’homélie je garde ce passage, comme une perle et une interpellation : "Aujourd’hui aussi, depuis ce parc par lequel on veut rappeler le bicentenaire de la naissance de la nation mexicaine, qui unit en elle beaucoup de différences, mais avec un destin et une ardeur communs, demandons au Christ un cœur pur, où il puisse habiter comme prince de la paix, grâce au pouvoir de Dieu, qui est pouvoir du bien, pouvoir d’amour. Et, pour que Dieu habite en nous, il faut l’écouter ; il faut se laisser interpeler par sa Parole chaque jour, en la méditant dans son cœur, à l’exemple de Marie (cf. Lc 2, 51). Ainsi grandit notre amitié personnelle avec lui ; s’apprend ce qu’il attend de nous et se reçoit le courage pour le faire connaître aux autres…. La Mission Continentale, qui est maintenant mise en acte dans chaque diocèse de ce Continent, a précisément pour but de faire parvenir cette conviction à tous les chrétiens et aux communautés ecclésiales, pour qu’ils résistent à la tentation d’une foi superficielle et routinière, parfois fragmentaire et incohérente. Ici aussi, on doit dépasser la fatigue de la foi et récupérer « la joie d’être chrétiens, le fait d’être soutenus par le bonheur intérieur de connaître le Christ et d’appartenir à son Église. De cette joie naissent aussi les énergies pour servir le Christ dans les situations opprimantes de souffrance humaine, pour se mettre à sa disposition sans se replier sur son propre bien-être."
 
A la fin de la messe, ce fut un flot, une marée humaine qui a déferlé pour repartir et là encore nous pouvions constater la multitude présente. Il nous a fallu plus d’une heure pour rejoindre notre autobus mais les yeux de chacun étaient encore pleins de ce qu’ils avaient vu et le cœur heureux de la célébration de la foi vécue au cours de cette Eucharistie.
C’est sûr, cette visite a changé beaucoup de chose : déjà du côté des médias qui commentaient ces différents moments, le premier jour ils parlaient de l’accueil du successeur de Jean-Paul II, en ne cessant de comparer les deux ; et le dernier jour "nous disons au revoir à notre Pape". Il est évident que les grâces de cette visite vont peu à peu porter du fruit pour notre peuple et que chacun garde au cœur l’encouragement reçu à travers la parole de Benoît XVI et la certitude que la mort n’a pas le dernier mot et que Christ a vaincu le Mal.
 
Sr Isabelle Eugénie, ra
Mexique

 


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