Togolais, viens, bâtissons la cité

67 - Décembre 2011

L’histoire, dit-on couramment, est une science vivante qui permet de comprendre le présent en se référant au passé. Il permet d’exhorter l’Homme à envisager l’avenir. Il revient donc à tous et à chacun de reconstituer les événements qui se sont produits dans le passé sans les déformer, en vue de sauvegarder la solidarité entre les hommes de tous les temps.

Conscientes de cette réalité, les autorités togolaises ont choisi de servir la cause de la vérité en retournant les pages de l’histoire du pays pour faire lire au peuple longtemps resté dans l’ignorance, surtout à la jeune génération, ce pan important de la société. Les grands chapitres « du livre d’histoire » du Togo dont les événements politiques des années 1965 au lendemain des indépendances, ceux des années 1990 relatifs à la période du processus de démocratisation, et les événements sanglants qui ont suivi les élections présidentielles de 2005 sont à relire.

Etant donné les événements sanglants et les exactions qui ont émaillé ce passé lointain et récents du Togo, nous comprenons à quel degré les victimes, témoins ou non, gardent encore les stigmates de leurs profondes blessures.
C’est donc pour permettre au peuple d’aller vers le pardon et la réconciliation pour un Togo uni, que les autorités politiques ont mis en place la CVJR (Commission, Vérité, Justice et Réconciliation), chargée de conduire la barque à bon port sur toute l’étendue du territoire. Cette commission, dirigée par l’Evêque d’Atakpamé, Monseigneur Nicodème BARRIGAH, et composée de membres jugés responsables et intègres, a pour mission de travailler dans la plus grande impartialité. Mise en place il y a plus d’un an, la CVJR a recueilli les dépositions (plaintes, déclarations, témoignages) de tous ordres dans les cinq régions de Togo. Le dernier trimestre de l’année 2011 était consacré aux audiences publiques, « in camera », en privé et à huis clos dans tous les chefs–lieux des régions/.
Ces audiences ont porté sur les attaques entre sympathisants de différents partis politiques depuis le temps "des ablodé-sodja" (slogan utilisé juste après les indépendances pour signifier le désir d’une "grande liberté") aux élections présidentielles de 2005, en passant par les événements survenus à l’avènement du processus de démocratisation, avec en toile de fond les déplacements des populations, les affrontements ethniques et surtout les exactions des forces armées togolaises.

C’est avec émotion que victimes et témoins, à travers des déclarations et contredéclarations sont montés au créneau pour se décharger de tout ce qu’ils avaient dans leurs cœurs meurtris, qui ne peuvent rien oublier de ce passé douloureux. Certains n’ont pas pu retenir les larmes lors de ces audiences.
Fidèle à sa mission, la CVJR, sous la houlette de Monseigneur Nicodème BARRIGA, a eu une oreille attentive à toutes les déclarations, mêmes celles qui paraissaient incendiaires. Avec un tact que l’on pouvait qualifier de providentiel, elle a amené les uns et les autres à comprendre qu’il y a aujourd’hui nécessité de se pardonner mutuellement, afin de se retrouver tous sur la voie de la réconciliation, de la PAIX. C’est à ce seul prix que le Togo pourra se construire, une reconstruction sociopolitique, socle du développement économique et du bien être du togolais. Cette initiative vient à point nommé, car elle va dans le sens du dernier synode pour l’Afrique.

Edmond ABOUT n’a-t-il pas raison de dire que "nous sommes les héritiers de ceux qui sont morts, les associés de ceux qui vivent et la providence de ceux qui naîtront" ?

Chaque Togolais doit donc jouer sa partition, en faisant l’histoire du Togo aux enfants et servir la cause de la vérité et de la compréhension mutuelle entre les Hommes, afin que de tels événements malheureux ne se reproduisent plus jamais sur la terre de nos aïeux.

N’TALE Bruno
Ami de l’Assomption et professeur à l’ITCA

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