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Témoignage d’Isabelle

2008

La dernière rencontre RIAD s’est déroulée à Londres du 11 au 20 juillet 2008 à Kensington, dans le complexe universitaire des Religieuses de l’Assomption.

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Sr Isabelle

Cette quatrième rencontre vient après celle de Valpré en 2002 "Vivre avec d’autres religions", de Roumanie en 2004 "Eglise d’Orient et d’Occident", et du Kenya en 2006 "L’Afrique : une culture de dialogue entre la foi et la vie". Nous étions 39 participants : 14 AA, 13 OA, 9 RA et 3 PSA. Les religieuses étaient : des Philippines : Maria Emmanuel Melocoton, Mary Francis Talampas, d’Espagne : Maria Dolores (au Niger), Magdalena Morales, d’Angleterre : Simon Catlin et Hilda ; de France : Laure et Isabelle et pour la traduction, sœur Stella.

Voici un aperçu de cette session à partir des évaluations personnelles.

Il y avait une grande disparité dans le groupe. Certains n’avaient guère de connaissance sur l’Islam, d’autres côtoyaient des musulmans sans s’être jamais formés sur le sujet : "j’ai compris comment on peut entrer en dialogue avec les musulmans" dit une oblate, "cela me pousse à lire des ouvrages sur l’Islam" ajoute un assomptionniste.

Les participants ont apprécié le fait que les intervenants francophones et anglophones ne transmettaient non seulement des connaissances mais une expérience de rencontre avec une profondeur d’engagement, un sérieux dans la recherche et un amour concret vis-à-vis de l’Islam et des musulmans.
Jean Marie Gaudeul, Père Blanc responsable du SRI (Service des Relations avec l’Islam, Paris VII) jusqu’en 2007 était notre "fil rouge". Il avait l’art de nous donner des clefs de compréhension notamment après l’intervention de nos conférenciers musulmans ou après la visite de 5 mosquées à Londres.

Les découvertes se situent autant sur le fond (les nouvelles réalités et la diversité du monde musulman, la connaissance de l’Islam, c’est-à-dire la foi, la prière, la doctrine...) que sur la forme : "j’ai découvert qu’il faut vivre avec pour comprendre", "le dialogue ne peut être possible que par la vie de chaque jour" . Certains participants reconnaissent qu’ils portaient "un tas de préjugés".
Beaucoup ont visité pour la première fois une mosquée et ont assisté aussi pour la première fois à la prière du vendredi : "ces hommes et ces femmes sont travaillés par la foi". D’autres, vivant déjà en milieu musulman, ont pu compléter leur expérience. Certains ont ainsi "rafraichi" leurs connaissances. Tous reconnaissent la nécessité de s’investir plus profondément dans le dialogue islamo-chrétien.

La comparaison entre la situation française et anglaise a été éclairante. An Angleterre, les musulmans viennent en majorité de l’Inde, du Pakistan et du Bangladesh. En France, les pays d’origine sont principalement l’Algérie, la Maroc, la Tunisie et des pays d’Afrique sub-saharienne. D’autres particularités ont été soulignées telles que la laïcité à la française ou l’état avancé des études islamiques dans les universités britanniques.

Les enjeux pour les congrégations de l’Assomption :

Ils sont plusieurs : renforcer et encourager les frères et sœurs en milieu musulman ; étudier davantage le terrain. A un niveau ecclésiologique et théologique, un assomptionniste soulignait l’importance de tenir ensemble une profonde solidarité avec les chrétiens d’Orient et une relation ouverte avec les musulmans.
L’enjeu ne concerne d’ailleurs pas que la Mission d’Orient : la RIAD rejoint aussi nos communautés en Afrique sub-saharienne et en Asie. Sr Maria Dolores présente en milieu musulman depuis des années (Niger) y voit comme la confirmation de son travail apostolique, "un service désintéressé au service de tous". Soeurs Laure et Isabelle en France, sentent l’urgence d’établir des liens avec les voisins musulmans habitant dans le quartier où est insérée la communauté de Bondy. "Il faut être plus attentifs à la différence culturelle des jeunes musulmans qui sont dans nos écoles et à leur famille. Nous n’avons pas à n’être présentes qu’à la population chrétienne de nos paroisses".

Même ceux qui n’ont pas de contact direct avec des musulmans voient l’enjeu de cette sensibilisation : aller vers les autres religions et pour cela, être formé. La compréhension du fait musulman sera déterminante pour les années à venir. Il est important de penser à la formation des jeunes frères et sœurs.

Toutes les familles reconnaissent que le dialogue œcuménique et interreligieux constitue un aspect fondamental du charisme de l’Assomption. Il faut ouvrir les esprits et élever le niveau de prise de conscience du besoin absolu de comprendre la foi des non chrétiens, autant pour nous que pour les prêtres et les laïcs. Le désir de mieux collaborer entre nous sur ce sujet a été souligné.

Tous disent merci pour ce temps de retrouvailles ou de découverte de nouveaux frères et sœurs. A un tel niveau d’internationalité, les occasions sont plutôt rares pour ceux qui sont "sur le terrain". Beaucoup partent convaincus d’avoir à partager quelque chose de nouveau dans leurs communautés, leur terrain d’insertion d’apostolique, leurs amis, leur entourage.

Pour terminer je citerais le Dr Rowan Williams, archevêque de Cantorbéry dans son ouverture de la Conférence de Lambeth qui se tenait en même temps que la RIAD : "Apprendre de l’autre ne signifie pas nécessairement être d’accord avec lui, mais être sûr d’avoir fait tout ce qui est humainement possible pour le comprendre" La Croix 04/08/08

Sr Isabelle Roux
Communauté de Bondy - France

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