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Sur le Saint-Esprit

Ses écrits

Sur le Saint-Esprit

Mes chères filles,

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Ne laissez pas passer cette grande fête de la Pentecôte sans demander beaucoup le Saint-Esprit pour vous et pour l’Église. Le Saint-Esprit est un esprit d’humilité et de charité, mais c’est surtout l’Esprit de Dieu. Je dis l’Esprit de Dieu par opposition à l’esprit de l’homme qui règne si fort en nous. Désirons beaucoup pour nous cet esprit surnaturel qui nous ferait avoir les pensées de Dieu sur toutes choses. L’Esprit-Saint lui-même a dit par la bouche d’un prophète : "Vos pensées ne sont pas mes pensées et vos voies ne sont pas mes voies [1]." En effet, il y a une distance infinie entre les pensées de Dieu et les pensées de l’homme, entre les jugements de Dieu et les jugements de l’homme. Et nous, appelées dans le cloître pour y vivre dans une atmosphère toute surnaturelle, avons-nous entièrement déposé toutes les pensées, tous les jugements de l’esprit propre pour nous laisser entièrement conduire par l’esprit de Dieu ? Quelle est l’âme assez dénuée d’elle-même pour n’avoir plus d’autre vie, d’autre impulsion, d’autre mouvement que celui qu’elle reçoit du Saint-Esprit ?

Rougissons, mes chères soeurs, de ce qui occupe la plupart du temps notre esprit, et de la ténacité que nous mettons à vouloir conserver nos idées et nos sentiments en face des idées et des sentiments de Dieu. Que tout cela nous semblera petit et méprisable lorsque, après avoir fermé les yeux à la lumière de ce monde, nous commencerons déjà à voir les choses dans la lumière de Dieu. Comme nous regretterons alors de nous être laissées aller à nos propres pensées dont nous reconnaîtrons alors le vide. N’est-ce pas folie de refuser la conduite de l’infinie sagesse pour s’abandonner à celle d’un esprit vain et insensé comme l’esprit de l’homme ? Étonnons-nous, mes soeurs, en regardant notre âme. Voyant le je et le moi encore si vivants en nous, disons-nous remplies d’une confusion salutaire. Comment se fait-il que tant de grâces que j’ai reçues ne m’aient pas encore entièrement anéantie pour faire place à une nouvelle créature mue par l’Esprit-Saint ?

Ne sommes-nous pas les temples de ce divin Esprit ? Nous le
sommes par le Baptême et c’est dès ce jour qu’il a commencé à habiter en nous. Nous le sommes par la Confirmation qui a été comme le sceau que l’Esprit-Saint a mis sur notre âme pour marquer qu’elle était à lui. Mais ne le sommes-nous pas d’une manière encore plus particulière par la profession religieuse ? Voulez-vous que je vous en donne la preuve ? Si l’une de vous avait le malheur de souiller son corps par un péché contre la chasteté, il y aurait sacrilège, comme il y aurait sacrilège si l’on se servait pour un usage profane d’un ciboire ou d’un calice. Avec quel respect devons-nous donc regarder nos corps, vrais ciboires, destinés à contenir la majesté d’un Dieu.

C’est aussi le principe du respect que nous nous devons les unes les autres, c’est le principe de l’obéissance puisqu’en obéissant à nos supérieurs nous obéissons au Saint-Esprit qui habite en eux. Comme cette atmosphère de pensées surnaturelles est propre à nous faire sortir de nos préjugés, de nos antipathies, de tout ce qui ne serait pas entièrement conforme à cet Esprit de charité et d’obéissance qui nous a choisies pour ses temples et sa demeure. C’est nous surtout, religieuses, qui pouvons contrister l’Esprit-Saint par ces petites infidélités journalières, ce manque de docilité à la grâce que nous ne nous sommes peut-être jamais assez reproché.

Et puis, mes filles, ne nous contentons pas de prier pour nous. Prions aussi pour l’Église, prions pour qu’une grande effusion de l’Esprit de Dieu se répande dans tous ses membres, pour que la paix se rétablisse parmi ses enfants et que la sagesse d’en haut soit donnée à ceux qui la gouvernent. Prions pour que ses prêtres soient saints, ses communautés religieuses ferventes et tous les fidèles unis par un lien profond d’obéissance et de charité.

Sainte Marie-Eugénie de Jésus
Fondatrice des Religieuses de l’Assomption
Auteuil, fête de la Pentecôte 1859


[1Is 55, 8.


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