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Sous le regard du Père, par Sr Cristina Maria

Auteuil

La rencontre d’Olivier Le Gendre avec l’Assomption date des années 1986… A Auteuil il y avait une Communauté de FOI et AMITIÉ qui est née du désir de partager plus profondément la foi et l’amitié qui marquait déjà l’Assemblée dominicale au "17" (rue de l’Assomption). Avec sœur Clare Teresa commence un chemin vers ce qui est aujourd’hui Assomption Ensemble. Olivier était là depuis le commencement. En effet, à l’occasion des 150 ans de la Congrégation, sœur Clare lance un défi : Que dans toute la Congrégation naissent des actions "significatives" : significatives du désir de partager –sœurs et laïcs– non seulement la foi mais aussi l’action apostolique, la passion pour le Règne de Dieu, en pénétrant de plus en plus dans le charisme de M.M.Eugénie de Jésus. Les 150 ans de la Congrégation ont donnés du fruit. Aujourd’hui, Assomption Ensemble est une réalité inséparable de la vie de la Congrégation. Olivier a été une « pierre de fondation » dans ce mouvement.

Mais Olivier est entré à l’Assomption un peu avant : sœur Hélène Marie découvre l’homme de foi et d’action qui pouvait collaborer dans “la petite École de prière”, comme elle aimait l’appeler, école qu’elle-même, sœur Hélène, avait organisée dans la Maison d’Auteuil dans la ligne de Foi et Amitié. Olivier, Christine Champetier de Ribes et Laurent Templier furent le cœur de cette Ecole. Sœur Hélène avait une grande admiration pour l’un et pour l’autre.

Olivier est entré donc à l’Assomption avec un grand désir de partager avec d’autres sa foi, de la vivre plus profondément encore au cœur d’un rythme de travail assez soutenu et varié et d’aider les autres à faire route avec le Christ. Le trésor qu’il portait en lui, il a voulu le donner aux autres.

Deux choses que j’aimerais souligner chez Olivier parmi beaucoup d’autres : sa passion pour Dieu le Père et son amour pour Marie-Eugénie de Jésus, aujourd’hui Sainte Marie-Eugénie de Jésus, et pour les Sœurs de l’Assomption.

Maintes fois je l’ai entendu évoquer cette image qu’il avait de Dieu : Le Père. Il voulait être aux affaires du Père. Il voulait vivre sa responsabilité dans sa famille et dans son travail, à la maison et en chemin pour faire des conférences, dans les grandes et petites choses… sous le regard du Père. Dieu nous regarde et Dieu regarde à travers nous. Nous tentons de regarder Dieu et de sentir sa paternité unique. Ceux qui nous entourent peuvent-ils le voir à travers nous ? écrivait-il un jour. Et il continuait en prenant une phrase de M. Marie-Eugénie : Dieu a un regard constant, continuel, sur chacun de nous. Et à lui d’ajouter : J’aimerais avoir un peu de ce regard et de le faire porter sur le monde qui m’entoure.

Et puis son amour envers les Sœurs de l’Assomption, une affection délicate, fraternelle qu’il a su montrer à tout instant au travers d’une grande disponibilité, d’un grand désir de travailler, de collaborer en mettant au service de la communauté ses multiples capacités, dans une relation toujours cordiale, joyeuse et pleine de reconnaissance. Et tout particulièrement il aimait la “grande sœur”, Marie-Eugénie de Jésus. Il a beaucoup lu et travaillé ses écrits et il a su la faire parler avec des mots d’aujourd’hui.

J’aimerais finir ces quelques lignes avec l’une ou l’autre phrase de sa Prière pour un visage1 :

Père, tu habites chez moi même quand je ne le sais pas
même quand je ne veux pas le savoir
quand je ne parviens pas à discerner ton visage
quand sur ton visage mon âme a tire les voiles de l’indifférence. 

Il est vain de chercher ton visage car il est toujours là.
Si je ne le distingue pas, c’est toujours simplement
que je l’ai caché à mon regard intérieur. 

Père, je ne cherche plus ton visage :
il me crève les yeux, présent au centre de mon âme.

Simplement, je l’ai recouvert de la cendre de mes désillusions,
ou bien j’ai tapissé mon âme des miroirs pour être sûr
de toujours y trouver mon reflet satisfait.

Ou bien encore c’est mon ambition qui y a déposé
les paillettes qui aveuglent mon regard. 

Père, tu es si simple à voir. 

Si lui avait le sentiment d’avoir beaucoup reçu de la communauté, la communauté n’en a pas reçu moins. Nous rendons grâces à Dieu pour sa vie, pour ce qu’il a été et sera toujours pour Anne, ses enfants et ses petits enfants, ses amis et pour ce qu’il a été pour notre communauté de l’Assomption. Il vit maintenant sous le regard de Dieu. Dieu le regarde et il regarde Dieu.

 Sr Cristina María, r.a.
Supérieure générale,

1- Dans son livre : Prières glanées, Ed Fidélité, 2011.


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Commentaires

Constance Odile - 15 janvier 2016, 15:19

Je suis ancienne de l’Assomption de Nkum-Ekyé au Cameroun (1969-1972).
J’ai cheminé à un moment donné avec "Assomption Ensemble -Laïcs et Sœurs". C’est alors que j’ai fait la connaissance d’Olivier. Quelle profondeur dans ses écrits que je ne cesse de lire et relire ! Un homme de grande spiritualité dont la disparition, sans nous surprendre puisque c’est un humain, nous touche sans l’avoir connu physiquement.
Au moment où à tout hasard nous découvrons son départ vers l’Eternel et qui coïncide avec notre désir ardent de renouer avec Assomption Ensemble, nous formulons le vœu d’apprendre de son cheminement.
Et que le regard que Dieu lui a porté depuis cette terre fasse de lui un des privilégiés du Royaume !
Constance
Cameroun


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