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Pour le IIIe dimanche de l’avent

Temps liturgiques : Avent

Mes soeurs,

Cette semaine de l’Avent semble être plus particulièrement la semaine de l’attente de Jésus-Christ. Nous trouvons dans l’Office beaucoup de paroles qui nous disent d’une manière pressante d’attendre le Seigneur : "Voici, le Seigneur viendra et il ne tardera pas... Déjà le Seigneur est proche. Venez, adorons-le."

Il faut réveiller notre foi sur la venue actuelle de Notre-Seigneur puisque, dans dix jours, nous célébrons la fête de sa naissance. Il faut nous y préparer avec ferveur, car la vie spirituelle est une vie réelle. Il faut tâcher d’entrer dans les dispositions que l’Église nous suggère par les paroles que la sainte Liturgie propose pour ce temps.

Nous allons faire aussi dans quelques jours la fête de l’Expectation de la Sainte Vierge, qui est comme le modèle des sentiments que nous devons avoir en nous. Elle s’attendait à voir la face de Notre-Seigneur, à vivre avec Jésus et aussi à souffrir avec Lui. D’abord elle s’attendait à voir la face humaine de Notre-Seigneur. Pour nous aussi, cherchons la face de Dieu : c’est le but de notre vie, et la contempler dans le ciel sera notre bonheur pendant toute l’éternité.

Déjà ici-bas, à travers les ombres de la foi, nous pouvons par la méditation de l’Évangile nous représenter Jésus tel qu’il était sur la terre. Nous pouvons nous figurer quelle majesté, quel amour, quelle douceur sa face humaine révélait aux hommes. Mais ce que nous devons surtout chercher, c’est à former en nous cette ressemblance. Jésus est l’Image du Père céleste et ceux-là seront prédestinés, en qui Dieu trouvera de la conformité à l’image de son divin Fils.
Il faut nous appliquer plus particulièrement, ces derniers jours de l’Avent, à former en nous la ressemblance de Notre-Seigneur afin qu’Il apparaisse en nous dans des dispositions de douceur, de patience, de profond anéantissement, de mépris des choses créées, d’amour pour les choses éternelles.

Nous attendons que Jésus vienne nous apporter plus de sainteté, mais il faut l’espérer, le désirer, quel que soit notre pauvre petit degré d’amour. Jésus-Christ est venu pour retirer les hommes du péché. Grâce à Dieu, nous ne sommes pas plongées dans le péché, mais nous ressentons des misères qui sont les suites du péché, et il faut élever notre coeur à Dieu par la confiance en Celui qui doit venir. L’Église nous y engage par les paroles des livres saints. Elle veut que les pusillanimes prennent courage, que tous aient confiance dans le Sauveur qui nous est promis. Quelle que soit notre impuissance, notre malice, nous devons espérer dans le Sauveur.

La Sainte Vierge s’attendait à vivre avec Jésus. C’est là encore une réalité pour nous. Jésus s’est fait homme pour demeurer avec nous, pour être le compagnon de notre vie. Mais s’il vient en nous, il ne veut pas y être gêné, il veut y mener une vie pleine, entière. Aussi nous avons à préparer notre âme, notre esprit, pour lui faire une large place, pour lui laisser la liberté de déposer en nous des sentiments d’adoration, d’amour de son Dieu, de zèle pour sa gloire et pour le salut des âmes, et aussi pour laisser ou rejeter tout ce qui est contraire à ces saintes dispositions. Il faut que notre esprit soit la lueur de son esprit, que notre coeur soit la lueur de son Coeur, que notre volonté lui soit entièrement soumise.

Au moment de la naissance du Sauveur, les anges ont annoncé : "Paix aux hommes de bonne volonté." Qu’est-ce que la paix ? C’est l’accord avec Dieu et il ne faut que cela et la bonne volonté pour que Jésus puisse vivre en nous. Alors notre âme glorifiera Dieu, dans une vie qui pourra être cachée aux yeux des hommes, mais qui sera très agréable à Dieu s’il peut y voir quelque chose qui paraisse à ses yeux revêtu de Jésus-Christ.

De plus il faut nous attendre comme la Sainte Vierge à souffrir avec Jésus et pour Jésus. Marie a une part extraordinaire dans la vie de Jésus-Christ parce qu’elle était immaculée, qu’elle allait de vertu en vertu, que jamais la moindre imperfection n’a ralenti sa marche vers Dieu. Non seulement elle a partagé ses joies, mais elle a participé à ses souffrances dans un degré auquel nulle créature ne saurait prétendre. Cependant nous avons tous dans une certaine mesure à souffrir avec Notre-Seigneur, et quelle est celle qui n’a jamais eu le pressentiment de quelque souffrance. Ordinairement ce qui arrête notre générosité, c’est que nous craignons les souffrances, les difficultés, les soucis que nous pourrons rencontrer.

Il faudrait, pour nous préparer à la fête de Noël, élever nos coeurs, les élever à être plus généreux pour Notre-Seigneur en souffrant avec Lui. Sa vie tout entière a été une vie de souffrances, on peut dire qu’il vient pour cela, puisqu’il vient pour expier nos désobéissances. Si nous voulons nous unir à Lui, il faut nous attendre à souffrir, mais il ne faut pas nous effrayer de la souffrance.

Notre-Seigneur est là pour nous aider, comme nous le disions dans l’Office. Il est notre bras, c’est-à-dire notre force, dès le matin, et notre salut dans le temps de la tribulation. Trop souvent nous nous attendons à la tribulation, mais est-ce que nous pensons au salut que Jésus nous apporte, au secours que nous trouvons en Lui ?
Ce n’est pas assez de porter la Croix sur notre épaule, il faut la porter dans notre âme pour être trouvées au dernier jour semblables à Jésus. Ainsi donc, lorsque nous prévoyons quelque peine, quelque souffrance, au lieu de nous en désoler, pensons à chercher le salut dans Celui qui nous conduira à travers les eaux de la tribulation sans être submergées.

Proposons-nous, à l’occasion de cette grande fête de Noël, de chercher la face de Dieu. C’est à Lui de former en nous la ressemblance de Jésus-Christ. Donnons-lui notre personnalité pour qu’il mette ses pensées, ses sentiments, à la place de nos pensées, de nos sentiments. Puis proposons-nous de vivre et de souffrir avec Lui, en le prenant comme le compagnon de notre vie. Si nous l’attendons ainsi en union avec la Très Sainte Vierge, Il nous apportera des grâces bien plus grandes.

Sainte Marie-Eugénie de Jésus.
Fondatrice des Religieuses de l’Assomption
D’après un chapitre sans date


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