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Pour la sainte Marie Eugénie - Sr Martine Tapsoba

Soeur Martine Tapsoba

Chers sœurs et frères de la Famille de l’Assomption,

Voici de nouveau le temps de faire mémoire, de redire notre action de grâce pour la vie de sainte Marie Eugénie et de célébrer notre foi. Grâce à sainte Marie Eugénie, nous avons le bonheur de participer à l’extension du Règne de Jésus-Christ, d’une manière spécifique, en prenant part à la mission de l’Eglise. En communautés religieuses et en famille élargie Assomption Ensemble, nous goûtons la joie de servir le Seigneur à travers tant de frères et sœurs de toutes langues, races, cultures, dans la foi en Celui qui nous a appelés dans la diversité de nos vocations.

1 - Faire mémoire

Il est des dates importantes dans la vie d’une famille : le 10 mars en est une pour nous. Cette date nous donne l’occasion de faire mémoire de la femme de foi que nous aimons tous/toutes, sainte Marie Eugénie de Jésus. Le 10 mars, dernier jour de sa longue vie, est devenu le premier et le plus important, dans l’ordre de la foi, parce qu’il est l’aboutissement de son cheminement terrestre. C’est pourquoi j’aimerais que nous puissions contempler la foi de Mère Marie Eugénie, en ce jour de sa fête et en cette année de la foi.

Marie Eugénie, notre "ancêtre", se trouve au commencement de notre histoire commune. Elle est le lien de notre unité et de notre communion comme membres de l’Assomption. Sa vie, toute donnée, a été marquée dès l’enfance du sceau de la foi, depuis la devise de sa famille - "rien sans la foi" - en passant par sa première communion puis sa conversion à Notre Dame, jusqu’à son "oui" à Dieu pour être la première pierre de l’Assomption, posée par la main du Seigneur.

Marie Eugénie a vécu une foi amoureuse, une foi qui lui permettait d’accueillir la volonté de Dieu avec une absolue confiance, signe de sa réponse d’amour : "C’est Dieu qui conduit tout et jamais main plus amoureuse ni plus sage ne saurait conduire nos destinées". Sa confiance dans les autres et dans l’humain en général naît de cette foi. C’est à partir de là qu’elle a pu développer une vision anthropologique pleine d’espérance et poser les bases de notre charisme éducatif : "Au fond des natures les plus mauvaises, il y a toujours quelque chose de bon, croyons-y, cherchons-le avec persévérance"1. Marie Eugénie était convaincue que la foi et la confiance font bouger les choses, et qu’elles peuvent transformer les personnes. Nous lui sommes très redevables pour l’impact de sa foi sur l’esprit de notre famille religieuse. Pour elle, la foi, "premier caractère de l’esprit de l’Assomption"2, doit être l’expression de notre gratitude envers Dieu pour tous ses bienfaits, et particulièrement pour la Vérité pleine et entière descendue du ciel parmi nous, le Christ.

2- Rendre grâce

Si nous tenions à notre foi comme Marie Eugénie tenait à la sienne, nous ne cesserions jamais de rendre grâce à Dieu. Parlant de l’esprit de l’Assomption, ne disait-elle pas : "le premier droit de Dieu c’est d’être cru lorsqu’il parle, et le premier devoir de l’homme est de recevoir la parole de Dieu avec un profond respect et une grande foi… Par conséquent, nous devons répondre par l’adoration et l’amour à la parole par laquelle Dieu se fait connaître". Puisque Dieu nous parle, il est normal que nous accueillions sa Parole avec foi. 3 Marie Eugénie a été l’objet de la bonté et de la largesse de Dieu, ce Dieu qu’elle a longuement cherché, ce Dieu qui est venu la chercher pour la conduire sur ses chemins à Lui. Elle s’est émerveillée de cette largesse divine, mais aussi de sa propre réponse à l’Amour infini du Seigneur et de celle de la première communauté. Nous sommes héritières et responsables de cette réponse de foi : "Telle est d’ailleurs notre vocation, et ce qui nous a paru toujours la distinguer de tout autre était la volonté forte d’aller sous la conduite de notre foi et sur l’appui de sa certitude".4

En ce jour de fête, laissons jaillir notre joie et notre gratitude pour Mère Marie Eugénie et pour l’Assomption. Si celle-ci est née et existe encore, c’est grâce à la grande foi de Mère Marie Eugénie et de nos premières mères. Elles ont cru depuis le commencement en l’avenir de la Congrégation, se laissant animer et entraîner par la confiance de l’abbé Combalot qui se communiquait à elles.5

Rendons grâce pour l’Assomption d’hier et d’aujourd’hui, rendons grâce pour tout ce que nous recevons d’elle. Aimons-la et travaillons à la rendre forte par la qualité de nos vies personnelles et l’ardeur de notre foi pour vivre ce qui nous a été confié, notre "mission", notre "vocation propre", notre "esprit particulier" ! 

Soyons aussi reconnaissants pour l’Eglise, pour le Pape Benoît XVI qui a canonisé sainte Marie Eugénie et qui se retire avec beaucoup de foi en Dieu, seul Maître de son œuvre !

3- Cheminer nous aussi dans la foi…

Grâce à sa foi retrouvée, Marie Eugénie a donné un sens à sa vie. A sa suite, nous faisons aussi l’expérience que la foi nous met en route, nous ouvre un chemin de vie de communion, de sagesse et de prophétie, grâce auquel nous mettons nos pas dans les pas de tous nos ancêtres dans la foi, de tous les saints et saintes, de tous les chercheurs de sens ; ils ont trouvé leur propre chemin en se mettant à l’écoute de Dieu, de leur cœur et de leur temps. La foi au salut dans le Christ nous engage à faire route avec d’autres, à nous laisser rejoindre par le Ressuscité, pour qu’il nous explique les Ecritures et rompe pour nous le pain.

L’obéissance est la réponse concrète de notre foi, comme elle le fut pour sainte Marie Eugénie. Si l’Assomption existe, disait-elle, "c’est parce que nous avons cru". Cela exige un certain dessaisissement de soi pour recevoir sa vie d’un Autre, à travers les autres. Ainsi, par la foi, nous sommes conduits sur des chemins de solidarité et de transmission de la vie, chemins d’évangélisation par le témoignage de la joie que donne la foi. En marche vers Pâques, il est bon de réentendre les paroles de l’hymne que nous chantons aux premières Vêpres du dimanche de la 2ème semaine : "Que l’on découvre le visage du Christ, à la joie des sauvés ; il est venu, il vient encore, Dieu tient toujours ses promesses…"6

Notre foi fait de nous des femmes et des hommes de convictions, des convictions forgées au feu de l’expérience d’intimité avec Dieu, des convictions fondées sur la confiance en l’amour de Dieu qui nous rend capables d’aimer à notre tour. Cependant, nous avons besoin de nourrir notre foi et de nous renouveler dans cet esprit, par les moyens qui nous sont donnés pour notre vie baptismale et religieuse : l’amour de l’office qui « est une des sources de notre vie et celle où nous pouvons puiser cet esprit de l’Eglise »7, l’amour de l’eucharistie et l’adoration eucharistique, l’esprit d’adoration, la méditation de la Parole, l’amour de l’Eglise…

En ce temps de grande attente pour toute l’Eglise tournée vers son avenir, l’invitation de sainte Marie Eugénie peut soutenir notre foi et inspirer notre prière : « Pour être vraiment de l’Assomption, il faut que notre foi soit ferme, ardente, qu’elle anime toutes nos pensées, toutes nos œuvres, tous nos rapports au-dehors et au-dedans et qu’elle devienne l’atmosphère de nos âmes »8. Nous avons besoin de laisser résonner cette parole dans nos cœurs, et d’y travailler sans cesse, pour qu’elle façonne nos vies quotidiennes.

***

La foi reste un grand défi de notre temps et Marie Eugénie un grand témoin devant nos yeux. Célébrer la sainteté de Marie Eugénie, c’est aussi considérer la longue lignée de tous ceux et celles qui nous ont ouvert le chemin de la foi ; c’est nous émerveiller de notre propre itinéraire de foi, rendre grâce pour ce don et nous engager à en prendre soin. L’année de la foi est pour nous une invitation à renouveler notre ferveur dans cette vie de foi. Comme Marie Eugénie, nous pouvons faire de la recherche du Royaume de Dieu notre unique préoccupation, en acceptant d’entrer dans une dynamique où nous apprenons à livrer nos vies au jour le jour, jusqu’au jour où nous serons tout en Lui. Comme elle, osons mettre notre confiance en Dieu qui ne fait pas les choses à moitié. Par la foi et la confiance, nous obtiendrons tout, mais chaque chose en son temps. C’est pourquoi, il nous faut croire que Celui qui nous attend au bout de la route marche avec nous. Que sa Parole qui est notre nourriture soit aussi lumière sur notre route !

Bonne et sainte fête de Sainte Marie Eugénie de Jésus, avec toute mon affection,

Sr. Martin Tapsoba
Supérieure Générale

 

1 Marie Eugénie de Jésus, Conseils sur l’Education, 1842

2 Cf. Marie Eugénie de Jésus, chapitre du 3 mars 1878 : "Foi, Amour de la Vérité"

3 Cf. He 4, 1-11

4 Marie Eugénie de Jésus, billet n°1513, cité in L’éducation à l’Assomption – Texte de référence, p.24

5 Marie Eugénie de Jésus, chapitre du 28 avril 1889 : Bâtir notre œuvre et notre enseignement sur le fondement de la foi

6 Prière du Temps Présent, en français, p. 728

7 Marie Eugénie de Jésus, Chapitre du 28 avril 1889 : Bâtir notre œuvre et notre enseignement sur le fondement de la foi

8 Marie Eugénie de Jésus, chapitre du 3 mars 1878 : "Foi, Amour de la Vérité"


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