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Partage des jeunes soeurs au retour d’une semaine en Angleterre

Vocations

Amélie, tu rentres d’une semaine avec d’autres sœurs jeunes professes, françaises et anglaises. Quel était le but de cette rencontre ?

Nous avons passé une semaine, à Londres, accueillies par nos sœurs anglaises de Kensington.
Le but premier de cette rencontre était de travailler autour du thème de la liberté et de la responsabilité dans notre vie religieuse, personnelle et communautaire. Sœur Françoise, Sœur Sophie et Sœur Simon nous ont accompagnées dans cette réflexion
Bien évidemment, nous en avons profité pour découvrir Londres et pour partager un moment convivial entre nous.
Joie de se retrouver pour certaines et d’apprendre à se connaitre pour d’autres !

Vous avez approfondi la notion de "Compagnons du Christ, co-créateurs avec lui". Peux-tu nous partager l’expérience qu’il t’a été permis de faire ?

Hélène
A quelle liberté sommes-nous appelés ?
Nous pouvons nous positionner face à Dieu de 2 manières différentes :

  • la première façon est de chercher à imiter le Christ, faire comme Lui en restant derrière Lui. C’est une première étape. Jésus lui-même demande de marcher derrière Lui. Mais nous ne pouvons pas construire en restant à cette place puisque notre vie est déjà toute préparée, comme un vêtement que l’on endosse. Dieu est un but à atteindre à travers des lois et des devoirs
  • la deuxième attitude serait celle du compagnon de Dieu, c’est à dire être ami du Christ, en composant avec ce que l’on est (ses qualités et ses défauts). Etre compagnon du Christ, c’est continuer sa mission dans notre monde d’aujourd’hui. Dieu invente avec nous aujourd’hui et demain... nous devenons co-créateurs. Voilà sans aucun doute la liberté à laquelle nous aspirons.

Théonisa
Je dirai que le Dieu compagnon de ma vie est celui avec qui j’invente l’avenir qu’Il me donne. Dieu a pris plaisir à créer le monde, Il nous donne la Parole, la volonté, une intelligence…
Nous sommes créés à son image, c’est-à-dire libre et responsable, et nous sommes partenaires de sa création encore "inachevée". Cela nous invite à être nous-même associées à la construction de notre monde d’aujourd’hui et de demain ! Cela veut dire que je suis active dans mes décisions, mes choix quotidiens, dans mes relations (mes sœurs, ma famille, mes amis, les autres…), dans mes différents lieux de vie : Non pas seule et sous un mode individualiste mais avec quelqu’un, avec le Christ !

Quelles découvertes peux-tu nous partager dans l’approche biblique de cette thématique ?

Théonisa
Un des textes qui m’a touché est celui de l’Ecclésiastique Si 16,24 -17,8
Les éléments de la création de Dieu est en harmonie les uns avec les autres. "Il ordonna ses œuvres pour l’éternité […] Aucune ne heurte sa voisine" (Si 16,27-28). De ce passage se dégage un profond respect et une profonde liberté des uns et des autres.
Plus loin ce passage évoque Dieu crée l’homme avec sa capacité de choisir librement. Il lui a donné tout ce dont l’homme a besoin pour discerner "Il leur a donné le jugement, la langue et les yeux, les oreilles et le cœur pour réfléchir Si17, 6. Il est donc de sa responsabilité de les utiliser pour vivre !

Mélanie
Nous avons été invitées à réfléchir sur nos "il faut". Vous savez, cette expression que nous disons facilement : "il faut que je fasse ceci ou encore cela…", "il faut que j’y arrive"... ; que nous utilisons le plus souvent pour dire une attitude morale qui nous est imposée de l’extérieur ou bien une perfection que nous nous imposons à nous-mêmes et pour laquelle en général, nous n’avons pas vraiment de goût . Mais nous nous sommes laissées déplacer par la Parole de Dieu et à la lumière de l’Evangile, notamment de Luc, nous avons vu combien les "il faut" du Christ expriment son désir d’orienter toute son existence, ses choix dans le sens de la volonté du Père. "Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ?" (Lc 2,49) dira-t-il à ses parents à 12 ans.
Par sa prière, Jésus est en relation avec Dieu, son Père. Du coup, le "il faut" n’est envisagé que dans cette relation-là. Jésus se détermine, agit donc par rapport à son lien qui l’unit à son Père et aux autres (par exemple avec Zachée : "Quand Jésus arriva à cet endroit, levant les yeux, il lui dit : ’Zachée, descends vite : il me faut aujourd’hui demeurer dans ta maison’." (Lc 19, 5). La proximité avec son Père est la source de son agir libre et responsable qui l’entraîne à se faire proche de ses frères et sœurs en humanité et qui va aussi le conduire à la mort, "Je vous le déclare, il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture : On l’a compté parmi les criminels. Et, de fait, ce qui me concerne va être accompli." (Lc 22, 37). Ce qui ne sera pas sans combat pour lui au moment de la passion.
Enfin, cette nécessité sera rappelée aux pèlerins en marche vers Emmaüs après la Résurrection : "Esprits sans intelligence, cœurs lents à croire tout ce qu’ont déclaré les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela et qu’il entrât dans sa gloire ?" (Lc 24, 25-26).
Contempler Jésus dans sa relation au Père m’aide à grandir en liberté, à m’interroger sur mes "il faut" et à les envisager dans une perspective plus évangélique. Un déplacement s’opère : passer d’un « il faut » d’obligation sans goût à un « il faut » en relation avec ce Dieu Père et Amour qui m’invite à la relation avec les autres. Considérer de ce point de vue là les « il faut », change tout !

A quels défis te sens-tu appelée, autour du don de ta vie en liberté et responsabilité ?

Théonisa :
Participer ! Se sentir concernée par ce qui se passe autour de moi, ma communauté, ma congrégation, l’Eglise, le monde… Proposer et accueillir la nouveauté, le dynamisme, le mouvement de la vie !

Et toi Mélanie…. ?
Je me sens appelée au défi de la confiance : confiance en Dieu, en moi, en l’autre. Il m’est bon pour cela d’expérimenter l’accompagnement. Il s’agit pour moi d’avancer dans la vie en ayant à mes côtés une personne de confiance - justement ! - que je rencontre régulièrement. Cette personne est aussi en route et avance comme moi orientée vers le Christ. Son expérience, ses conseils sont des points d’appui pour continuer la route, persévérer lorsque le chemin devient plus difficile. Pour cela, il m’est nécessaire de me confier, d’ouvrir mon cœur (avec ses joies, ses peines, ses soucis, ses questions…), ce qui fait ma vie afin de faire le tri entre tout ça. Je crois alors que la liberté grandit par ce moyen que l’Eglise offre. La relation n’est pas qu’entre deux personnes mais entre deux personnes qui sont chacune en relation avec Dieu. Et ce trio fait des merveilles ! Mais il est de ma responsabilité d’entretenir - ou non - ce don qui m’est fait de l’accompagnement.

Le détour par notre "histoire de famille" avec sainte Marie-Eugénie et la fondation en Angleterre au 19 e siècle t’a-t-il aidé dans ton cheminement personnel ?

Anne-Flore
 Nous avons regardé dans le "rétroviseur" de l’Assomption et découvert que depuis la fondation et au cœur de toutes les fondations, notamment à Kensington Londres, les sœurs ont toujours eu le désir de mettre Dieu au centre de leurs vies, au centre de leurs maisons, au centre de leurs activités. Appelle toujours à mettre en œuvre : que le Christ soit le centre de nos journées, le centre de notre don ! Dans cet esprit, chacune peut alors développer sa grâce particulière et la mettre au service du corps communauté. La sœur, alors comme une fleur… grandit en se donnant librement et avec responsabilité. La vie de l’Assomption ne cesse au cours des siècles de jaillir à condition de toujours trouver Dieu en toutes choses et d’en faire son centre !

Mélanie
"Qu’est-ce que Dieu veut pour moi ?", "Quelle est la volonté de Dieu sur moi ?" Grosses questions, n’est-ce pas et que je me pose parfois. Quelle ne fut pas alors ma joie de découvrir que Marie Eugénie - elle-même - avait les mêmes interrogations ! Quelle ne fut pas ma joie aussi de la voir cheminer dans sa relation à Dieu ! Dieu devient petit à petit une personne importante pour elle et bien réelle, ce qui va lui donner le goût de se donner à lui de plus en plus.
"Parce que c’est lui" pourrait-on dire ! Oui, et parce que c’est Lui, elle a eu le désir tout au long de sa vie de trouver et de faire la volonté de ce Dieu qu’elle aime. C’est ce désir qui l’a faite grandir en liberté et en responsabilité. Avec confiance elle a avancé dans la vie, appuyée sur cette certitude que Dieu l’aime, convaincue qu’il est avec elle.
Alors évidemment, pour moi c’est grande joie de la savoir si proche. Et puis, elle est sainte ! Elle m’encourage vraiment à persévérer et à avancer dans la joie et la confiance malgré les difficultés de la vie.
Je vous partage un petit cadeau, une parole de Sainte Marie Eugénie : "Aller droit avec Dieu… Restez donnée à Dieu par le fond… ne faites pas attention au froid qui passe sur le dedans ni aux vents, ni au calme plat. De tout allez à Dieu par la foi".

Bonne route à tous !


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