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Messe radiodiffusée à Auteuil

Assomption-17

TEMOIGNAGE DE SŒUR BRIGITTE COULON, RA

Être missionnaire, c’est d’abord un don, une grâce… pour soi-même, pour l’Église où on est envoyé et pour l’Église qui nous envoie…
Un don, une grâce qui se vit dans la joie !!!
Dans la joie de la découverte d’un autre pays, d’une autre culture ! Pour moi, c’était donc le Mexique… et cela a duré 35 ans… et j’espère pouvoir bientôt continuer à allonger cette expérience.
Bien sûr s’adapter à toutes sortes de choses nouvelles est nécessaire à commencer par les subtilités de la langue, une chose est de parler espagnol, une autre de comprendre tout se qui se cache derrière les mots… La manière d’exprimer les sentiments, c’est aussi tout un apprentissage, car dans un pays où les sentiments sont rois, où les personnes sont si délicates et si accueillantes, faire attention à la manière dont on dit les choses est capital…
Dans l’adaptation, la manière de vivre sa Foi est aussi bien différente, tout en nuances. La religiosité populaire invite à des gestes parfois déconcertants, gestes qui permettent pourtant d’intégrer les sentiments dans l’expérience religieuse. Je me souviens en particulier d’avoir présenté mes condoléances à la Sainte Vierge au soir du vendredi saint (face à une statue qui la représentait en grand deuil…) ! Pas très évident pour une française rationnelle ! Et puis tant d’autres manifestations et processions joyeuses, festives qui intègrent si bien la marche, le chant, la musique (avec les trompettes des Mariachis !), les symboles, la danse, les fleurs (ou les grandes palmes du jour des rameaux…).
Parlons encore de la Foi… Pour moi, cela a été un grand cadeau. Les gens intègrent si facilement dans la conversation ordinaire la présence de Dieu et son amour… Impossible de programmer quelque chose sans rajouter à la fin : « Si Dieu le veut » « Si Dieu nous le permet » ou « Grâce à Dieu ! ». Une anecdote en passant… : On cite l’expression d’un homme politique qui, comme il se doit au Mexique, se targuait d’être athée, mais il ajoutait… « Grâce à Dieu. » Toutes ces expressions reflètent tellement bien leur foi de ce que toutes nos vies sont dans Sa main…

Mais le cadeau par excellence, c’est la Vierge de Guadalupe… Là encore, et même si la pratique et la foi sont aussi en baisse au Mexique, on affirme que là-bas il y a 80% de Catholiques, mais 99% de « guadalupanos », de personnes qui croient et se confient dans la Vierge de Guadalupe. Je crois vraiment que le message de la Vierge de Guadalupe n’est pas seulement pour le Mexique : Elle s’est présentée à Juan Diego (un pauvre indien canonisé en 2002 par Jean Paul II) avec toute une série de symboles et de messages qui lui ont parlé avec une énorme clarté pour lui faire comprendre qu’elle comptait absolument sur lui pour porter une message à l’Évêque de la grande ville de Mexico : ce message, c’était la construction d’un sanctuaire où Elle-même voulait écouter les peines et souffrances de son peuple.
Un autre aspect de la Foi et pas des moindres, c’est tout le processus qu’a vécu et que vit encore l’Amérique Latine avec les Conférences épiscopales Latino-américaines, le CELAM. Ce processus m’avait fortement marquée dès le début dans les années 68 avec la 2de Conférence, celle de Medellín, - celle qui a été célébrée à Aparecida en Juin 2007 était la 5è - Don Helder Camara dans les années 60 personnifiait alors fortement une nouvelle manière de vivre la Foi, d’une part en vivant d’une foi beaucoup plus incarnée dans la réalité avec le souci des plus pauvres et d’autre part, en donnant toute son importance au vécu de la foi et au partage de la parole de Dieu dans de petites communautés à taille plus humaine, les CEBs ou communautés ecclésiales de base.
Je dois dire que vivre ces dimensions-là de la foi m’a permis d’écouter la Parole de Dieu d’une façon toute nouvelle, à la fois très simple et très dans la vie de tous les jours, de mieux comprendre les premières communautés chrétiennes et de m’identifier à elles.
C’est peut-être cela aussi qui permet maintenant au Mexique de redresser la tête dans la situation actuelle, tellement violente, causée par tous les cartels de la drogue et d’avoir une attitude d’espérance active dans la recherche de solutions.
Pour terminer j’aimerais ajouter qu’être missionnaire c’est aussi être une passerelle. Ce n’est pas facile parce qu’une passerelle, c’est être au milieu ! On n’est plus d’un côté et on n’est pas encore complètement de l’autre ! Mais les passerelles sont indispensables pour établir des communications, faire la communion. Je crois que tous les missionnaires ont un rôle clé aujourd’hui : partager, faire connaître les richesses, les expériences d’autres Églises. Et certainement, les pays évangélisés plus tard, ont une jeunesse à apporter aux Églises plus anciennes. Pour ma part je crois que l’Église d’Amérique Latine peut apporter aux Églises d’Europe son souci d’accueil aux plus pauvres, son sens de la Parole de Dieu incarnée dans la réalité et son amour pour la Vierge Marie.

>> Voici le lien vers le site de France Culture pour ré-écouter toute la messe.



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