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Messe anniversaire de la fondation des Religieuses de l’Assomption à Abidjan Homélie du Père Joseph Compaoré sj

71 - Août 2013

Sainte Marie-Eugénie et Ignace de Loyola,
les Religieuses de l’Assomption et les Jésuites

1P 2,4-9 ; Jn 10,22-3

"Pierre vivante, choisie, précieuse auprès de Dieu, prêtez-vous à l’édification d’un édifice spirituel, pour un sacerdoce saint, en vue d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ. Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, pour proclamer les louanges de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière".

Ces paroles de la première lecture résument deux vocations : celle d’une fondatrice d’institution religieuse, Sainte Marie Eugénie de Jésus et celle de ses filles spirituelles, les religieuses de l’Assomption.

Anne Eugénie est née à Metz le 26 août 1817. Noël 1829, elle fit sa 1ère communion. Une expérience spirituelle qui la marquera. Une voix intérieure lui dit : "Tu perdras ta mère mais je serai pour toi plus qu’une mère. Un jour viendra où tu quitteras tout ce que tu aimes pour me glorifier et servir cette Eglise que tu ne connais pas." L’Eucharistie sera au cœur de sa vie spirituelle, la source de sa relation à Jésus. Elle prendra le nom Marie-Eugénie de Jésus.

Voici les grandes lignes de la congrégation fondée le 30 avril 1839. 

  1.  Un enseignement solide, formant l’intelligence des jeunes filles à la lumière de la foi.
  2. Trois mots résument la vie des religieuses de l’Assomption : éducation, contemplation, fraternité.
  3. L’Incarnation est centrale dans la vision de Marie-Eugénie de Jésus. Elle est une vision positive et optimiste sur la création en général, sur la personne humaine en particulier, d’où une espérance qui oriente l’enseignement et l’éducation.
  4. Par l’éducation des jeunes filles Marie Eugénie veut faire connaître et aimer Jésus-Christ. A sa suite, convaincues que tout être est éducable, les religieuses de l’Assomption s’investissent dans l’éducation des jeunes filles. Une éducation qui veut transformer toute la personne et favoriser son épanouissement dans la liberté et la responsabilité, façonner l’intelligence et le cœur selon les valeurs de l’Evangile et enfin former des personnes fortes de caractère, qui aient une action tranchée et positive dans leur milieu de vie.
  5. Une formation de l’intelligence et du regard qui permet de se situer en toute justesse dans le monde et face à Dieu.

  6. Aborder les grandes questions de l’homme, ouvrir les esprits aux conséquences sociales de l’Evangile, développer le sens critique, affiner le regard par une attitude contemplative, apprendre à aimer son temps pour agir sur lui sont quelques-uns des grands axes éducatifs qui marquent les religieuses de l’Assomption.

A ce point j’ai secoué plusieurs fois ma tête. Pas possible ! La similitude est parfaite que j’ai cru me trouver devant un copier-coller dont certains étudiants et étudiantes nous ont habitués. On dirait que les Religieuses de l’Assomption ont copié littéralement les Jésuites ! On dirait que Ste Marie-Eugénie de Jésus a copié textuellement St Ignace de Loyola ! Pourtant je n’ai pas lu que Marie Eugénie avait un Jésuite comme accompagnateur, ni que les Religieuses de l’Assomption avaient un Jésuite comme aumônier. Regardez !

  1. Une formation intellectuelle solide à la lumière de la foi caractérise aussi la Compagnie de Jésus.
  2. L’éducation, la formation et l’accompagnement sont au cœur de mission des Jésuites.
  3. L’action et la contemplation sont les deux pôles inséparables de la spiritualité ignacienne.
  4. La vie fraternelle. Nous parlons de compagnonnage. Entre nous nous appelons compagnons, amis dans le Seigneur.
  5. La contemplation de l’Incarnation est la première contemplation de la deuxième semaine des Exercices Spirituels de Saint Ignace. Dans cette contemplation les trois Personnes divines regardent toute l’étendue du monde pleine d’hommes, des peuples si nombreux et si différents par leurs vêtements et leur visage, des blancs et des noirs, des hommes et des femmes, les uns en paix les autres en guerre, les uns pleurant et les autres riant, les uns en bonne santé et les autres malades, les uns naissant et les autres mourant. Les trois Personnes divines décident ensemble de toute éternité que la deuxième Personne se fasse homme pour sauver le genre humain. Et voici l’Incarnation du Verbe en vue du salut des hommes.

S’il y a une similitude entre Ignace de Loyola et Marie Eugénie de Jésus c’est que tous deux ont fait du copier-coller en puisant à la même source : l’Evangile de Jésus-Christ. Car l’Evangile est la boussole de toute spiritualité chrétienne. Une boussole indique toujours la même direction, le nord. Le Nord de notre boussole évangélique c’est le Christ. Cette boussole évangélique est christologique et christocentrique, selon la logique du Christ et centrée sur le Christ, réglée sur le Christ et par le Christ. L’Evangile en général, les conseils évangéliques de pauvreté, chasteté et obéissance en particulier, sont les aiguilles de cette boussole.

Ils orientent toujours vers le Christ. Si nous sommes déboussolés, nous avons perdu le nord, c’est grave. Si les aiguilles des conseils évangéliques sont déréglées, c’est dangereux. Il faut les régler au plus vite. Prenons soin de notre boussole, par une référence continuelle à l’Evangile, dans une spiritualité de l’incarnation dans laquelle l’action et la contemplation sont les deux pôles d’authentification. Assurons-nous que notre vie spirituelle est toujours centrée sur le Christ qui lui-même nous conduit au Père.

En résumé quatre éléments caractérisent une spiritualité chrétienne :

  1. une attention contemplative à un des multiples visages du Christ,
  2. une forme de charité,
  3. une pédagogie spirituelle e
  4. des choix apostoliques particuliers. Toute spiritualité chrétienne est une fenêtre ouverte sur l’Evangile et un regard positif porté sur le monde. Elle est une manière de comprendre et d’incarner l’Evangile. Comme la diversité des charismes exprime la richesse des dons de l’Esprit Saint, l’harmonie entre les spiritualités exprime l’unité de la foi, de l’espérance et de la charité chrétiennes. L’évangile est une mélodie à sept notes. La vie des saints et les charismes des institutions sont la même mélodie jouée sur des tons divers et variés selon les temps et les lieux. St Ignace et Sainte Marie-Eugénie de Jésus ont joué leur partition.

A nous de jouer la nôtre dans l’espérance de les rejoindre un jour pour participer à la louange éternelle du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Père Joseph Compaoré sj 

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