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Marie-Eugénie confie son affection pour Thérèse Emmanuel

200 ans - Bicentenaire

Extraits d’une instruction de chapitre de sainte Marie-Eugénie de Jésus


Vous savez toutes ce qu’était mère Thérèse-Emmanuel pour la Congrégation. Comme, par son esprit religieux, par son travail, par sa foi, par son dévouement elle a fondé cette oeuvre de l’Assomption. Il est cependant certains caractères qui me frappent plus en elle, et dont je voudrais vous parler.


Le premier, c’est l’humilité et l’obéissance. J’ai connu mère Thérèse-Emmanuel jeune. Je l’ai vue en tous les états de sa vie. Jamais elle n’a été suffisante. Jamais elle n’a eu aucun besoin de se faire valoir. Jamais elle n’a manqué d’être avec sa supérieure l’enfant la plus humble, la plus soumise, la plus souple qu’on pût imaginer. Cela est d’autant plus remarquable qu’il ne faut pas s’y méprendre : il y avait en elle de la grandeur et quelquefois même de la hauteur. Mais ce n’était pas de l’amour-propre, elle n’en a jamais eu, ni jeune ni plus âgée.
Elle avait une raison exigeante, qui aimait à savoir le pourquoi des choses, qui ne se satisfaisait pas sans de très bons motifs. Toutes celles qui ont suivi ses leçons et qui ont été formées par elle doivent se rappeler combien son enseignement était raisonnable, comme la manière dont elle exposait les choses de la foi et de la religion était juste et logique. (...)
Mère Thérèse-Emmanuel avait la plus haute conception de notre vocation. Pour elle, une religieuse de l’Assomption devait être si élevée au-dessus des choses de la terre pour tendre à Dieu, que le sentiment qu’elle en avait soulevait en elle-même des indignations, quand on ne répondait pas à l’idéal qu’elle cherchait à mettre devant les yeux des soeurs. (...)
Ce qu’était son enseignement, son âme l’était aussi : souverainement élevée au-dessus de ces bassesses et de ces petitesses qui pour nous, pauvres imparfaites que nous sommes, font que nous pensons à nous et que nous retombons sur nous-mêmes. Si j’en appelle à tous vos souvenirs et que je vous demande si vous avez jamais vu cela en elle, toutes vous me répondrez que non.
C’est grâce à ce caractère d’humilité et de droiture que toutes les grâces de Dieu ont pu se répandre dans son âme. Dieu ne répand pas ses grâces et des grâces de choix dans une âme qui a de l’amour-propre et qui peut chercher son propre honneur dans les dons de Dieu. Si dans une telle âme on voyait l’apparence de grâces particulières, il faudrait douter et trembler. (...)


Le troisième caractère que je trouve en mère Thérèse-Emmanuel, c’est sa correspondance à la grâce. Notre Seigneur demandait, appelait, parlait, et elle correspondait. Il lui en coûtait parfois, car tout n’était pas selon son esprit. Notre Seigneur d’ailleurs la conduisait à sa croix et à de grandes souffrances. Pouvait-elle ne pas le sentir ?
Je vous ai dit que sa raison était exigeante. Or quelquefois, notre Seigneur demande des choses que la raison ne comprend pas. Cela lui arrivait et elle correspondait. Ce qui la soutenait, c’était l’humilité et l’obéissance. Elle était tellement obéissante que jusqu’à la fin de sa vie, c’est l’obéissance qui l’a fait agir. (...)


Ainsi depuis sa jeunesse, quand elle est venue auprès de moi, jusqu’à sa mort, voilà une âme riche des dons de Dieu, sage d’une sagesse que vous avez pu apprécier, et dont la seule pensée était d’obéir. Elle s’est toujours tenue dans l’obéissance la plus humble, la plus souple, la plus enfantine vis-à-vis de moi. Comme l’a dit monseigneur Gay, ce n’était pas seulement par affection. Elle m’a gardé une affection et une fidélité que je n’oublierai jamais, et qui avait fait de nos deux âmes une seule. Elle obéissait par une vue de foi, elle désirait que je lui dise le mot de Dieu. C’était par une pensée de grâce, pour accomplir la volonté de Dieu, qu’elle faisait les choses que j’avais dites. Quand quelquefois je ne voyais pas tout à fait comme elle, son esprit se tournait vers ce que je désirais. C’était l’âme la plus obéissante que j’aie rencontrée et la plus absolument dégagée d’elle-même. (...)


Pour mère Thérèse-Emmanuel, voilà ses pensées, ses désirs et voilà ses exemples. Si Dieu lui a fait beaucoup de grâces, c’est qu’elle était aussi une âme de prière. Elle priait toujours et n’avait pas besoin pour cela d’être à la chapelle. Encore le dernier jour, comme nous récitions le chapelet près d’elle, à mi-voix, elle nous a dit : "Je suis un peu fatiguée. Je prie intérieurement." En effet, toujours, dans ses souffrances, dans sa vie religieuse, dans ses jeunes années, elle priait beaucoup extérieurement, vous l’avez vu. Mais elle priait surtout intérieurement. Il n’y avait pas de lieu, pas d’endroit où, par sa foi vive, par son amour ardent, par le soin de tout rapporter à notre Seigneur, elle ne fût en prière.
Je ne vous dis pas ce qu’elle a été comme maîtresse des novices, ce
serait infini. Nous savons quelle était sa sollicitude pour chaque âme. (...)
Enfin, pour me résumer, c’était une âme dont l’humilité, l’obéissance, la prière, la pureté de coeur et d’intention, l’éloignement de toute personnalité et la fidélité à la grâce ont été supérieures à celles de toute autre avec qui j’ai été en rapport.


Sainte Marie-Eugénie de Jésus
Fondatrice des Religieuses de l’Assomption
Instruction de chapitre du 27 mai 1888


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