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L’école de Copenhague 100 ans

Lituanie

La Scandinavie va de jubilé en jubilé ! L’an dernier à la même époque nous fêtions l’arrivée des sœurs au Danemark, et ce 19 septembre 2009, nous fêtions les 100 ans de l’école ! En 1909 nous commencions si petitement, avec six élèves à la première rentrée. C’était des parents enthousiastes qui étaient attirés par notre pédagogie et notre ouverture d’esprit. De Frederiksberg, aux alentours de Copenhague, nous partions pour Ordrup vers les années 20, dans l’ancien séminaire des Jésuites, avant d’aboutir en 1930 à la grande propriété de Rygaard, à cette époque vue comme excentrée de la ville, et en pleine campagne. La dernière propriétaire du lieu avait fait planter différents arbres et plantes rares, et nous en profitons encore aujourd’hui. Le plus beau est un hêtre rouge qui atteint le toit de la maison à trois étages et sous lequel s’abritent les enfants, installés sur "le banc de l’amitié". Cela représente bien l’Evangile que nous avions choisi pour la messe de jubilé : la plus petite des graines devient un arbre immense dans lequel viennent se nicher tous les oiseaux du ciel. C’est vrai que nos 850 élèves sont de drôles d’oiseaux venus de toutes les nations sous le ciel !

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La messe d’action de grâce

Parlant de ciel, le miracle a commencé ici : Samedi 19 et dimanche 20, nous avons eu des journées extraordinaires pour la Scandinavie : 26 degrés vers la fin septembre, c’est du jamais vu ! Nous avons vu arriver dans le parc adultes et enfants habillés de toutes les couleurs de l’été avant même 10 heures du matin le samedi 19 : le jubilé s’ouvrait pour les catholiques par une messe festive, célébrée par notre évêque et l’équipe de prêtres qui, au fil des ans, avait défilé dans notre école à des époques diverses. Plus de trois cent personnes s’étaient amassées devant, derrière, sur les côtés, et pour finir, sur les marches de l’autel, où un groupe d’enfants trônait avec bonheur, faute d’avoir trouvé d’autres places. Comme pour le jubilé des sœurs, les enfants de chœur, les prêtres et l’évêque sont entrés en procession au son de la trompette. Là encore, se retrouvaient toutes les nations, avec un bon nombre de professeurs protestants qui se sentaient bien dans cette catholicité de l’Église. La messe - et la journée d’ailleurs - était d’abord centrée sur les enfants. Est-ce que ce ne sont pas les enfants qui font l’école ? La liturgie était en danois - inculturation oblige - et en anglais, mais c’était la liturgie des enfants, avec piano et guitare. Le rythme était entraînant et vigoureux, plein d’une joyeuse simplicité. Un des moments les plus émouvants de la messe a été, après la communion, la remise d’une lumière à tous ceux et celles qui avaient concouru, d’une manière ou d’une autre, à la construction de Rygaard. Trois enfants sont parties donner des lumières entre autres à notre "presque jubilaire" Sœur Margrethe qui fêtera ses 100 ans le 17 décembre. Sr Margrethe a été la premirèe sœur danoise et un pilier important dès les premières années de Rygaard.

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Toutes les soeurs présentes se sont prêtées au jeu de la photo souvenir !

La plupart des 2000 personnes présentes à Rygaard ce jour-là n’avait jamais vu autant de sœurs de l’Assomption réunies depuis 20 ans ! Il nous avait été demandé de nous tenir toutes, lors de l’ouverture du jubilé, sur l’escalier de pierre qui , à hauteur du parloir, domine le jardin : Diana et Katrin, de la communauté générale, Josiane, notre Provinciale, Evelyne, ancienne élève de Rygaard, venue des USA- communauté de Chaparral- Erika, venue de Lituanie, Renate venue d’Italie, Bernadette venue d’Angleterre et Claude Emmanuel, supérieures de la communauté de Rygaard pendant quelques années, et Miriam, venue aussi de Belgique, et qui avait même assumé l’intérim de la direction internationale pendant un an. Nous étions toutes ensemble le reflet vivant de l’internationalité de Rygaard ! A midi précisément, la trompette sonnait de nouveau pour rassembler adultes et enfants dispersés dans tout le parc. Il nous semblait vivre le rassemblement du livre de l’Apocalypse !

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Les retrouvailles
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Attentifs au discours

Une foule immense, qu’on ne pouvait dénombrer, de toutes races, langues et nations, accourant joyeusement au son de la trompette pour se retrouver en face de l’escalier de pierre où les sœurs se trouvaient réunies avec l’équipe de Direction. Sœur Diana prononçait un mot de bienvenue et offrait à l’école un tableau de Marie-Eugénie. Puis, en présence de l’artiste qui avait travaillé dessus des mois durant, un superbe vitrail était dévoilé, montrant, du côté 1909,l’école, une sœur et des enfants - avec l’un des enfants plantant un tout petit arbre, et du côté 2009, l’école agrandie, de nombreux enfants, nichés près de cet arbrisseau devenu un arbre immense, et tout au fond, la petite silhouette d’une sœur de l’Assomption. Tout le monde a applaudi avec enthousiasme, heureux aussi d’entendre qu’il serait posé dans le nouveau bâtiment en train d’être construit dans le parc et aura comme nom : "Marie-Eugénie’s Building".
Puis nous avons assisté au lâcher de 100 ballons blancs et bleus, suivis par des centaines de paires d’yeux émerveillés, s’envolant très haut jusqu’à se confondre avec le ciel....

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Lâcher de ballons
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Journée de fête pour les enfants

Il était temps d’aller déjeuner dans une immense tente louée pour l’occasion, qui pouvait abriter près de 350 personnes. Il y avait trois tournées pour permettre à tous ceux qui s’étaient inscrits de pouvoir manger, un vrai festin ! Et pour les enfants, des glaces et des gâteaux gratuits, du pop corn à profusion.
Nous n’avions pas eu le temps de digérer, que déjà le vieux gymnase se remplissait pour voir le spectacle "L’école a 100 ans". L’une des sœurs fondatrices écrivait les Annales (que nous avons retrouvées en 24 petits fascicules) face au public et les relisait en même temps, se disant : "On ne sait jamais, peut-être ce sera lu dans 100 ans !" Les évènements étaient racontés avec beaucoup d’humour, et 3 petites élèves, habillées dans l’uniforme de costume marin de l’époque, évoluaient sur la scène. Le professeur qui jouait cette sœur était aussi remarquable en anglais qu’en danois, l’heure suivante. Ce qui était ajouté dans les deux présentations, c’était le lien avec le présent : les mêmes sœurs de l’Assomption, avec les mêmes valeurs et la même ardeur pédagogique et spirituelle, à 100 ans de distance. Oui, toujours "Semper Ardens" !

Tout le long des murs du gymnase, se déroulaient, année après année, les cent ans de l’école des Sœurs de l’Assomption : photos des bâtiments, des élèves...devenus aussi parents puis grands-parents, photos de classe avec l’une ou l’autre maîtresse de classe, des fêtes diverses, des jubilés, etc., etc. Dans un corridor adjacent, nous avions aussi pendu aux murs les différents posters des valeurs que nous proposons à l’ensemble de l’école, avec plusieurs réalisations des élèves : des albums sur le respect, l’honnêteté- avec des exemples de leur cru-, fourmillant de créativité et de réflexion.
Il y avait aussi des expositions, des montages de toutes sortes dans les classes, qui avaient été préparées pendant toute la semaine par les élèves et les professeurs : la semaine à thème - le "Tema uge" - qui se déroule pour toute l’école chaque année, était centrée sur le 20e siècle, et faisait découvrir toutes les dimensions de ces 100 ans : les transports, la mode, la littérature, l’histoire, le cinéma, etc. etc.
Enfin, au nouveau gymnase, un spectacle continu, monté par notre professeur de musique, de danses nationales de tous pays : les danses de petites hindoues, à la fois traditionnelles et aussi résolument modernes, exécutées avec beaucoup de grâce, ont été fort appréciées. Enfin, un chœur impressionnant d’environ 150 enfants, a chanté et dansé magnifiquement. Un des chants était délicatement dédié aux sœurs, pour parler de cet Esprit Assomption qui réunit toute l’école, génération après génération.

A 16 heures, nous nous réunissions pour chanter l’Office de Vêpres dans le chœur de l’Eglise. Ce fut un moment fort émouvant de venir prier là où tant de sœurs l’avaient fait avant nous. Mais ce fut tout aussi émouvant de voir un bon groupe d’adultes, de familles, venir s’asseoir dans l’Eglise pour nous écouter et prier ainsi avec nous, au rythme de nos voix et au son de la guitare et de la cithare.

Tout de suite après commençait le deuxième volet de la journée : la soirée pour les anciens élèves et professeurs. Entrant dans le vieux gymnase, nous étions serrés comme des sardines tant il y avait de monde et de générations ! De tout jeunes anciens de 16 ou 17 ans, et des anciennes de 80 ans ou plus ! Un professeur était revenu d’Australie pour participer au jubilé, d’autres arrivaient de Lituanie, d’Angleterre, de Chicago, de New York, de Dubaï, quelle merveille ! Sœur Diana a ouvert la rencontre par une belle réflexion sur les valeurs et l’importance de retourner "à la source", ici, avant tout comme un lieu de vie et de croissance. L’assistance était très attentive.
Que les retrouvailles étaient bonnes ! Anne-Marie et Meryem-Anna ont retrouvé des élèves qu’elles n’avaient pas vus depuis 40 ans ! Des élèves pensionnaires dans les années 39-45 recherchaient Margrethe qu’elles avaient bien connu. Elles se rappelaient très bien comment la gestapo avait "arraché Mère Madeleine" à la communauté (elle avait caché des juifs- surtout des enfants- à Rygaard pendant la guerre). Une dame s’approche de l’une d’entre nous et lui montre une photo d’elle prise dans les années 50- une photo parmi des centaines d’autres collées sur des cartons de couleur- : "Vous voyez, ca c’est moi !" Une petite fille d’une dizaine d’années qui soudain jaillissait de cette dame d’âge mûr... Ces photos avaient acquis une valeur d’intemporalité, presque d’immortalité. Elles représentaient l’enfance de toutes ces personnes qui avaient déjà presque atteint l’autre rive de la vie.

Il y a eu ensuite un grand dîner sous la tente, dans une atmosphère très sympathique. Les groupes se formaient par tranches d’âges et se rappelaient tous les bons souvenirs vécus ensemble. Tandis que la soirée se prolongeait avec un orchestre qui appelait jeunes et moins jeunes à se mettre au pas de danse, nous sommes sagement rentrées sur Høje Taastrup, afin de garder en réserve nos forces pour le lendemain.

Le lendemain ? Et oui ! Pour Rygaard, c’était fini, mais pour Malmö, le lieu de notre petit couvent suédois, ca commençait !
Nous démarrions tôt dans la matinée après l’Office "multicolore" de Laudes, pour traverser le pont reliant le Danemark à la Suède. Après la messe à la paroisse, nous sommes parties nous promener vers le bord de mer qui entoure Malmö, puis nous sommes arrivées à notre petit couvent : Prière en suédois et repas suédois (délicieux !), et nous voilà déjà reparties pour Høje Taastrup où nos sœurs aînées nous retrouvent pour le goûter. Il nous semble encore rêver, tellement nous avons vécu d’évènements inoubliables, intenses, remplis de cet esprit chaleureux et simple de l’Assomption.

Voilà. Il y aurait encore beaucoup de choses à partager, mais cela vous donnera un aperçu de ce que nous avons vécu en congrégation dans notre petite terre scandinave. Nous avons recueilli avec émotion le fruit de 100 années de présence...D’autres ont semé, nous avons récolté et semé à notre tour. Que cette nouvelle semence porte du fruit dans les générations suivantes !

Bien fraternellement,
La communauté de Scandinavie

P.S. Vous pouvez regarder les nouvelles sur la télévision locale (en danois) :

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