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Homélie de Mgr Vingt-Trois pour les obsèques du Cardinal Lustiger

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Le cardinal Jean-Marie Lustiger vient de nous quitter après plusieurs mois d’un long traitement qu’il a supporté avec constance. Les dernières semaines ont été plus particulièrement douloureuses et pénibles pour lui. Je veux d’abord exprimer notre reconnaissance à toutes celles et à tous ceux qui l’ont accompagné au long de ces derniers mois, en particulier au personnel de la Maison Jeanne-Garnier. Nous sommes tous frappés par le chagrin de son départ, même s’il nous y avait préparés depuis quelque temps.

Pour moi, c’est à la fois un père, un frère et un ami que je perds, après avoir reçu la lourde charge de lui succéder à la tête du diocèse de Paris. Depuis deux ans, j’ai pu apprécier d’une manière nouvelle sa délicatesse à mon égard. Toujours disponible pour répondre aux questions que je souhaitais lui poser et me donner les conseils dont j’avais besoin, sans jamais essayer d’interférer dans les décisions que j’avais à prendre ni vouloir s’en mêler de quelque façon.

Pour beaucoup d’évêques de France, de prêtres et de diacres de Paris, c’est celui qui les a consacrés dans leur ministère qui s’en va. Ils savent que ce départ n’est pas un abandon et qu’il continuera de veiller sur eux et de leur être proches.

Pour les catholiques parisiens, c’est un archevêque exceptionnel qui les quitte. Pendant presque vingt-cinq années d’épiscopat à Paris, il a marqué profondément la vie de notre diocèse. Sans cesse, il a eu le souci de relancer la mission des chrétiens dans un monde très changeant. Par ses nombreuses initiatives, il a profondément amélioré les moyens apostoliques de notre diocèse : moyens de formation, moyens de communication, moyens de relations culturels avec la société. Des noms évoqueront longtemps les institutions et les initiatives de son ministère épiscopal : École cathédrale, Radio Notre-Dame, Séminaire de Paris, KTO, Paris-Toussaint 2004, Collège des bernardins, etc.

Pour notre pays, c’est une grande figure qui disparaît. Fils d’immigrés, il avait à coeur de défendre les droits de l’homme dans une société démocratique à laquelle il était profondément attaché. Toujours prêt à intervenir dans les débats publics aux moments difficiles ou importants comme à accueillir discrètement des personnages officiels, il tenait une place particulière dans notre société et dans les débats intellectuels de notre temps, notamment par sa participation à l’Académie française.

Cardinal de l’Église romaine, il a été un conseiller fidèle et discret des papes successifs, tout entier dévoué au service de l’évangélisation dans le monde. Ses nombreux voyages et ses relations internationales donnaient un lustre particulier au siège de Paris. Sa réflexion comme son histoire personnelle l’on conduit a joué un rôle important dans l’évolution des relations entre juifs et chrétiens.

La tristesse de sa famille que nous partageons, notre tristesse, bien naturelle en ce moment pénible, est largement tempérée par l’action de grâce que nous devons rendre à Dieu pour ce qu’Il a accompli par la vie de son serviteur. Nous croyons qu’il entend la phrase de l’Évangile : C’est bien, bon et fidèle serviteur,... entre dans la joie de ton Seigneur (Mt 25, 21).

Mgr André Vingt-Trois
Paris, le 10 août 2007

>> Cliquer pour retrouver tous les textes, et l’hommage au Cardinal Lustiger sur le site du diocèse de Paris

>> Cliquer pour lire le témoignage de Sr Diana, supérieure générale


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