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Fête de la Toussaint - Sr Sophie Ramond

Ordinaire

 

L’antienne d’ouverture de la fête de tous les saints invite à se réjouir car nous célébrons en ce jour ceux qui déjà rassemblés auprès du Père chantent sans fin sa louange. Qui sont-ils ? L’Apocalypse, dans le langage étrange qui est le sien, nous en dit quelque chose. Ils sont ceux qui ont été marqués du sceau qui imprime la marque du Dieu vivant, un signe indiquant leur appartenance au Seigneur. Ils sont une foule immense, d’origines variées. Ils se tiennent devant Dieu et lui rendent gloire pour le salut donné. Ils sont ceux qui sont passés par la grande épreuve de la fin des temps, par la persécution et le martyre. Ils portent des vêtements blancs, signe de la sainteté et de la condition céleste. Cette sainteté, ils l’ont acquise par le martyre, c’est-à-dire en partageant la passion de l’Agneau immolé. C’est pourquoi le texte utilise une expression paradoxale : Ils ont blanchi leurs vêtements dans le sang de l’Agneau. Ils nous invitent, dans la communion des saints, à célébrer Dieu qui sauve, à consentir à nous laisser purifier par son Fils. La sainteté est pour nous tous ; tous nous ne vivront pas le martyre, mais tous nous sommes appelés à participer au don total du Christ et à lui offrir nos personnes en offrande.
 
Saint Jean nous rappelle l’amour dont le Père nous a aimés pour que nous soyons engendrés ses enfants. La venue de Jésus ouvre un passage vers le Père pour ceux qui sont dans le monde. Car le Père a envoyé son Fils non pour juger le monde mais pour le sauver. Une fracture s’opère alors entre ceux qui croient en la parole de Jésus et ceux qui la refusent. Les premiers ne sont pas du monde ; les seconds, en revanche, sont de ce monde. Le terme monde prend alors un sens négatif : il représente l’univers sous l’emprise du mal et qui est incompatible avec celui des disciples de Jésus, où règne l’amour. La sainteté c’est d’abord d’accueillir dans la foi Jésus et de consentir, dans la confiance, au don du Père en son Fils. Les croyants ne saisissent pas encore combien ils ressemblent au Fils de Dieu. Lorsqu’il paraîtra, ils seront transfigurés parce qu’ils le connaîtront tel qu’il est. En attendant, si nous avons cette espérance, il existe un moyen de le connaître : imiter ses manière d’être et d’agir, en nous purifiant de toute compromission indigne de notre vocation et de l’amour que Dieu nous porte.
 
A travers les béatitudes, le croyant s’entend rappeler la vocation reçue, une vocation au bonheur. Les béatitudes sont un discours de révélation, qui dit l’absolue gratuité du salut de Dieu. Elles disent ce que Dieu opère pour l’homme. Il ne s’agit pas d’un programme de Dieu conditionné par la décision humaine mais d’un don ; il ne s’agit pas d’un code de comportement, mais d’un appel à une option de vie fondamentale. Le salut n’est pas à rechercher mais à accueillir. Fondamentalement les béatitudes sont une forme d’expression biblique félicitant celui qui met à profit les dons que Dieu lui fait. La joie annoncée par les béatitudes est ainsi le fruit de l’Esprit : elle n’est ni légèreté ni inconscience. Elle accompagne celui ou celle qui accueille le don de Dieu et qui accepte, au fil des jours, de marcher humblement sur les pas de son Dieu.
 
Cependant les béatitudes ne peuvent être acceptées que par un croyant ayant foi en celui qui parle. Elles annoncent que tout est déjà donné en Jésus-Christ : le Royaume est accompli en lui, mais il n’est pas encore parvenu à son accomplissement en nous. Le projet de Dieu se fait accomplissement progressif dans l’histoire de l’homme. Le bonheur révélé comme présent ne se découvre que dans la mesure où l’homme accepte d’être heureux du bonheur qui lui est procuré par un Autre. L’invitation au bonheur est une invitation exigeante qui met toute l’existence en question et la transforme… Heureux qui y consent !

 

Sr Sophie Ramond, ra
Communauté de Lübeck - France

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