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Fête de la Toussaint - Sr Bénédicte Rollin

Année liturgique 2012-2013 [C]

Le bonheur : pour aujourd’hui ou pour demain ?

Les Béatitudes : un texte bien connu, très simple dans sa structure – 9 distiques bien réguliers, mais pourtant un texte qui n’est pas facile. Pas facile, car son message est paradoxal et déroutant, et donc soulève en nous nos seulement des questionnements, mais aussi des résistances. Pas facile, car on est tenté de le lire, dans la ligne du Sermon sur la Montagne dont il est l’ouverture, comme une "loi", ce qui entraine des malentendus. Pas facile, car il nous ouvre le mystère de Jésus lui-même.

Les Béatitudes sont, en effet, comme un porche pour entrer dans la « mentalité » de Jésus. Lui seul est en droit de faire de telles déclarations paradoxales, car Lui seul est en attitude de don et d’ouverture totale par rapport à son Père. Quand il parle de bonheur ici, il sait ce dont il parle ! C’est sa propre expérience de pauvre, de persécuté, de cœur pur qu’il nous livre. Les larmes qu’il dit bénies, ce sont les siennes devant Jérusalem et devant la tombe de Lazare, larmes de compassion de Celui qui prend sur lui nos fardeaux. La faim et la soif dont il parle, c’est le feu qui l’habite d’étendre le Règne du Père.

Une première manière de méditer l’évangile de ce jour est donc de chercher en quoi il nous brosse pour ainsi dire le portrait de Jésus, ou bien d’écouter ces mots déroutants comme on écoute un témoignage dont on sait l’authenticité.

Il est bon aussi de le placer dans le contexte des quelque 50 déclarations de bonheur qui se trouvent dans le NT : "Heureuse es-tu, toi qui as cru…", "Heureux ceux qui croient sans avoir vu", "Heureux le serviteur fidèle…", "Heureux êtes-vous, si, sachant cela, vous le mettez en pratique", "Heureux vos yeux, car ils voient, vos oreilles, car elles entendent…". Le plus souvent, dans ces béatitudes, sont déclarés bienheureux ceux qui choisissent des attitudes d’accueil et qui se tiennent ouverts à la venue de Dieu, à ses dons, à son œuvre. Espérance, fidélité, pauvreté, confiance en Celui qui est fidèle et qui donne au-delà de toute attente humaine. Quand Marie Eugénie dit : « Ce qui manque à votre joie, c’est ce qui manque à votre sacrifice », on peut comprendre : ce qui vous empêche d’être heureux, ce sont vos attachements, vos mains qui sont fermées sur vos biens (matériels ou spirituels) et qui ne peuvent s’ouvrir au don, au risque, à l’imprévu, au gratuit - à la Béatitude des pauvres.

Une question à se poser pour s’ouvrir au message des Béatitudes est donc : Quelles expériences ai-je déjà de la générosité, des dons inattendus et paradoxaux de Dieu ? Suis-je prêt à m’ouvrir à Ses promesses ?

Et puis les Béatitudes sont une déclaration et une révélation : Jésus nous dit qui est heureux… même peut-être sans en avoir conscience, comme celui qui pleure. Ce bonheur est dit pour aujourd’hui : le futur, dans la langue de Jésus n’existe pas. Les verbes traduisent quelque chose qui est en train de se faire et qui n’a pas fini d’advenir. Il s’agit donc d’un bonheur qui est et pour demain, dans la plénitude de l’accomplissement du Règne, et pour aujourd’hui, dans le partage de la confiance du Fils Bien Aimé.

Une autre question à se poser alors : Suis-je convaincu que Dieu veut mon bonheur ? Ai-je l’expérience qu’Il me rend heureux malgré tout ce qui peut m’arriver. Et si oui, pourquoi aurais-je peur de Ses exigences ?

Sr Bénédicte Rollin, r.a.
Vilnius, Europe du Nord


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