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Fête de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie

Année liturgique 2008-2009 [B]

Le 15 Août, les Chrétiens de l’Inde célèbrent deux évènements significatifs : l’Assomption de Marie et le Jour de l‘Indépendance. Les deux évènements célèbrent la victoire de la liberté et de la plénitude de vie.

Comme nous allons le voir, toutes les lectures choisies pour ce jour ont une dimension de bataille entre les forces du Bien et du Mal. Les récits mythiques et les luttes cosmiques de la Bible sont utilisés pour gagner l’engagement des lecteurs du côté du Bien et de les écarter du Mal. Toutes les lectures se concluent par la victoire de la Vie.

1- Apocalypse 11,19-12,6,10. Le combat entre la femme et le dragon

L’histoire commence quand l’auteur (traditionnellement reconnu comme Jean) voit un signe paraître dans le ciel. Jean voit la figure d’une femme, revêtue de soleil, avec la lune sous les pieds. Douze étoiles autour de sa tête forment une couronne, symbole de la victoire et de la direction (voir Rev.4,4,10). Elle est sur le point de donner naissance à un enfant « qui mènera toutes les nations avec un sceptre de fer »(12,5)[la description est tirée du Ps.2 qui parle du Messie. La version grecque du Psaume 2 dit que le Messie mènera, ou littéralement sera le berger des nations, avec un sceptre de fer (2,9)]. Comme Jean continue à regarder vers le ciel, un monstre rouge feu apparaît parmi les étoiles. Dans la vision de Jean, le dragon a sept têtes et dix cornes. La raison de la haine du dragon contre la femme et son enfant n’est pas établie, mais elle est évidente d’après son apparence : les sept diadèmes sur la tête du dragon indique qu’il aspire à régner. Aussi la femme (qui porte une couronne d’étoiles) et l’enfant (qui doit régner) sont les rivaux du dragon et il faut qu’il les détruise. Le dragon menace l’enfant (le Christ) mais à la fin, c’est le Christ, et non le dragon, qui aboutit sur le trône. Le fait que l’enfant a été « enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son trône » (12,5) signifie l’exaltation du Christ ressuscité, à la droite de Dieu. L’image menace les adversaires de Dieu mais encourage ou console le peuple de Dieu souffrant/persécuté. A la fin de l’histoire, la femme échappe au dragon.

La femme en travail symbolise à la fois Marie et l’Eglise ; l’enfant représente à la fois le Christ et les chrétiens persécutés. Le dragon représente les forces qui s’opposent au Christ et menacent l’Eglise. La vision annonce que les chrétiens qui souffrent (bien qu’ils subissent une terrible défaite aux yeux du monde) triomphent parce qu’ils partagent la victoire de l’agneau crucifié et ressuscité. La victoire finale appartient à Dieu et à ceux qui endurent la souffrance et restent fidèles à la relation d’alliance avec Dieu et les uns avec les autres.

2- 1 Corinthiens 15,20-26. Le Christ triomphe du péché et de la mort.

Paul présente la résurrection de Jésus comme l’assurance et le symbole le plus puissant de la victoire finale de Dieu sur le péché et sur la mort. Paul fait allusion à une bataille finale, un trait typique de l‘eschatologie apocalyptique de la fin des temps. Dans cette bataille finale entre Dieu et les puissances oppressives de ce monde - "toute Principauté, Domination et Puissance" (15,24), Dieu défait ses ennemis. Paul identifie le dernier ennemi de Dieu/ le Christ comme étant la mort (15,26), qui est la conséquence du péché. Paul comprend le péché pas tellement comme une action mauvaise, que comme un pouvoir qui prend le contrôle de la vie de quelqu’un et le retire à la dépendance salutaire de Dieu. Le péché se tient donc en opposition à la foi, qui, pour Paul, se réfère à la vraie relation des humains avec Dieu. Paul assure les Chrétiens de Corinthe de la résurrection des morts, et de la plénitude de vie, à cause du Christ ressuscité qui a déjà vaincu le péché et la mort.

3- Luc 1,39-56. Le magnificat de Marie (riche/puissant opposé à pauvre/pauvreté)

Dans l’Evangile de Luc, nous avons le Magnificat de Marie qui a atteint la totale libération du péché et de la mort..Comme je l’ai écrit dans un de mes récents articles, le chant de Marie se tient dans la grande tradition initiée par les chants de victoire de Moïse, Miriam, Deborah, Anna, David et Judith, et a sa justification dans la délivrance du peuple de Dieu. L’hymne de Marie apporte un renversement radical de l’ordre établi dans les différentes sphères de notre vie, sociale, économique et politique. Le chant de louange de Marie révèle un Dieu qui intervient pour renverser l‘ordre établi, en dispersant les orgueilleux, en renversant les puissants et en renvoyant les riches les mains vides. Elle annonce que Dieu « a regardé la petitesse de sa servante » (1,48). Marie commence par ce que Dieu a fait pour elle (1,46-49) puis passe à ce que Dieu a fait pour toute la famille humaine, de génération en génération, rappelant les promesses de Dieu à Israël (1,50-55). Le chant de Marie met en lumière les plus grandes dimensions du plan universel de salut de Dieu en transcendant :
les limites du temps - toutes les générations proclameront Marie bienheureuse à cause de ce que Dieu a fait en elle (1,48),
d’espace - la miséricorde de Dieu est pour tous ceux qui craignent Dieu (1,50),
et de classe - Dieu se met à la portée des pauvres, des humiliés et des sans ressources (1,52-53).

Marie comme représentative de l’Eglise, le nouvel Israël, ou le nouveau peuple de Dieu, loue Dieu qui a été fidèle à ses promesses envers Israël et envers toute la famille humaine. Nous avons une image de Dieu qui aime les petits et les humbles, et qui exalte les pauvres et nécessiteux. Marie devient donc un agent de l’œuvre de Dieu : œuvre de libération, justice, et plénitude de vie, pour tous et pour toujours.

En l’Assomption de Marie, nous célébrons la plénitude de vie, l’amour et le pardon, la libération du péché et de ses conséquences, la libération de la mort pour la vie éternelle. Dans la glorieuse Assomption de Marie au ciel, nous proclamons la grandeur du Seigneur et célébrons l’accomplissement de notre destinée chrétienne. La célébration de l’indépendance de l’Inde nous rappelle notre grande responsabilité de continuer à combattre pour les droits de l’homme, la justice, la liberté et le bien-être dans tous les aspects de notre vie. La fête de l’Assomption nous donne espoir et assurance que notre rêve de construire une nouvelle communauté - qui soit moins mauvaise et plus bienveillante, moins corrompue et plus juste, moins violente et plus humaine - deviendra réalité !

Rekha M. Chennattu, RA
Province de l’Inde

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