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Le plaidoyer et l’engagement éducatif de l’Assomption

Education

Le plaidoyer et notre engagement éducatif visent le changement des mentalités et la transformation de la société


« L’invitation de Marie-Eugénie à "aimer notre temps" nous pousse à porter notre attention sur les phénomènes de l’écologie et de la migration… à nous entraider à travailler ensemble de manière plus tranchée, nous mettre en réseau avec ceux qui partagent les mêmes préoccupations… » (Fiche Écologie et Migrations du Chapitre Général 2012)


Ce mois de juillet 2016, nous avons participé à l’atelier Vivat-International , "édition Leuven, Belgique". Un atelier organisé pour les membres de cette organisation en France, Belgique et Hollande.
Vivat-International est une ONG qui siège à l’ONU. Elle a été fondée en 2000 par les religieux du Verbe Divin, d’autres congrégations se sont associées à eux et nous, les sœurs de l’Assomption, sommes venues les rejoindre en 2008.
Vivat-International organise des ateliers chaque année en différents pays où des congrégations, membres ou associées, sont présentes. Il y en a eu déjà en Espagne, aux Philippines, en Indonésie, en Équateur, etc. Ces rencontres nous aident à mieux cerner la visée de Vivat et à approfondir les grandes problématiques mondiales qui vont à l’encontre de la dignité humaine.
Vivat œuvre essentiellement par le plaidoyer, c’est-à-dire, le fait de faire remonter aux Nations Unies des situations de violation des Droits de l’Homme, dont nous sommes témoins dans notre travail parmi des gens qui subissent différents types d’injustice. Nous voulons ainsi contribuer à la justice, à la paix et au développement durable aussi bien au niveau des responsables que des Nations Unies.

Pour ce faire, Vivat s’engage dans plusieurs actions :

  • Le plaidoyer, soit au niveau de l’ONU ou des autorités nationales et régionales.
  • Le travail en réseau avec d’autres ONG.
  • La diffusion des informations concernant les Droits de l’Homme dans les différents pays en offrant des éléments qui permettent de faire progresser la réflexion et l’engagement.


Actuellement des branches nationales de Vivat – International existent en Indonésie, Bolivie, Argentine, Inde et Kenya.
Pour les congrégations associées comme nous, la participation à Vivat est une expression visible de notre engagement JPIC-S , et un outil pour le concrétiser.
Pendant l’atelier, nous avons approfondi la signification du plaidoyer, comme "l’ensemble des démarches visant à influencer les décisions des décideurs privés et publics en vue du respect de la dignité humaine de tous, spécialement des plus démunis".
Le plaidoyer est une action qui vise à mettre la pression, à mobiliser et conscientiser l’opinion publique. Il cherche à influencer la presse, les parlementaires et les gouvernements.
Pour nous, Congrégation éducatrices, cette action a une place importante dans l’éducation à la citoyenneté, parce qu’il est urgent de former des mentalités où naissent les injustices, la violence, l’irrespect et toutes ce qui est à l’origine des situations d’abus et de pauvreté... Cela nous invite peut-être à nous laisser interpeller sur la logique entre penser – agir… "…apprendre à balayer d’abord devant notre porte" comme dirait Dom Helder Camara.
Il faut aussi contribuer à créer un environnement favorable pour que les personnes et les projets visant le bien commun, arrivent à se déployer.
Le plaidoyer est une attitude qui demande un discernement constant, une critique réfléchie et constructive, une ouverture au dialogue pour élargir le regard, transformer nos attitudes et prendre des engagements si petit soient-ils, en faveur de la justice, de la paix et du respect de l’environnement.


Au long de l’atelier nous avons eu de très bonnes interventions et témoignages autour des problématiques telles que :

  • le trafic humain sous ses différentes formes (travail forcé, esclavage, mendicité, prostitution, etc.), les structures d’assistance et de lutte contre.
  • le changement climatique et les actions qui peuvent inverser la catastrophe écologique.
  • le mode de fonctionnement de Vivat dans l’ONU, dans les bureaux de Genève et de New York.


Nous avons eu aussi la chance de partager ce que chaque "Congrégation membre" fait en France, Belgique et Hollande. En tant qu’Assomption nous avons partagé comment la priorité JPIC-S est présente dans nos projets éducatifs, que ce soit dans le réseau des établissements scolaires ou dans des projets sociaux où nous collaborons.

Nous vous partageons quelques témoignages de ce qui se fait à l’Assomption en France au niveau social


"Dans le cadre d’ATD Quart-Monde, je vais le mercredi après-midi dans un campement de Roms pour m’occuper des enfants, avec d’autres personnes, nous sommes quatre assez réguliers, et des étudiants se joignent à nous occasionnellement.
Leurs conditions de vie sont très difficiles. Le terrain du camp est un squat, avec perspective d’exclusion. Pas d’eau potable, ils prennent l’eau à la borne pompière. Pour l’électricité : ils se branchent sur le pylône voisin. Pas de toilettes, on va dans le terrain vague voisin.
En période de pluie, le camp est un bourbier difficile à traverser. Parfois les enfants manquent l’école parce que leurs habits lavés ne peuvent pas sécher. La plupart sont inscrits dans des écoles, mais peu sont réguliers.
À travers des actions éducatives que nous organisons nous essayons de les encourager à faire évoluer leur situation : nous commençons par le travail scolaire, ou l’écriture pour les plus petits. Ensuite, nous faisons des jeux éducatifs. Pendant les vacances, nous essayons d’organiser des sorties : le zoo, le parc voisin pour des jeux…".
Sœur Marie Noel Gazel


"Par l’enseignement du FLE (Français langue étrangère) au CPU (coup de pouce universitaire), j’ai été en contact avec des jeunes demandeurs d’asile qui avaient dû fuir leur pays pour avoir la vie sauve, eux et leurs enfants. Un couple du Bengladesh habitant dans un CADA (centre d’accueil pour demandeurs d’asile) peu avant la naissance de leur bébé a pu rencontrer une famille de la paroisse, ils n’avaient rien, le Secours Catholique leur a fourni la layette etc. et aux déjeuners hebdomadaires organisés pour les personnes seules, ils ont rencontré le curé de la paroisse et des paroissiens qui les ont complètement adoptés. Le baptême de Nathanaël a été une très belle célébration animée par la chorale des jeunes avec ensuite un déjeuner de quarante personnes assises, tous devenus des amis du couple en quelques mois, et comme m’a dit Sidney : "maintenant nous avons une famille". Ils ne sont plus seuls pour affronter l’avenir quel qu’il soit.
Une autre famille de Géorgie a deux petits enfants de 7 et 6 ans, ceux-ci parlent parfaitement français, ils sont scolarisés en France depuis deux ans et corrigent même leurs parents qui ont plus de mal à apprendre la langue !!! En communauté, nous les accompagnons, ils nous appellent "grand-mère" ils ont été plusieurs fois déboutés, ils n’ont même plus le titre de réfugiés, pour l’instant toutes les aides leur ont été à peu près refusées. Ils habitent encore une chambre d’hôtel mais pour combien de temps ? Le papa est malade, la maman se bat comme elle peut. Dernièrement ils étaient convoqués à Paris pour leurs papiers, ils voulaient partir en TGV sans payer, ils n’ont pas d’argent. Nous leur avons expliqué que ce n’était pas une bonne idée de se mettre en tort quand on veut obtenir de résider en France ! La Maman a trouvé un autobus très peu cher, mais il faut payer avec une carte bancaire, avoir un ordinateur et une "imprimeuse" !!! Nous avons pu les leur fournir et une de nos amies aide !!! Mais comme dit Katuna "je ne veux pas aider" traduire, "je ne veux pas être aidée" ! Nous admirons souvent leurs sentiments et leur délicatesse. Ils sont de fervents orthodoxes. Nous confions au Seigneur leur avenir !".
Sœur Myriam Selz


Oui, le plaidoyer qui peut être efficace au niveau des "décideurs", passe aussi et surtout par des gestes solidaires au quotidien. Ces actions "font la différence" et transforment la réalité de beaucoup de personnes en leur ouvrant un avenir possible.


Sœur Marie Noel GAZEL, communauté de Montpellier
Sœur Myriam SELZ, communauté de la Guille, Lyon
Sœur Ana SENTIES, secrétariat international d’éducation



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