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Dimanche des Rameaux - Sr Thérèse Agnès

Année liturgique 2012-2013 [C]

Nous le savons : ce Dimanche dit “des Rameaux” ouvre la Semaine Sainte au cours de laquelle nous allons essayer, par grâce, de suivre le Christ jusqu’en sa mort et sa Résurrection.

Notons que les quatre Evangélistes ont relaté cet épisode de l’entrée du Christ à Jérusalem ; il nous est bon de chercher dans la prière de quelle manière nous pouvons nous rendre présent(e) sur la route vers Jérusalem et accueillir Celui "qui vient nous visiter".

Jésus part "en tête". Il nous précède, il marche devant nous, il est le premier, il trace la route que nous sommes invités à prendre. Nous n’avons pas à défricher le chemin, nous sommes invités à suivre le Christ et ce faisant à participer au Mystère du Salut. Nous ne sommes pas seuls sur cette route, nous sommes entourés de nos frères et sœurs, chrétiens ou non, qui entendent au secret d’eux-mêmes, le même appel à la Foi, à l’Amour, à la Joie.

Nous marchons en Eglise, avec la multitude des croyants, qui préfigurent déjà la Jérusalem céleste. La foi en effet, nous permet d’anticiper ce moment où tous les peuples seront rassemblés pour acclamer "le Roi des Rois et le Seigneur des Seigneurs".

Quand nous participerons à la bénédiction et à la procession des Rameaux, entrons dans la Joie des Sauvés. Cette joie, très intérieure et parfois déchirante car elle nous demande de nous décentrer de nous-mêmes (ce qui est une forme de mort intime à nous-mêmes), nous permettra d’entrer plus profondément dans le Mystère de la souffrance et de la mort du Christ. "Dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte…" en reconnaissance pour les miracles qu’elle avait vus. C’est une acclamation d’action de grâce et de Foi. Les disciples reconnaissent en Jésus le Roi qui vient "au nom du Seigneur". Ils l’acclament en lui rendant les honneurs dus au Roi, comme l’avait été Jéhu (2 Rois 9,11).

L’acclamation "Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux", rappelle évidement l’ "armée céleste" qui chantait au moment de la naissance du Christ, "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime" (Luc 2,14). Ce qui était annoncé à la naissance de Jésus par des anges se réalise maintenant plus pleinement et l’acclamation émane des disciples eux-mêmes. Prenons le temps de contempler le Salut à l’œuvre en nous et dans le monde. Nous sommes rendus capables de reconnaître le Christ Seigneur.

Jésus, nous rappelle Paul, reçoit son nom du Père. "Dieu lui a donné le Nom qui est au-dessus de tout nom".

A la suite du Christ, apprenons humblement à entrer dans sa Passion. Jésus s’est anéanti, vidé de lui-même d’une façon que nous ne pouvons même pas imaginer. Ce que nous savons, c’est qu’il ne s’est pas agrippé, cramponné au "rang qui l’égalait à Dieu" et que cet anéantissement est rendu possible par l’Amour qui unit le Père et le Fils. Jésus sait qu’il ne peut perdre son "identité divine" et il nous apprend ce qu’est la confiance totale, indestructible. "Le Père est toujours avec moi, il ne me laisse jamais seul".

Nous avons peur de la souffrance, du combat et nous nous attachons misérablement à nos médiocrités, nos conforts, nos illusions (dont nous sommes même parfois conscients !), parce que nous pensons que tout cela est mieux que la mort et nous craignons tellement de mourir à nous-mêmes, à notre image, à l’image que nous pensons que les autres se font de nous, à tout ce que nous fabriquons de nos propres mains.

La contemplation du Christ entrant résolument à Jérusalem, entrant librement dans la mission que le Père lui confie nous donnera paix et joie.

Nous ne pouvons échapper à la souffrance ; elle est un mystère et elle est notre lot.

Le Pape François, dans son homélie du 14 mars, dans la chapelle Sixtine nous le rappelle vigoureusement : "Quand nous marchons sans la Croix, quand nous édifions sans la Croix et quand nous confessons un Christ sans Croix, nous ne sommes pas disciples du Seigneur : nous sommes mondains, nous sommes des Évêques, des Prêtres, des Cardinaux, des Papes, mais pas des disciples du Seigneur".

C’est aussi l’expérience du prophète Isaïe : "Je n’ai pas résisté, je ne me suis pas dérobé, je ne me suis pas laissé abattre … je sais que je ne serai pas confondu".

Entrons avec cette même confiance dans cette Sainte Semaine et avec la foule des disciples acclamons notre Roi.

Ils élèvent des rameaux. A chaque Eucharistie ; nous sommes invités, à "élever notre cœur" et nous répondons "nous le tournons vers le Seigneur".

Demandons cette grâce les un(e)s pour les autres.

Bonne fête de la Pâque !

Sr Thérèse Agnès, ra
Philadelphie, Etats-Unis


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