Dimanche de Pâques

Temps pascal

- Le mot d’explication :

Les Evangiles rapportent que la Résurrection a eu lieu le troisième jour, avant le lever du soleil. Le jour de la Résurrection est aussi le premier jour de la semaine, notre dimanche. Or, Genèse 1 raconte que Dieu crée la lumière le premier jour de la semaine. Les Evangiles soulignent ainsi que la lumière créée par Dieu le premier jour de la semaine de notre monde resurgit de la tombe quand Jésus ressuscite des morts. Le jour de la Résurrection est le premier jour de la première semaine du monde sauvé par Jésus-Christ, le premier jour de la nouvelle création. C’est pourquoi, nous pouvons chanter l’action de grâce du psaume : Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie, alléluia !

- Méditation :

Les évangiles racontent que, le premier jour de la semaine, les femmes vont au tombeau et le découvrent vide... Les femmes trouvent la pierre roulée et ne trouvent pas le corps ! Les évangiles ne décrivent jamais le moment de la Résurrection. Ils parlent plutôt de ces expériences où les hommes et les femmes qui ont suivi Jésus découvrent que l’histoire ne s’est pas terminée quand la pierre a scellé le tombeau où est enterré le Crucifié. Le corps n’est plus dans le tombeau : dans l’évangile de Jean, c’est cette absence que le disciple bien-aimé voit et sur elle qu’il fonde sa foi... En Marc, c’est sur cette absence que le messager divin s’appuie pour solliciter la foi des femmes : Il est ressuscité : il n’est pas ici.
Marc nous dit que Marie de Magdala et Marie, mère de Jacques, avaient suivi Jésus jusqu’au dernier moment. Elles étaient présentes lors de son ensevelissement (15, 47). Elles ont en quelque sorte succédé aux disciples enfuis lorsque que Jésus a été arrêté (14, 50). Et voilà qu’elles se rendent au tombeau pour embaumer le corps. Elles se demandent comment elles pourront enlever la pierre qui ferme la tombe : pour elles, le tombeau doit s’ouvrir, non pour réveiller et libérer un mort, mais pour qu’un corps soit embaumé. Or elles trouvent la tombe déjà ouverte et vide... La tombe n’est plus fermée sur la mort, elle est ouverte à la vie. Mais elles ne comprennent pas. Alors un jeune homme en robe blanche leurs dit que celui qu’elle venait embaumer n’est plus là. La preuve en est... l’absence du corps... Il n’y a ni apparition, ni suaire... seulement un manque, l’absence du corps qu’elles étaient venues honorer. C’est sur ce manque qu’elles sont invitées à fonder leur foi en la résurrection de Jésus, sur cet indice qu’elles doivent annoncer la bonne nouvelle aux disciples.
Mais les femmes n’iront pas annoncer la bonne nouvelle car elles ont peur... Voilà la conclusion de l’évangile de Marc. En effet, les versets 9-20 ont été vraisemblablement ajoutés à un récit initial qui s’arrêtait en 16, 8. Deux arguments essentiellement vont en ce sens : des manuscrits importants ne possèdent pas les versets 9-20 ; il y une rupture entre le verset 9 et ce qui précède, les personnages passants, sans raison apparente, de trois femmes à Marie de Magdala qui est seule. Outre le fait que ces versets se distinguent également du reste de l’évangile par leur style et par leur vocabulaire, on note surtout qu’ils sont un « résumé » des apparitions du ressuscité rapportées dans les trois autres évangiles (voir Jn 20, 1ss ; Lc 24, 13-35 ; Mt 28, 16-20). Etrange paradoxe d’un évangile qui se conclut sur la fuite des disciples et le silence peureux des femmes !
Pourtant tout n’est pas sombre : Il est ressuscité : il n’est pas ici, dit le jeune homme et il nous faut bien admettre que la bonne nouvelle nous est parvenue jusqu’à aujourd’hui ! Le Ressuscité est en Galilée où il précède et attend les disciples. Il nous précède et nous attend dans nos vies quotidiennes. La Galilée renvoie au début de l’évangile, quand tout a commencé pour les disciples ; c’est là qu’il leur faut tout recommencer... recommencer à marcher, prêcher guérir... et pour nous l’invitation est de recommencer à lire l’évangile et les signes des temps à la lumière du tombeau vide... C’est à la foi en sa présence invisible mais agissante que nous sommes appelés.

- Seigneur, la bonne nouvelle que nous annonce Marc est que chacun est invité à rencontrer le Ressuscité là où il se révèle à lui, sur le chemin de l’existence quotidienne. Augmente notre foi en ta présence en notre histoire, discrète mais amoureuse.

© Sr Sophie Ramond, r.a.

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