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Congo RDC Kinshasa, avec les jeunes du quartier

Afrique

Au Congo, une expérience d’éducation transformatrice et écologique Assomption avec les jeunes du quartier

"Rien n’est plus important que la terre elle-même"
Proverbe d’un paysan

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Devant l’établissement scolaire

L’expérience de préparation aux vœux perpétuels à Auteuil en 2014, m’a largement éclairée sur bien de dimensions. La plus touchante était celle de l’écologique où chacune était invitée à prendre soin de notre "mère terre" qui nous porte, et à entretenir la nature. Après la session, j’ai senti un appel à travailler à la transformation des personnes et de la société dans notre petite sphère, en l’occurrence notre quartier. "Chaque personne est un administrateur de la terre et de la nature". Nous sommes invitées à être au service de la nature et d’en prendre soin, à l’écouter et non la tuer, surtout la respecter. Nous savons bien que si nous ne prenons pas soin de notre terre, elle se retourne contre nous. L’insalubrité de notre environnement est la cause de nombreuses maladies dans notre pays, en particulier et en Afrique, en général.

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Tous au travail

Je voudrais partager l’expérience que nous sommes en train de faire, avec les jeunes de notre quartier, dans la commune de Lemba, à Kinshasa. Au retour de la session d’Auteuil, en voyant les ordures, des sachets, des morceaux des verres cassés, des bouteilles en plastique, tout ce qui trainait dans la rue et dans le caniveau de notre rue ; j’ai eu une rencontre avec dix jeunes garçons de notre quartier. Cette rencontre consistait à réfléchir sur comment travailler pour rendre notre quartier propre et comment conscientiser nos voisins pour qu’ils ne jettent plus les ordures devant notre portail. J’ai pris le temps d’écouter chaque jeune et de récolter leurs idées. Il fallait commencer un travail de conscientisation avec eux pour qu’ils prennent conscience que la propreté commence d’abord chez soi, dans sa maison, son quartier.

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Réunion de travail

Ce n’est pas la Mairie, en particulier ni l’Etat, en général qui viendront mettre la propreté dans notre quartier ou devant nos maisons, si nous ne le faisons pas. C’est à nous de commencer à le faire avec nos moyens. Après cela, j’ai demandé à chaque jeune s’il voulait travailler avec moi gratuitement à la salubrité de notre quartier. Neuf ont donné leur accord. Le 6 septembre 2014 j’ai commencé le travail avec eux comptant sur l’encouragement de toute la communauté.

Parmi eux, il se trouve un étudiant qui fait des études sur l’environnement et trois élèves du secondaire. Quatre ont fini les études secondaires et sont désœuvrés, faute de moyens. Un n’a pas eu des possibilités d’étudier. L’âge du groupe varie entre 14 et 25 ans.

Les jeunes se sont rendus disponibles pour ce travail. Ils rendent aussi service à l’école et en communauté selon leur possibilité. Quand ils font un travail en communauté, les sœurs les motivent et les encouragent en leur donnant une petite somme d’argent. Pendant la clôture du jubilé, ils ont assuré la sécurité tout au long de la fête. C’est une grande joie pour les sœurs d’avoir des jeunes proches de nous et qui peuvent nous aider. Les jeunes eux-mêmes disent qu’ils se sentent valorisés par les sœurs, alors qu’ils traînaillaient dans la rue, pour la plupart. Ils témoignent de l’amour, du respect et de la confiance que chacun reçoit de la part des sœurs. Même la communauté de Limete (1) les invite à mettre la propreté dans leur communauté et leur donne une petite somme pour les encourager. Ils ont donc dépassé notre quartier pour rendre service.

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Soigner les incidents

Pour comprendre, il faut dire que la gratuité n’existe plus dans nos sociétés en quête des possibilités pour survivre. Ceux-ci ont mordu à l’idée de travailler gratuitement à la propreté de la terre. Aujourd’hui, nous avons commencé ensemble à semer des légumes dans notre jardin, ils en sont responsables. Ils en récoltent pour manger avec leurs familles ou pour vendre et avoir un peu d’argent. C’est le fruit de leur travail. Ils en sont fiers. Je les aide avec mes connaissances car j’ai commencé cette année des études d’agronomie. La passion de la terre que la session a fait naître en moi m’a poussée à demander cette possibilité d’études à ma Région (2).

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Récolte du jardin potager

Il faut souligner que les sœurs les encouragent beaucoup car ils sont influencés négativement par leurs amis et même leurs familles à abandonner cette activité gratuite. J’ai fait de temps en temps un travail de discernement avec eux pour décider d’arrêter ou de continuer. Ils choisissent de continuer à travailler. Nous travaillons avec des pauvres moyens de la communauté car la mairie nous dit qu’elle n’a pas du matériel à nous donner (houe, machette, bêche, pèle, râteau, arrosoir, botte ...). Pourtant, le groupe met de la propreté sur une partie de son territoire. Un beau jour le Maire, lui-même est venu nous encourager. Il est content de ce travail mais pas plus. Pour les jeunes, ils apprennent la valeur de la gratuité et la passion de travailler pour la propreté de notre terre. C’est déjà une victoire !

Sœur Lutangu Bamanisa Céléstine
Communauté de Lemba, Kinshassa
(CONGO RDC)

 

(1) - Une autre communauté des sœurs de l’Assomption a Kinshasa
(2) La Région de l’Afrique Centrale comporte 2 pays : le Congo et le Cameroun.



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