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Baptême du Christ - Sr Bénédicte Rollin

Année liturgique 2013-2014 [A]

Une rencontre d’une grande douceur

Le texte d’aujourd’hui est court, c’est un récit simple et paisible qui fait contraste avec le contexte immédiat : avant il y a la prédication abrupte, violente même, de Jean Baptiste annonçant le jugement par le feu (trois fois évoqué 3,10.12) ; après il y a le combat de Jésus contre l’Ennemi dans l’âpreté du désert.

Ici, après le bref échange entre Jésus et Jean nous sommes soudain dans l’espace d’une rencontre d’une très grande douceur entre le ciel et la terre. Jésus dit à Jean : « Laisse faire maintenant », et voici que la justice annoncée par le Précurseur va s’accomplir dans un laisser-faire, un abandon du Fils à l’amour du Père dans l’Esprit.

Prenons le temps de nous tenir dans le lieu de cette rencontre, à regarder et écouter le dialogue entre le Père et le Fils dans la douceur de l’Esprit.

Le Fils est entré dans l’eau de la mort, dans l’eau où il « baigne » dans le péché de ses frères et sœurs en humanité. C’est quand il a accompli ce geste de totale solidarité que le ciel s’ouvre. Le ciel qui s’ouvre est une métaphore du prophète Isaïe signifiant l’intervention tant attendue de Dieu venant à la rencontre de son peuple et se réconciliant avec lui (Is 63,19).

Ici la rencontre se passe entre le Père et Celui qui s’est identifié au peuple pécheur. Sur Lui se pose le regard d’amour du Père. Dans ce Fils repose "tout l’amour" du Père, l’amour-miséricorde-fidélité dont parle l’AT (hesed, hanan, emet). Tout cet amour est dans Jésus. Notre regard scrute alors Jésus dans tout l’Évangile : comment cet amour divin infini, inimaginable, incompréhensible, se révèle-t-il en lui, dans un corps, des gestes, des mots, une mort d’homme.

En retour Jésus regarde et il voit les cieux s’ouvrir, l’Esprit descendre, il entend la voix du Père, les mots qui lui sont adressés : "Mon Fils bien-aimé, celui qu’il m’a plu de choisir…". Entrons dans le regard de Jésus, dans son écoute. Goûtons avec lui ce choix aimant du Père, la bénédiction de l’Esprit qui descend sur lui.

Mais ce qui est dit ici ne concerne pas seulement le Fils unique, car il est le "Premier né d’une multitude" de frères et sœurs et il nous donne le pouvoir de devenir enfant de Dieu comme lui. Laissons-le donc nous inviter à entrer dans cette intimité trinitaire. N’est-ce pas cela qui nous est réellement arrivé le jour de notre baptême ? Revenons en ce jour à cette grâce inépuisable.

Sr Bénédicte Rollin
Vilnius, Europe du Nord


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