Assomption - Sr Bénédicte Rollin

Année liturgique 2012-2013 [C]

La hâte, la rencontre et le chant

L’évangile de ce jour est celui de la Visitation. Un texte bien connu, surtout les versets du Magnificat, mais la liturgie nous invite à le relire aujourd’hui dans une autre perspective, avec toute sa profondeur, « en trois dimensions » pour ainsi dire. Il peut se méditer en trois moments qu’unit un même climat d’allégresse.

Le premier moment est dynamique :

la hâte de Marie se rendant de Nazareth aux montagnes de Judée. Dans l’évangile de Luc, cette hâte marque toujours la réponse à l’inattendu joyeux du Salut. Elle fait écho à celle d’Abraham accueillant l’hôte divin (Gn 18,6.7), à celle des enfants d’Israël fuyant vers la liberté (Ex 12,33.39) et à celle du Bien Aimé courant chez l’Elue (Ct 2,8). Comment rester « dans ses pantoufles » quand le Sauveur est né dans ton village (Lc 2,16), quand ton fils perdu revient (15,20) quand ta maison, un repaire de pécheurs interdit aux bonnes gens, est visitée par le Seigneur lui-même (19,5.6), quand le tombeau fermé est devenu resplendissant de la Résurrection (24,12), quand ton cœur brûle d’une Présence et d’une Parole (24,33) ? Marie est la première à courir dans l’évangile. Qu’est-ce qui la fait se hâter ainsi ... Ne serait-ce-pas ce même élan qui fait de sa mort un passage en Dieu ?

Le deuxième moment est une rencontre.

Marie, femme de relations par excellence. Marie est elle-même relation au sens le plus fort du terme, elle qui re-lie Dieu et l’humain dans sa propre chair de mère, elle qui re-lie la Terre de l’Exode et la Patrie dans son Assomption ? Son Assomption nous la rend proche à jamais, prompte à se tenir à nos côtés « maintenant et à l’heure de notre mort ». Comme pour Elisabeth, la rencontre avec Marie éveille en nous l’Esprit et la joie. Il est bon de se laisser rencontrer et saluer par Marie, avant même de lui dire : « Je vous salue »…

Le troisième moment est un chant.

Un chant où s’unissent la joie intime et personnelle de Marie et la joie des pauvres, objet de l’amour préférentiel de Dieu. Chant qui embrasse toute l’histoire humaine et la destinée de tout un chacun. Chant d’espérance pour l’Eglise, peuple de pèlerins, danse d’allégresse éternelle pour Marie contemplant dans son Assomption la victoire de Dieu. Laissons la Vierge être ici notre coryphée !

Entrons dans sa joie.

Bénédicte Rollin, ra
Vilnius, Europe du Nord


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