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8 mars 2009 : pour la fête de Sainte Marie-Eugénie de Jésus

Messages de la supérieure générale

Très chères sœurs
et chers Amis de l’Assomption,

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Soeur Diana, Supérieure générale

Je viens vous souhaiter une bonne fête de Marie-Eugénie au lendemain de mon retour du Congo et du Cameroun où se vivent fortement les effets de la crise économique mondiale venant accentuer une souffrance déjà présente.

Je crois qu’il peut convenir, en ce temps de crise économique et socio-politique, d’honorer la mémoire et l’héritage de Marie-Eugénie en réfléchissant sur quelques-unes de ses pensées écrites à des moments difficiles de la société même si celle-ci était bien différente de la nôtre.

A QUELLE ACTION, A QUELLE FOI, SOMMES-NOUS CONVOQUÉS EN CETTE FÊTE DE MARIE EUGENIE 2009 ?

Je me propose de mettre en relief quelques citations de Marie-Eugénie en lien avec des Orientations du Chapitre général 2006 et aussi avec l’une ou l’autre pensée exprimée par des auteurs contemporains - particulièrement un ouvrage écrit par deux auteurs congolais et camerounaisJ [1].

- Marie-Eugénie a vécu dans des contextes difficiles de révolutions, de guerres. Elle savait détecter les racines du mal lorsqu’elle écrivait au P. d’Alzon le 6 Juillet 1842 : " Si d’ici à quelques générations, cette race (nous pourrions dire "nos pays, nos cultures, nos systèmes économiques") ne sort pas de son égoïsme et n’apprend pas à faire des sacrifices, on lui en fera faire de terribles ".

Elle savait détecter les racines du mal. Avons-nous en communauté et avec les laïcs, là où nous sommes, "analysé les racines structurelles" du mal dans nos pays comme nous y invite la Fiche du Chapitre général 2006 "Justice, Paix, Respect de la Création et Solidarité" ?

- Marie Eugénie savait aussi lire les signes des temps et n’hésitait pas à dire : " Personne plus que nous n’a été fondé en vue de cette société de l’avenir dont nos vœux hâtent l’avènement. " (Lettre au P. d’Alzon le 25 Mars 1848). Bien sûr le contexte social était fort différent, mais ce qui est impressionnant, c’est que Marie Eugénie était persuadée que le charisme de l’Assomption était en soi une réponse à ce que cherchait la société où elle vivait.
Pour elle, notre foi se vérifie dans l’action. Le vécu d’un charisme, d’une spiritualité et des vœux, peut promouvoir de "nouvelles logiques sociales et de nouvelles rationalités pour l’action" [2]. Il nous faut croire à la fécondité de notre foi, de nos vies, et de nos œuvres d’éducation et de formation humaine. Une fécondité que leur donne l’Esprit. Je cite la préface de ce même livre écrite par le Pasteur Simon Olivar Njami-Nwandi : "cette foi là (une foi inébranlable en Jésus-Christ) ne va pas sans une nouvelle évangélisation : celle qui consiste à faire de l’Evangile une stratégie de combat public, une énergie qui irrigue toutes les structures sociales et toutes les activités humaines en vue de l’émergence de l’humain en l’homme et de l’humanisation de la société" [3].

Une fois de plus nous trouvons l’Incarnation (Cf. Chap. noël 2008), ce mystère où Dieu se fait homme pour nous sauver de tout ce qui est inhumain ou de ce qui n’est pas à l’image du Dieu fait homme en Jésus-Christ.

- Marie Eugénie encore. Elle écrit au moment de la guerre de 1870 : " Tous les jours je veux vous écrire mais les évènements se pressent de telle sorte qu’à les entendre, à prendre conseil, à rester là le cœur serré, à prier, à penser, se passent les journées en ne faisant pas le quart de ce que l’on voudrait. " [4].

Oui, laissons nos cœurs se serrer, laissons monter notre foi dans la prière des psaumes et dans une adoration qui nous plonge dans la réalité.

- Comme toujours dans des situations limites, nous sommes appelés à l’Espérance, vertu théologale et don de Dieu. Nos réponses dans ces situations visent une Promesse et s’appuient sur elle plutôt que sur nos propres ressources et forces. Marie-Eugénie avait peut-être cette intuition quand elle encourageait des actions tranchées dans une petite sphère . Même de modestes réalisations peuvent servir de "modèles en vue de nouvelles actions" [5].

Au début du Carême nous avons entendu la voix solitaire de Jean le Baptiste qui criait dans le désert. Ce n’est pas la taille ni la grandeur de l’action qui la rendent prophétique. Après tout Jean le Baptiste était une voix qui criait dans le désert ! Il était seul.

De cette crise, nous pouvons tirer cette conviction que la politique, l’économie, les programmes sociaux, les budgets nationaux, ne sont pas des terrains neutres. Nous sommes sur le terrain de l’éthique ; il y a un audit moral à effectuer, par exemple, sur les budgets nationaux où il faut nous demander quel sort est réservé aux plus pauvres et aux plus vulnérables, aux enfants et aux personnes âgées ? Qui est bénéficiaire ? A quelles valeurs a été donnée de l’importance ? Égalité de chances ? Avenir des jeunes ? Environnement ? Lutte contre la maladie ? Eau potable ? etc [6].

L’ouvrage cité dans cette lettre démasque "les problèmes de l’effondrement de l’énergie créatrice par manque de système d’éducation et de formation des hommes et des femmes à leur responsabilité citoyenne" [7].

Soyons des citoyennes et citoyens responsables qui portent à nos sociétés la Bonne Nouvelle en paroles et en actes.

En cette fête, encourageons-nous donc à l’action, faisons nôtres les consignes de la Fiche JPIC-S !

Avec tout le Conseil, je vous souhaite encore une bonne fête. Que l’Esprit élargisse les espaces de solidarité dans nos coeurs, dans nos gestes, nos attitudes, nos décisions.

Unie dans l’affection et la prière,

Sœur Diana
Supérieure générale
Paris, le 8 mars 2009

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Français

[1.B. KENMONGUE, KÄ MANA, Pour la vie en abondance, Bafoussam,Cameroun, CIPCRE-Edition, 2002.

[2Ibid, op.19

[3Ibid., p. 21

[4Lettre du 26 Août 1870 à Sœur Marie de Jésus

[5Ibid., p. 27

[6Cf. Jim WALLIS, Sojourners magazine, Site www.sojo.net

[7J.B. KENMONGUE, KÄ MANA, op. cit. p. 27



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