7e Dimanche du temps ordinaire - Sr Thérèse Agnès

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Jamais nous n’avons rien vu de pareil ! 

Comment faire ?
- Isaïe nous ouvre une voie : « ne pensez plus aux choses passées », ne ressassez pas votre vie : vos rancoeurs, vos regrets, vos frustrations, vos péchés, vos désillusions, vos souffrances …
Ne vous installez pas en ce qui vous fait souffrir ; pourquoi ? « parce que je vais faire du nouveau » dit Dieu
Dieu connaît les chaînes avec lesquelles nous nous lions nous-mêmes, il sait que nous sommes pécheurs, étroits dans nos pensées et dans nos cœurs. Lui-même ne tient pas compte du mal, son amour pardonne c’est-à-dire « efface le passé » comme nous le chantons parfois. « Je ne me souviendrai plus de tes fautes ».
Ceci semble contredire ce que l’Ecriture, surtout dans le Livre du Deutéronome, nous redit souvent : « Souviens toi » ; Israël est invité à se souvenir de la tendresse et de la puissance de l’action aimante et salvatrice de Dieu à son égard, pour Israël et pour l’humanité.
Même invitation de la part de Saint Paul : « Souviens-toi de Jésus Christ ».
Se rappeler la tendresse de Dieu en nos vies est aux antipodes de la complaisance avec laquelle nous nous installons (nous demeurons) dans nos fautes ou nos culpabilités, ou nos tristesses.
Choisir de favoriser – au point de donner priorité à – le souvenir du don de Dieu en nos vies. Là est la source de l’Espérance. « L’Espérance, purification de la mémoire » et Benoît XVI évoque le souvenir de Sainte Bakhita :
« La purification de la mémoire est, peut-être, le témoignage le plus vif et original que nous transmet l’ex esclave soudanaise, canonisée le 1er octobre de l’an 2000. Bakhita n’oublie jamais son passé d’esclave, elle ne l’enterre non plus, ni le laisse de côté, elle ne perd jamais le souvenir du mal qu’elle a subi. Par contre, elle en transmettra le récit pendant toute sa vie, comme une manifestation de la miséricorde divine, relisant son histoire à la lumière de sa rencontre libératrice avec le Christ. La sienne est une vraie purification de la mémoire, qui donne un nouveau sens au péché, aux injustices, à la souffrance. La foi chrétienne transforme, en Bakhita, une expérience d’esclavage, de désintégration, de désespoir, en un chant d’espoir et de gratitude. ».
 
Choisir de laisser Christ transformer les souvenirs douloureux de nos vies en « chant d’espoir et de gratitude »
- Nous en sommes rendus capables par « Celui qui nous affermit dans le Christ et qui nous a donné l’onction, Dieu » proclame Saint Paul dans la seconde Lecture.
C’est un choix que nous sommes invités à faire, qui nous désinstalle de nous-mêmes et nous fait passer à travers une mort intime à nous-mêmes. C’est aussi choisir de ne pas entretenir en nous le oui et le non en même temps.
Choisir de dire un vigoureux Oui à l’Espérance et un non moins vigoureux Non à ce qui nourrit le ressentiment et la tristesse.
 
- Ce nouveau qui « déjà paraît », pourquoi donc ne le voyons-nous pas ?
Peut être parce qu’il est « nouveau » justement, hors de nos habitudes de pensées, de nos pseudos connaissances de Dieu.
A l’image des Pharisiens qui « savent » ce que Jésus est autorisé à faire et ce qui lui est interdit de dire. Ils ne savent pas le plus important : cet homme Jésus qui « remet les péchés » du paralytique est réellement Dieu.
 
En ce 7ième Dimanche du Temps ordinaire, laissons-nous conduire là où nous ne savons pas par la Puissance de l’Esprit en nous.
 
Nous serons dans la « stupéfaction ». Nous rejoindrons le chœur des humbles et avec eux, nous chanterons la Gloire de Dieu : Nous n’avons jamais rien vu de pareil ».
 
Sr Thérèse Agnès, RA
Philadelphie - Etats-Unis

 


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