Vous êtes ici:

6e dimanche du temps ordinaire - Sr Bénédicte Rollin

Année liturgique 2014-2015 [B]

« Si tu le veux … »

Le texte de l’évangile de ce jour vient en fin de la section appelée par les exégètes « la journée de Capharnaüm » (1,21-45) et il en est la culmination. Mc nous a montré Jésus allant vers tous, en tout lieu, synagogue, maison, rue, rejoignant chacun, homme ou femme, dans sa maladie ou son aliénation ; Jésus aussi se retirant au désert la nuit pour prier, dans sa mystérieuse communion avec le Père et l’Esprit révélée au baptême (1,10-11). Tout cela est la mise en œuvre de la première annonce, le seul discours que Mc a mis sur les lèvres de Jésus au début de sa vie publique : « Le temps est accompli, le Règne de Dieu s’est approché. Convertissez-vous et croyez à l’Evangile ! » (1,15)

Porteur du Règne, Jésus est ici face à face avec le Mal par excellence, la lèpre, cette maladie considérée comme le signe de l’emprise du péché dans la personne, une malédiction inexorable excluant sans rémission de la communion avec les autres et avec Dieu même. Le malade est un mort vivant. La situation rappelle celle du début de la section et forme inclusion avec elle : à la synagogue Jésus, s’est affronté à l’esprit impur, l’a forcé à se révéler et a libéré le possédé de son aliénation.

Maintenant le « Saint de Dieu » de nouveau rencontre l’Impur.
Mais cette fois-ci Mc dirige notre regard vers le malade en soulignant sa démarche. Cet homme, bravant les interdits, s’approche et, avec le courage des désespérés, supplie : « Si tu le veux, tu peux me guérir ! » « Si tu veux »…admirable prière où l’homme, qui ne semble pas douter de la puissance de Jésus, se décentre de son propre besoin et fait appel au désir de Dieu !

Son abandon confiant rencontre le désir de Jésus : « Je le veux, sois purifié. » Ce désir de salut est tel que Jésus enfreint le tabou de la Loi et touche le lépreux. Comme souvent, Mc mentionne explicitement le contact physique entre Jésus et les malades. La contagion fonctionne… mais dans le sens inverse de ce que l’on pourrait attendre. La sainteté de Jésus assainit le pécheur.

Mais à quel prix … ? En 5,36 Mc mentionne que Jésus ressent dans son corps le don qu’il fait, « une force qui sort de lui ». Mt commente les guérisons en citant Is 53,4 : « C’est lui qui a pris nos infirmités et s’est chargé de nos infirmités » (Mt 8,17). Paul dira que Dieu l’a fait péché pour nous.
La fin du récit va discrètement dans ce sens en indiquant que Jésus s’est attiré en quelque sorte la tare des lépreux, car « il ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville ».
Le désir du cœur de Jésus est beaucoup plus que de soulager les malades, il est de prendre sur soi tout le mal de l’homme afin de rendre à celui-ci sa splendeur première d’enfant de Dieu.
 
Sr Bénédicte Rollin, ra
Vilnius, Europe du Nord

Dans la même rubrique


Ajouter un commentaire



Informations légales

Ce site est édité par "Religieuses de l’Assomption" :

Ecusson
  • Religieuses de l’Assomption - 17, rue de l’Assomption 75016 Paris - France
  • Tél +33 (0) 1 46 47 84 56
  • Fax + 33 (0) 1 46 47 21 13

Derniers articles

S'inscrire à l'info-lettre