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50 ans jubilé Cameroun : témoignage de Constance Odile Mbatoumou, Ancienne

2017-2018 Jubilé d’or de la fondation du Cameroun


Je vous prie d’observer un moment de silence pour une pensée pieuse à l’adresse de celles et ceux d’entre nous partis en cours de route. Je pense à nos camarades, Blondine Gisèle Mbazoa, Marie Louise Ambani, Micheline Jeannette Ngamba, Marie Claire Mbarga, Jeanne Eyenga, Marie Thérèse Mballa... et bien d’autres dont nous n’avons plus jamais eu de nouvelles. Ma pensée va aussi à l’endroit de nos chers parents disparus, eux qui ont travaillé dur pour que notre séjour parmi les sœurs de l’Assomption soit des plus fructueux, Aux époux de certaines anciennes, à quelques uns de nos enfants défunts .... A Sœur Marie Saint Paul, à Maman Dorothée notre cuisinière, Alexandrine la surveillante d’internat, à Jacqueline ménagère chez les sœurs... Ma dernière pensée vole vers nos amis, qui auraient voulu faire partie des Amis/Laïcs de l’Assomption. Ils ont gravi chaque mois avec nous les collines de Mvolyé. Je les ai nommés : Ambroise, Luc, Honorine.
Que le Seigneur daigne leur ouvrir les portes de l’Eternité, au Nom du Père ...

Introduction


1968, une date inoubliable dans l’histoire des Religieuses de l’Assomption et de Nkum Ekyé. C’est une période au cours de laquelle on parle de l’émancipation de la femme au Cameroun et dans le monde. Ainsi comme la Sainte Marie-Eugénie, la fondatrice de leur congrégation, les quatre religieuses, de quatre nationalités différentes qui débarquent à Nkum Ekyé à cette date, ont manifesté leur confiance en la capacité de la femme d’être une actrice majeure dans la transformation de la société. Elles optent donc pour l’éducation des filles. Aussitôt, elles procèdent au recrutement de la première promotion.
La supérieure est de nationalité belge, nous l’appelions affectueusement Sœur Ma Mère. Plus tard, nous saurons qu’elle se nomme Monique, une française du nom de Marie-Danielle Romet, directrice du collège en création, Sœur Claire Myriam, une italienne, future professeur de mathématiques, Sœur Carmen, une espagnole, professeur de couture, elle exerce au sein de la communauté, d’autres fonctions. Car elle s’occupait de l’intérieur à l’instar de la cuisine, la lessive. Plus tard, nous aurons Sœur Ludovika, Rwandaise, professeur de couture, Sœur Jeanne Marguerite, professeur de mathématiques et de technologie, Sœur Marie Saint-Paul, professeur d’anglais ... 
Avec détermination, le collège d’enseignement général démarre ses activités dans une salle de classe en terre battue, au sol poussiéreux, cédée par l’école primaire de la place. Une hutte à la toiture en raphia sert d’internat. À la fin d’année, cette promotion se verra dispersée vers d’autres établissements confessionnels, faute de local décent.
Rapidement, les travaux de construction d’un grand bâtiment et d’un second par la suite sont lancés. Ils hébergeront successivement les promotions de 1969, 1970 et 1971. Et au cours de l’année scolaire 1971-1972, un Tsunami !
Sœur Danielle, directrice du collège, a le difficile devoir de nous annoncer une nouvelle qui va changer le cours d’existence de la plupart d’entre nous. Le Collège Assomption va fermer dès la fin de l’année scolaire. Malgré l’assurance de nous transférer vers des établissements confessionnels de la place, le désarroi est total. 
L’aventure se serait arrêtée si ce passage à Nkum Ekyé ne nous avait pas marquées.

1. Comment l’Esprit de l’Assomption a-t-il survécu en nous malgré le départ des sœurs ?

  1. Le cordon ombilical n’avait pas été rompu, mais plutôt distendu


Les correspondances entre les sœurs et les filles ont continué à nous bercer d’un espoir certain. Les souvenirs sont restés vivaces dans nos esprits. La nostalgie de ce lieu atypique nous a habités en permanence. Nos lampes tempêtes, nos petites sorties vers la source à la recherche de l’eau, des petites escapades vers des cachettes dans la broussaille à la recherche des avocats, des boîtes de conserve et de pâte d’arachide soigneusement dissimulés par nos soins, le goût sans goût du "Mpel Mekaba" (met fait de macabo mélangé à de l’huile de palme et salé) et du pkem (feuilles de manioc) sans sel confectionné par Maman Dorothée ...
Tout ceci nous manquait-il à ce point ?..... Paradoxe !

  1. Création d’une association des anciennes de Nkum Ekyé


Les stratégies de resserrement des liens d’amitié mises en place par les sœurs ont tissé entre nous des liens encore plus forts et conforté des affinités qu’à un moment donné, nous avons ressenti le besoin de nous retrouver régulièrement dans un cadre structuré. De là naît plus de 20 ans plus tard, l’Association des Anciennes de l’Assomption (AACAS).
L’objectif poursuivi :

  • Raviver la flamme reçue des Religieuses de l’Assomption
  • Rentabiliser l’héritage reçu par le biais de l’éducation
  • Assurer l’épanouissement des membres par la promotion des activités génératrices de revenus.


De par son mode de fonctionnement depuis 22 ans, ces retrouvailles mensuelles nous ont amenées à sceller des amitiés encore plus fortes. Ces amitiés se sont étendues dans nos familles respectives, entre nos enfants, entre parents, entre les époux..... Grâce à l’Assomption, nous avons créé une famille plus grande, plus forte, plus solidaire, une famille à l’africaine. La flamme reçue des Sœurs a donc été transmise aux nôtres, à nos divers milieux de vie. Il va de soi que pour si peu de temps passé à Nkum Ekyé, l’Esprit de l’Assomption a survécu, mieux mes sœurs, chers invités, il s’est répandu.
L’aventure ne s’est donc jamais arrêtée. Que non ! La preuve, nous sommes là aujourd’hui avec vous mes sœurs. Et c’est là, le paradoxe de l’éducation à l’Assomption !

2. Répercussions de l’héritage des sœurs dans notre vie active


Ce qui fait notre héritage, ce sont les valeurs chrétiennes, sociales, humaines, environnementales, morales, culturelles... Notre porte-étendard, c’est la devise de l’Assomption : simple, loyale et claire, qui s’est illustrée tout au long de notre vie professionnelle, familiale ou associative. Ainsi bon nombre d’entre nous, jouissant aujourd’hui de leur retraite ont marqué leurs différents milieux de vie. Elles ont été fonctionnaires, travailleurs dans le public et privé. Certaines ont assumé et assument encore des hautes fonctions dans des administrations. D’autres s’investissent dans des affaires, de petits métiers et le commerce. Épouses, mères, parfois veuves, paysannes, elles sont demeurées des femmes capables, des femmes accomplies qui n’ont pas reculé devant les orages. Et ce ne sont pas les orages qui ont manqué...

  1. Mise en place de "Terre Cité Fraternelle", une œuvre de bienfaisance


Plus dynamique et intégrant toute personne de bonne volonté, Terre Cité Fraternelle travaille pour le bien-être de la Jeunesse par l’éducation et la santé. À ce propos et en partenariat avec certains organismes, elle a fait des dons dans des écoles et à des associations de femmes rurale. Elle met à la disposition des parents à faible pouvoir d’achat des tenues scolaires assorties des modalités de paiement souple (prix abordable et paiement en saison cacaoyère...). Elle a organisé des formations en leadership, lutté contre le VIH assortie des dépistages volontaires gratuits et des causeries éducatives. Elle a mené des plaidoyers pour l’admission de certains établissements scolaires aux programmes pilotés par l’UNICEF...

  1. Quête permanente de Dieu et du bien-être social, Leadership


Les anciennes sont membres des associations religieuses et civiles. Cette attitude s’observe dans leur engagement dans l’Église. On les retrouve dans le Rosaire, la Légion de Marie, les Dames Apostoliques, Les conseils paroissiaux et bien d’autres associations de même nature. Leur militantisme pour des grandes causes ne fait pas de doute, elles se battent pour le droit à l’éducation, pour l’adaptation des Méthodes éducatives (Ceméa), les droits de la femme (AFARD), le développement des loisirs, l’épanouissement et l’éducation à la citoyenneté par des activités sportives...).
Le leadership insufflé par l’éducation à l’Assomption a fait de certaines d’entre nous des responsables à la tête des organisations nationales et internationales, des associations, des regroupements formels et informels. J’aurais d’ailleurs le plaisir de vous annoncer que, dans la contexte aussi complexe que difficile de notre ville, une ancienne fait office de Chef traditionnel dans un quartier de Yaoundé. Une autre, revendeuse dans un marché de la place, est présidente des vendeuses, c’est-à-dire interface entre ses homologues et les pouvoirs publics....
Je vous ai dit que le départ des sœurs a changé le cours d’existence de certaines d’entre nous. Elles sont là qui auraient aimé porter elles aussi le Violet hélas ! Toutefois, il y en a eu parmi nous qui ont frappé aux portes d’autres congrégations religieuses. Eh oui, il en compte des sœurs parmi les anciennes de Nkum Ekyé.

3. Tout n’a pas été que rose


Loin s’en faut. Parfois, nous avons eu maille à partir avec nos divers environnements (familial, professionnel...). Cela est arrivé même dans des ménages. Nous nous sommes aperçu, sans préparation, que le monde fonctionne avec des codes qui ne cadrent pas toujours avec les valeurs que nous avons reçues. Il a donc été assez difficile de nous adapter dans ce monde de requins et de vautours. Naïves, nous l’avons été. Et même, nous ne cessons de l’être. Des divorces, hélas ! il y a en eu parmi nous. Celles qui ont conservé leur union ont réussi parfois à prix fort. Le rejet de la corruption, le respect du droit et de l’équité nous a parfois coûté nos postes sur le plan professionnel. Il nous est arrivé d’être mis au banc des accusés pour la vérité dans nos propres familles. Tout simplement, nous n’avons pas perçu les choses sous le même prisme... Mes sœurs, l’éducation reçue a fait de nous des personnes incomprises, dotées d’une vision du monde qui n’est pas toujours conforme aux normes en cours. Résultat ? Nous sommes restées des citoyennes modestes certes, mais notre conscience est tranquille. Je me souviendrai toujours de ce "Conseil /Avertissement" d’un de mes patrons. "Qui veut faire l’ange fait la bête". Me rappelait-il chaque fois cette pensée du philosophe Blaise Pascal.

Conclusion


Marie-Eugénie a su lire son temps et elle a tenté de trouver des réponses adéquates. En respectant la même approche, l’Assomption a le devoir de questionner sans cesse le monde dans ses bouleversements, dans ses changements on ne plus vertigineux. Il est fait des TIC et des maux qu’il induit. Il privilégie l’intérêt personnel. C’est un monde où les valeurs de solidarité, d’équité et de respect de la parole donnée ont foutu le camp. C’est un monde où le tribalisme, l’injustice, le mensonge se sont mués en valeurs. C’est un monde hypocrite qui ne croit plus à la Toute Puissance du Dieu Suprême et se sent obligé de faire recours aux faux dieux (maraboutage..). C’est un monde dans lequel les chapelles religieuses fleurissent et réussissent à détourner les fidèles catholiques. C’est un monde qui a pour seul critère l’argent, le pouvoir, et par tous les moyens ...
Mes sœurs, vos anciennes, vos amis, vos laïcs ne sont pas en sécurité. Il faut en prendre conscience. Il faut des "caractères trempés" plus que jamais. Pour ce faire, d’autres ingrédients dans votre sauce à leur servir. De nouvelles armes à fourbir pour renforcer celles existantes. Les générations futures doivent être averties. Elles doivent être efficacement armées contre la complexité et les bouleversements du temps.
Permettez pour terminer, d’émettre un regret au nom des Anciennes, c’est d’avoir raté le train des Laïcs de l’Assomption que nous avons salué avec enthousiasme que nous avons considéré comme un tremplin qui serait venu renforcer nos capacités pour la réalisation des objectifs plus larges et mieux travaillés.
Je vous remercie !


Constance Odile Mbatoumou
(1969-1972)


Comment quelques années (1-2-3 ans) passées avec les sœurs ont pu nous marquer à ce point ?


Notre jeune âge, un âge réceptif est la première explication. Cependant, le mérite revient beaucoup plus aux Sœurs qui, à mon avis, ont utilisé des stratégies appropriées pour nous faire assimiler des valeurs. Je vais commencer par le début.
Dès les premiers jours, elles nous font comprendre que nous sommes là pour étudier. Aucune place n’est accordée à la manucure ou aux tresses. Le travail, la discipline, rien d’autre. Un silence absolu doit régner au dortoir, du soir au matin, jusqu’à l’heure du petit déjeuner. Il n’est rompu que lorsqu’après l’étude, nous devrions vaquer aux tâches ménagères bien réparties entre les élèves par les sœurs. Bien évidemment, le respect de l’emploi du temps est de rigueur. La messe chaque dimanche, la prière au lever et au coucher, des moments de retraite sont régulièrement organisés.
Et une curieuse instruction, le port du foulard sur des cheveux à ras.

Mise en œuvre des stratégies appropriées

  • Émulation : Évaluations régulières avec classement des résultats chaque mois ;
  • Loisirs : Organisation des pique-nique, des espaces de jeux et de chants, des moments vraiment récréatifs ;
  • Partage et solidarité : Obligation pour celles qui recevaient des visites de partager les provisions à tout le monde et au réfectoire, à l’heure du repas ;
  • Actualités dans le monde et dans l’Église : Les grands événements dans le monde nous étaient rapportés. Je me souviens du décès du Général De Gaulle, des résultats de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations de 1972 organisée par le Cameroun (Congo-Cameroun ....). Sœur Danielle nous expliquait ce que c’est que l’Apartheid et l’incongruité de cette pratique. Elle nous parlait du célèbre prisonnier Mandela en Afrique du Sud et la résistance de l’ANC... ; Nous avons entendu parler de Monseigneur Marcel Lefebvre, de son mouvement et du schisme dont il était l’auteur ;
  • Patriotisme : Le Congo victorieux, nous avons pleuré quand Sœur Danielle nous avait annoncé la défaite du Cameroun (coupe d’Afrique des Nations de 1972) ;
  • Unité du Continent : Et une élève s’étant ressaisie avait entonné une chanson : "Congolais ou Camerounais, nous appartenons à la race Bantou, malgré nos frontières ... (spontanéité étonnante à ce jeune âge ! )
  • Le succès doit être collectif : Référence à l’Hymne de l’Assomption : "Monte toujours plus haut, entraîne toutes frères..." et "Aidons la pâte à monter..." en chantant pour la Jeunesse africaine (JEC). Et puis, les élèves fortes avaient pour devoir de porter appui aux élèves au niveau de compréhension lent des matières au programme, à la demande de Sœur Danielle qui les affectait auprès de ces "moniteurs improvisés" ;
  • Autonomie : Les visites des parents à leurs enfants étaient limitées pour un même élève ;
  • Valeurs travail, responsabilité et atteinte des objectifs : L’étude se déroulait sans surveillance ; le travail manuel s’effectuait pendant notre temps libre. Stratégie arrêtée : la sœur avait réparti les portions entre élèves, décrit le résultat et fixé les délais de livraison. À charge pour chacune de s’organiser au gré de son temps, comment et avec qui entretenir sa portion de terre ;
  • Du Charisme de certaines personnalités : Sœur Danielle se servait de tout événement pour nous amener à en tirer leçon : je me souviens d’un 17 octobre 1972, date à laquelle Maximilien Kolbe est déclaré bienheureux. Elle nous avait raconté son impressionnante histoire "Que veut ce cochon de polonais ?" quand le bienheureux avait demandé à prendre la place d’un père de famille en passe de se faire exécuter... Il me souvient aussi de Dom Helder Camara, évêque au Brésil. Elle nous avait longuement parlé de ses actions pour les pauvres ;


Les chants enseignés ne l’étaient pas au hasard. Ils tenaient compte des problèmes du moment. À l’exemple de "Si le Bon Dieu revenait vivre..." de John Littleton. Ce chant soulevait des préoccupations qui avaient cours dans le monde : la ségrégation raciale aux USA, la pauvreté criarde en Inde, l’invasion américaine et la désolation qui s’en était suivie au Vietnam. Et comme pour boucler la boucle, elle avait elle-même composé un couplet supplémentaire pour parler du sionisme et dénoncer l’occupation israélienne de la Palestine :
Si le Bon Dieu,
Revenait vivre chez les siens,
Il aurait les yeux
D’un affamé palestinien,
Comme tous les autres,
Il tendrait la main depuis 20 ans, (à cette époque, ça faisait une vingtaine d’années)
Comme tous les autres,
Il n’aurait point de logement.

  • Valeur environnementale : Les quatre éléments dont le Seigneur nous fait don et dont il faut prendre soin :
    Il nous donne la terre..., l’eau...., l’air...., le feu ....
    Voici le Refrain :
    Seigneur nous T’aimons, Tu nous donnes l’univers,
    Seigneur nous T’aimons, c’est pour Toi que nous chantons...
  • Gestion du temps : Le respect du temps consacré à la toilette, au manger .... Exemple : qui mange lentement perd son plat. Pas de perte de temps aux soins esthétiques, pour cela couper les cheveux pour avoir le temps pour l’étude ;
  • Valeurs culturelles  : Mise en scène des classiques : L’Avare et autres scénettes, des contes africains, des chants et danses traditionnelles avec tambour et battement de mains ;
  • Promotion de la paix et de l’entente  : Sœur Danielle avait une façon particulière de régler les conflits entre nous. Elle prenait environ 5 minutes sur le cours pour apaiser les esprits et les réconcilier. Parfois avec force dessins. J’en veux pour exemple une petite bande dessinée, représentant 2 élèves s’embrassant est restée mémorable. Elle disait ceci : "Je ne veux plus me quereller avec toi", disait l’élève querelleuse à son adversaire. "Moi non plus....", répondait l’autre.
  • Respect de l’autre : Même lorsqu’il est clairement établi qu’un élève a commis une faute (vol d’objet ...), la sœur nous rappelait que nous sommes toutes faillibles. A ce propos, elle a composé un chant : Jette-lui la première pierre toi qui n’as jamais péché, toi qui n’as jamais triché... Mais fais bien attention, toi qui n’as jamais péché, le Seigneur écrit par terre des choses cachées...
  • Le silence et méditation  : Pas un mot depuis la veille au soir jusqu’au matin, après le petit déjeuner. Évidemment, lors des récollections (une ou deux journées), nous devions garder le silence. Et ça nous est resté pour la plupart ;
  • Bienveillance, solidarité, hospitalité, esprit de famille, responsabilité : Les aînées devaient accueillir les nouvelles (les bleues) en septembre. Exemple : les 5e rentraient un jour avant à l’internat. Les sœurs, compte tenu du charisme et le tempérament de chacune, les informaient de ce qui leur avait été affecté une ou deux élèves de 6e. Le lendemain jour de la rentrée des 6e, chacune allait accueillir sa "fille" (terme consacré), l’installait, lui présentait l’établissement, l’encadrait toute l’année. Les 4e accueillaient l’année suivante leurs petites filles. Et au réfectoire tout comme au dortoir, chacune avait sa famille à côté d’elle. On luttait ainsi contre l’isolement, le dépaysement. Ceci visait aussi la transmission de l’esprit de l’Assomption aux plus jeunes. Les liens d’amitié et de famille se consolidaient ainsi ;
  • Sobriété  : Le nombre de tenues vestimentaires étaient limitées, le port des cheveux à ras et du foulard de rigueur. Nous arborions également une blouse sur l’uniforme ;
  • Méritocratie  : Nous ne connaissions pas la tricherie, personne ne surveillait les compositions ;
  • Suivi individuel et personnifié : des élèves en difficulté par des techniques appropriées avaient des agendas à travers lesquels les sœurs les faisaient progresser.
  • Valeurs chrétiennes : Au-delà de la lecture des revues consacrées aux saints, des heures de catéchèse, des sketches portant sur les représentations des Saintes Écritures, je pense que ces stratégies relèvent de la "christianisation des intelligences", en conformité avec la vision de la Fondatrice de la Congrégation. Les sœurs de Nkum Ekyé étaient dans leur rôle.


Formatées dans le moule sus-décrit, nous avions malheureusement été sevrées avant maturité. Bien qu’éparpillées dans des collèges confessionnels, l’esprit de l’Assomption ne nous a jamais quittées. Cette soudaine rupture pourrait-elle expliquer les difficultés d’insertion que nous avons connues dans la société ?
La solution ?
Répandre le virus Assomption. À ce propos, je voudrais inviter les jeunes religieuses à adopter les stratégies illustrées dans les actes du quotidien. Communiquer, se faire connaître, diversifier les réseaux d’information et d’appui à travers les laïcs pour répandre le message et l’esprit de l’Assomption ! Simplicité n’est pas timidité mes sœurs. On ne vous connaît pas.


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