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4e dimanche de carême - Sr Thérèse Agnès

Année liturgique 2015-2016 [C]


Nous avons entendu, lu, prié tellement de fois cette merveilleuse page du chapitre 15 de Saint Luc !
Puissions-nous ne pas y être habitués !


C’est Jésus lui-même qui parle et il s’adresse aux Pharisiens et aux scribes : les publicains sont témoins de la scène et entendent eux aussi les paroles de Jésus et ils savent que Jésus parle d’eux et de la façon dont le Père les voit.


Avec un regard neuf et un esprit ouvert par l’Esprit lui-même, revenons au texte et essayons de prier avec l’aide du tableau de Rembrandt.


Nous connaissons bien les mains du Père posées amoureusement sur l’épaule du jeune fils, dont on n’aperçoit même pas le visage, enfoui qu’il est dans le vêtement du Père, symbole de sa tendresse. Ces mains, masculine et féminine.
 
L’attitude du fils aîné contraste avec tant de tendresse et de miséricorde ; il semble raide, dur. Il ressemble au Père et il pourtant si différent : même couleur de cape, mais tandis que celle du Père s’arrondit pour accueillir on fils, celle de l’aîné tombe droite et étroite. Il est appuyé sur son bâton, il trouve son équilibre en lui-même. Son visage est long et sombre tandis que du visage du Père se dégagent amour, tendresse et lumière.
Le fils aîné acceptera-t-il d’entrer dans la danse, dans le mouvement général de vie et de tendresse ? acceptera t-il d’entrer dans la maison à l’invitation de son père ? va-t-il pardonner à son frère ? va-t-il entendre les paroles qui lui sont adressées par leur commun père : "tout ce qui est à moi est à toi" ?


Et nous ? où sommes-nous dans le tableau ? Devant nos pauvretés de toutes sortes, la seule attitude qui sauve est de s’offrir à la miséricorde du Seigneur ; c’est elle qui nous apprend à nous aimer nous-mêmes, au moins un peu, d’un amour vrai, sans lâcheté, exigeant mais patient. Bernanos nous l’a dit : "Il est plus facile que l’on croit de se haïr. La grâce est de s’oublier. Mais si tout orgueil était mort en nous, la grâce des grâces serait de s’aimer humblement soi-même, comme n’importe lequel des membres souffrants de Jésus Christ" (Journal d’un curé de campagne).


Devenir saint, c’est aimer les autres toujours davantage, mais c’est aussi s’aimer humblement soi-même en accueillant la miséricorde. Sinon, l’amour ne nous envahira jamais.


Achevons la parabole, dans la prière. Que notre route vers Pâques, vers la Révélation de l’amour nous désarme de nos peurs et de nos suffisances ! 


Sr Thérèse Agnès, ra,
Philadelphie, États-Unis

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