3ème dimanche de Pâques - Sr Sophie Ramond

Pâques - Easter - Pascua

 

Le discours de Pierre aux habitants de Judée est une réfutation de ceux qui estiment que les apôtres sont en état d’ébriété, eux qui viennent de recevoir l’Esprit et de faire entendre dans toutes les langues les merveilles de Dieu. Il se présente comme un modèle de la proclamation du mystère pascal. Pierre interpelle ses interlocuteurs, puis évoque le ministère de Jésus : il a vécu en accomplissant des miracles, des prodiges et des signes. Qui d’autre que Dieu aurait pu agir avec une telle puissance, lui qui est pareillement intervenu dans l’histoire de son peuple pour le libérer de l’esclavage d’Egypte ? Les actions de Jésus ont été l’expression concrète de l’agir de Dieu. Pourtant il a été mis à mort, parce que des hommes d’Israël n’ont pas su discerner la réalité à laquelle les miracles, les prodiges et les signes renvoyaient. L’évocation de la Passion (v. 23) insiste sur l’innocence de Jésus et la culpabilité de ceux qui l’ont crucifié. La résurrection est présentée comme acte de Dieu, qui l’a ressuscité en mettant fin aux douleurs de la mort (v. 24). Enfin le recours au psaume permet d’affirmer que la résurrection révèle en Jésus le Messie des Ecritures (v. 25). De cela les Apôtres sont témoins (v. 32). La citation de l’Ancien Testament peut nous surprendre ; mais dans la mesure où Pierre s’adresse à des Juifs, il fait mention du psaume dans le but de montrer que les promesses de Dieu se réalisent en Jésus. Pour nous, la citation rappelle aussi que la vérité de la Résurrection se découvre dans la relecture des Ecritures, la confiance envers les premiers témoins et par la lumière de l’Esprit Saint accordé à la communauté des croyants.
 
La première lettre de Pierre rappelle l’intimité de la relation du croyant à Dieu, invoqué comme Père. Mais le Père juge chacun d’après ses actes et il convient alors de cultiver la crainte de Dieu, un amour empreint de respect, dans la reconnaissance de la délivrance apportée par le Christ. Les croyants, en effet, ont été délivrés par Dieu de l’errance passée. Ils expérimentent symboliquement l’antique Exode des Hébreux sauvés par le sang de l’Agneau pascal (Exode 12, 13). A présent manifesté par le mystère de sa Pâque, le Christ, nouvel Agneau pascal, nous ouvre le nouvel Exode de la foi et de l’espérance.
 
Dans l’évangile, deux disciples marchent remplis de tristesses, le troisième jour après la mort de Jésus. Ils auraient pu aller au tombeau et peut-être auraient-ils vu, eux aussi, des anges ! Mais ils n’ont pas été dynamisés par ce qu’ont rapporté les femmes et ils s’en vont de Jérusalem à Emmaüs. Ils sont dans une logique de désespoir. Mais Jésus en personne s’approcha et il marchait avec eux… Le Ressuscité prend l’initiative de se faire compagnon de route.
C’est à ce compagnonnage que les disciples découvriront que l’histoire ne s’est pas terminée quand la pierre a scellé le tombeau où est enterré le corps du Crucifié. C’est pourquoi, le récit des disciples d’Emmaüs suit un modèle classique de la littérature antique, mis en évidence par le philosophe Aristote : il décrit un processus de transformation, à la fois un changement de situation et un changement de connaissance. En effet, ce récit décrit un passage du malheur au bonheur : au début, les disciples sont « tristes » ou « sombres » (v. 17), puisque leur espérance a été anéantie par la mort de Jésus (v. 21). En finale, en revanche, ils découvrent que leur cœur brûlait (v. 32) et ils retournent tout heureux à Jérusalem pour annoncer la nouvelle à leurs compagnons (v. 33). Le récit décrit aussi un passage de l’ignorance à la connaissance : dans les premiers versets, les disciples marchent avec Jésus sans savoir qui il est, car leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître (v. 16) ; et le récit arrive à la conclusion quand ils ouvrent les yeux et reconnaissent le Ressuscité à la fraction du pain (v. 31). Le moment de la reconnaissance coïncide avec le passage du malheur au bonheur. Les disciples retrouvent la joie de vivre quand ils reconnaissent le Ressuscité. Ils sont désormais convaincus que Jésus les accompagne sur les chemins de ce monde. Il est présent, au cœur de la vie ecclésiale, dans les préoccupations de chacun et l’attention aux compagnons de route, dans la lecture et l’interprétation des Ecritures, dans la fraction du pain.
 
Les trois lectures de ce jour livrent ainsi des jalons pour vivre notre séjour sur la terre dans l’espérance et la foi et invite à fortifier la communion ecclésiale : la foi pascale s’authentifie par le partage des expériences de rencontres avec le Ressuscité et le partage des signes de sa présence, par le partage des Ecritures et le partage du pain.
 
Sr Sophie Ramond, ra
Paris-Lübeck - province de France

 


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