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33e dimanche du temps ordinaire - Sr Thérèse Agnès

Année liturgique 2013-2014 [A]

Entre dans la joie de ton Seigneur…

Encore une page d’Evangile où le Maître « part en voyage » après avoir confié ses biens à ses serviteurs : tantôt son argent, tantôt sa vigne, et, de nouveau, il part « pour un pays étranger ».
Le sens de cette allégorie, qui se répète, est que Dieu se remet entre nos mains, nous confie, sans peur, ce qu’il a de plus précieux : le monde, l’Eglise et jusqu’à son Fils. Il est bon pour nous, avant d’aller plus loin dans la lecture et la compréhension de ces pages de nous émerveiller de l’Amour confiant que le Père nous porte et de mesurer le sérieux et la responsabilité de nos existences.
Aux heures sombres, quand la vie nous semble morne, sans grand intérêt, quand le doute nous prend ( et nous surprend ! ), « à quoi bon ? je ne peux pas …cela ne changera rien, etc », remettons nous dans cette juste perspective : nous sommes appelés à collaborer avec Dieu, nous sommes invités à prendre soin du trésor qu’il nous lègue et non seulement nous sommes invités par Dieu, mais par le fait même, nous sommes rendus capables de la tâche à nous confiée. Notre existence, si nous prenons au sérieux l’invitation reçue, reçoit un surcroît de sens, de relief pourrait-on dire, de joie profonde, de passion, et nos propres dons s’en trouvent multipliés.
L’Evangile de ce jour met en scène un Maître qui « remet sa fortune » à ses serviteurs et s’en va. La répartition des parts de fortune est inégale : à l’un cinq talents, à un autre deux et au troisième un seul. C’est un Maître riche, le talent étant une mesure de monnaie, en poids d’or. Il « donne » à chacun selon ses capacités et la suite de l’Evangile montre en effet, que les dites capacités sont, elles aussi, très inégales !
Les deux premiers serviteurs s’emploient à « faire produire » ce qu’ils ont reçu et « gagnent » davantage. Le troisième a peur de perdre son talent et l’enterre, signant par là sa propre perte. Celui qui n’a reçu qu’un talent ajuste son agir d’après l’idée qu’il se fait du Maître : « âpre au gain », injuste puisqu’il moissonne là où il n’a pas semé. Il n’a pas compris et se contredit lui-même ; en effet, s’il pense que son Maître aime accroître son bien, l’ensevelir, le préserver au lieu de travailler est une bien mauvaise décision.
Quelle est la différence d’attitude entre les deux types de serviteurs ? il faut d’abord noter que celui qui a reçu deux talents ne semble pas jaloux de celui qui en a reçu davantage ; il s’emploie à travailler et à faire fructifier ses deux talents. Les deux ont conscience que le Maître leur a « remis » une part de sa fortune, ils ont conscience d’un lien personnel entre eux et leur Maître. Le troisième s’exprime ainsi « voici ton talent tu as ton bien » ; c’est comme s’il ne fait aucune connexion entre la personne du Maître et son bien.
La parabole est riche d’enseignements pour nous. Il faut d’abord noter que tous nous recevons une part de fortune qui se traduit en mission, en tâche à accomplir, absolument chacun, chacune de nous. Aucun/e de nous ne peut, sous quelque motif que ce soit, se retirer, s’abstraire de la mission.
Si les talents se traduisent en mission, c’est une mission reçue dans laquelle Dieu se donne à nous. Il nous faut rester attentifs, attentives, à ne pas nous l’approprier : celle-ci deviendrait impossible à accomplir et nous risquerions de la dévier, de la réduire à ce que nous pensons être nos capacités.
Nous sommes invités à nous interroger sur notre propre image de Dieu : est-il quelqu’un qui prend soin de nous et de la mission qu’il nous donne, qui nous veut joyeux et cherche notre « réussite », notre plénitude ? Est-il un Maître exigeant, surveillant, qui nous fait peur et devient source de culpabilité pour nous dans notre crainte de mal faire ? La mission reçue est-elle fardeau lourd et pesant, ou joyeuse collaboration avec le Christ qui porte ce fardeau devenu « léger » par sa présence ? Sommes-nous « paresseux, paresseuses » selon le reproche adressé au troisième serviteur ? Il y a tellement de formes de paresses avec lesquelles nous couvrons notre manque d’enthousiasme et de zèle !
La récompense est immense « Entre dans la joie de ton Seigneur » et non plus « le Maître » ; il est devenu l’ami, le Seigneur aimé qui oriente nos dons, nos capacités et nos vies. « Ne nous endormons pas » nous dit Saint Paul !

Sr Thérèse Agnès, ra
Philadelphie, Etats-Unis

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