32e dimanche du temps ordinaire

(II)
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L’évangile de Marc nous présente une figure exemplaire de disciple. Il s’agit de la pauvre veuve célébrée pour avoir su verser dans le tronc du trésor du temple les deux piécettes qui représentaient tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. Car son attitude, qui consiste à se dépouiller de tout son bien, de tout ce que représentait sa subsistance, on pourrait traduire de "toute sa vie" en fait, à sa manière, une figure de disciple idéal, en écho à 8, 34-35 où Jésus invite quiconque veut sauver sa vie à la perdre.

Cet épisode prend place dans une controverse à propos de l’attitude hypocrite des scribes qui affiche une attitude cultuelle irréprochable mais oppressent ceux-là même que la Loi demandait de protéger, les classes vulnérables, dont les veuves. Ainsi la femme anonyme qui vient déposer ses deux piécettes est-elle caractérisée par le récit : elle est de celles dont les biens sont dévorés par les scribes, spécialistes des Écritures, experts en ce qui concerne la loi religieuse. Ceux-là même qui savent avoir le devoir de la protéger lui prennent ce qui lui est nécessaire pour vivre.

C’est en fait Jésus qui la présente comme modèle du disciple. Dans la foule de ceux qui viennent déposer de l’argent dans le trésor du temple, elle serait sans doute passée inaperçue, s’il n’avait été là à regarder. Il contemple cette foule et voit les riches qui mettent des grosses sommes, et une petite veuve qui met ses deux piécettes. Beaucoup donnent beaucoup et une seule ne donne presque rien... La scène sert à Jésus de cadre pour enseigner ses disciples. Il ne regarde pas ce qui a été donné, beaucoup ou peu, il regarde les donateurs : les uns ont donné de leur superflu tandis que l’autre a tout cédé. Par son modeste don, la veuve a dépassé tous les donateurs. Elle a fait le don de sa vie toute entière en accomplissant cet acte cultuel. La louange que fait Jésus de cette femme est alors aussi une lamentation sur l’institution du temple appelée à disparaître (cf. 13, 2) et qui engloutit le bien des pauvres.

Or Jésus lui-même donnera sa vie et lorsqu’il le fera le voile du sanctuaire se déchirera en deux de haut en bas (cf. 15, 38) : la mort de Jésus ouvrira le voile du sanctuaire qui enfermait Dieu dans ses murs, et, cette déchirure permettra à beaucoup d’avoir accès au temple qui n’est pas fait de main d’homme. Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire construit par les hommes, qui ne peut être qu’une copie du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu (...) C’est une fois pour toutes, au temps de l’accomplissement, qu’il s’est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice (He 9, 24. 26).

Dans le premier livre des Rois, la veuve répond à toutes les demandes de l’homme qui l’interpelle. Il lui demande ce qui est le minimum vital pour vivre : de l’eau et du pain. Elle, qui de par son état social est particulièrement vulnérable, ne se dérobe pas à la requête de l’inconnu. Dans sa confiance, elle lui donne ce qu’elle a pour nourrir son fils - sa descendance - et elle-même. Cette femme, comme celle de l’évangile, donne tout... Un geste qui n’est pas sans risque. L’épître aux Hébreux le rappelle : le sort des hommes est de mourir une seule fois... ! Alors cette radicalité doit nous interroger : que sommes-nous prêts à risquer, à abandonner, à donner... qui morde sur notre vie, qui l’ébranle, qui soit une mort à soi... avec la foi que Christ nous a sauvés ?

En réponse au don de Jésus-Christ et dans la perspective de l’avenir de communion qu’il nous ouvre, consentons à vivre sur le mode de l’espérance, d’une vie qui ne se définit pas en dernière instance comme être-vers-la-mort... Puisse cette espérance nous inviter à vivre sous le mode d’une vie qui se donne, d’une vie que nous voudrions telle à jamais...

Sophie Ramond, ra
Pris-Lübeck - Province de France

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