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2e dimanche du temps ordinaire - Sr Bénédicte Rollin

Année liturgique 2012-2013 [C]

240 litres…

Ecoutons à frais nouveaux le récit bien connu des Noces de Cana. Essayons de nous laisser imprégner par la Parole. Il y a des mots qui retiennent l’attention, des images aussi. En voici quelques uns pour notre méditation.

Des noces… nous pouvons faire revenir à la mémoire d’autres textes tant de l’Ancien Testament que du Nouveau Testament où cette symbolique, parlante pour chacun et chaque culture, est utilisée pour évoquer le projet de Dieu sur son peuple et l’humanité toute entière : des épousailles, une communion dans l’amour, une joie indicible, une plénitude et une fécondité. Chaque être humain est, dans cette symbolique, l’élue bienheureuse, la préférée, la bien-aimée. Une spiritualité trop rationnelle nous retient parfois au seuil de cette joie. Mais il semble que l’évangéliste nous inclut dans la liste des invités : il y a Marie, et Jésus et aussi ses disciples. Osons donc entrer dans la fête. Quel désir jaillit en notre cœur, quelle attente ?

Et puis il y a le vin… qui manque. Il y a du vin, mais pas assez, et pour une fête qui doit durer plusieurs jours, c’est grave. Symbole, si parlant lui aussi, de nos failles, de nos frustrations, des inachèvements de toutes sortes, de ce grand manque qui marque douloureusement la vie de tout homme et l’histoire humaine dans son ensemble.

Dans cette faille, une personne : Marie. Elle regarde, elle voit. Elle intervient : auprès de son Fils, et auprès des servants. Contempler Marie, la Femme, "debout sur la brèche", vigilante, compatissante, audacieuse, confiante. L’écouter prier : "Ils n’ont plus de vin". Entendre à nouveau son : "Faites tout ce qu’il vous dira". La seule parole de Marie aux hommes que nous rapportent les évangiles. Elle nous suffit.

Un long moment peut être pris pour contempler les serviteurs, même si leur travail est évoqué par une phrase très brève : "Ils les remplirent jusqu’au bord". Les exégètes nous disent que les deux à trois mesures de chaque jarre représentent environ 40 litres. Ce fut donc un long et fastidieux labeur. Que représente pour moi chaque seau d’eau puisée, portée, versée pour accomplir sans gloriole la volonté de Dieu au quotidien ?

240 litres…une surabondance, qui est le signe même de Dieu. Comme l’écrit J. Ratzinger : "L’abondance de Cana est un signe indiquant que la fête de Dieu avec l’humanité, le don de lui-même aux hommes, a commencé…L’heure des noces de Dieu avec son peuple a commencé dans la venue de Jésus"1. Cette heure, c’est celle de sa Pâques bien sûr, mais elle est aussi pour nous chaque Eucharistie, et encore chaque aujourd’hui, l’ici et maintenant de Dieu dans nos vies.

Alors notre prière peut devenir une longue « dégustation » du Don de Dieu dans l’étonnement et l’émerveillement du cœur.

Soeur Bénédicte Rollin,
Vilnius, Europe du Nord

1 Jésus de Nazareth T 1, 279


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