2e dimanche du temps ordinaire - Sr Sophie Ramond

Ordinaire - Ordinario - Ordinary

 

Le texte d’Isaïe que la liturgie nous propose présente la figure d’un serviteur de Dieu. Il est tel par élection, par choix du Seigneur : tu es mon serviteur, lui dit Dieu en utilisant une formule d’alliance. Le serviteur sait qu’il a du prix aux yeux du Seigneur, qu’il peut trouver en lui sa force. Mais l’élection lui confère une responsabilité pour autrui : il a pour mission non seulement de ramener Israël au Seigneur, mais aussi d’être lumière pour les nations.
La figure du Serviteur éclaire la mission de Jésus : ramener l’humanité vers Dieu. Le salut de Dieu doit atteindre les extrémités de la terre, toucher tous les êtres humains.
 
Dans l’ouverture de la première lettre de Paul aux Corinthiens, on retrouve le thème de l’élection ou de l’appel, en une étonnante symétrie puisqu’il en est question du côté des destinateurs comme des destinataires : moi Paul, appelé par la volonté de Dieu … aux fidèles, qui êtes par appel de Dieu, le peuple saint… L’appel est un don de Dieu, à la fois déjà donné et à faire advenir : l’apôtre et les chrétiens auxquels il s’adresse sont saints par don de Dieu, sanctifiés dans le Christ Jésus ; mais ils ont aussi la responsabilité de faire de ce don une manière de vivre.
 
Dans l’évangile, Jean-Baptiste voit Jésus qui vient auprès de lui. Il contemple celui qui prend l’initiative de se faire proche. L’évangéliste Jean donne une version toute particulière du baptême de Jésus puisque c’est Jean-Baptiste qui voit l’Esprit descendre et demeurer sur Jésus. Ses yeux de chair voit un homme : derrière moi vient un homme, dit-il ; mais la révélation de Dieu lui donne de voir en Jésus le Fils de Dieu. Jean-Baptiste bénéficie lui aussi d’une élection : par appel de Dieu, il reçoit la mission de rendre témoignage de Jésus. Il s’efface pour diriger les regards vers celui qui enlève les péchés du monde. Jean témoigne dans un même temps que Jésus est l’Agneau de Dieu, celui qui préexiste, le Fils de Dieu rempli de l’Esprit Saint. Son autorité de témoin lui vient de Celui dont il est l’envoyé  : Je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : ’l’homme sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer c’est celui-là qui baptise dans l’Esprit Saint’.
Il désigne donc d’abord Jésus comme l’Agneau de Dieu. La référence à l’Agneau peut avoir trois fondements dans l’Ancien Testament : soit la figure du serviteur souffrant, l’agneau traîné à l’abattoir (Is 53, 7) et dans ce cas Jean verrait en Jésus la figure du Serviteur souffrant qui prend sur lui la condition pécheresse du monde ; soit l’Agneau immolé de l’Apocalypse (Ap 5, 9), capable de l’emporter contre le péché ; soit l’agneau pascal (Ex 12), car selon Jn 19, 4 Jésus est condamné à l’heure où les prêtres commencent à sacrifier les agneaux pour la fête de Pâque. Pour conserver la richesse de l’attestation de Jean, il faut sans doute conserver les trois sens.
Jean-Baptiste affirme encore que l’Esprit descend et demeure sur Jésus. L’emploi du verbe demeurer désigne dans la langue johannique le lien le plus fort d’inhabitation mutuelle et réciproque. Jésus est le Fils de Dieu en qui demeure l’Esprit saint. Le titre Fils de Dieu est un titre vétérotestamentaire associé à la figure de David (2 S 7, 14), un titre royal qui rappelle l’élection, le choix de Dieu : le fils de Dieu est un homme que Dieu a choisi pour son peuple. Appliqué à Jésus cependant, le titre royal se chargera d’une signification tout autre : à la lumière de la vie publique de Jésus, des miracles, de la résurrection…, il se colorera d’une tout autre acception théologique. Mais pour l’heure, dans le contexte de la scène inaugurale du témoignage rendu par Jean, il conserve une partie de son sens premier : revêtu de l’Esprit saint, Jésus est le Messie qui parle au nom de Dieu.
Les figures évoquées dans les trois textes de ce jour invitent donc à méditer sur le thème de l’élection et de l’appel. En contemplant Jésus, le Fils du Dieu, venu en notre chair pour révéler aux hommes le véritable visage du Père, nous sommes conviés à entendre résonner la voix du Père qui nous dit que nous avons du prix à ses yeux. Nous sommes conviés à laisser la voix du Père nous dire que nous sommes ses enfants bien-aimés pour, forts de cet amour, par nos manières d’être et d’agir, diriger les regards vers Celui de qui vient le salut. Laisser Dieu s’aimer en nous pour se dire au monde.
 

Sr Sophie Ramond, ra
Paris-Lübeck - France

 


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