2e dimanche de l’Avent

Avent

Le texte de ce dimanche s’ouvre comme un manuel d’Histoire : une date, une liste de noms propres d’hommes politiques avec leur zone de gouvernement en commençant par le plus influent - l’empereur Tibère - puis la mention des grands prêtres, eux aussi chefs du peuple particulier qu’est Israël. Et puis soudain, voici qu’à la verticale de cette Histoire s’ouvre le Ciel : la Parole de Dieu intervient et s’adresse à un homme, Jean, fils de Zacharie.
Ce premier paragraphe, outre son intérêt pour la datation de la vie et de la mission de Jésus, nous invite à la réflexion et à la contemplation. Luc, dans les deux premiers chapitres, nous a déjà montré l’importance qu’il attache à ce cadre historique et géographique (1,3.5 ; 2,1-2).
Pourquoi ? D’une part Jésus n’est pas un être mythologique comme le pouvaient s’imaginer les chrétiens originaires du paganisme à qui s’adresse Luc. Il est d’origine divine, mais il n’est pas un demi-dieu. Le Sauveur, dont les anges ont chanté la gloire, naît et s’enracine dans un peuple concret, dans une Histoire humaine complexe, et il s’est risqué à vivre sous le pouvoir d’hommes dont nous savons l’ambition, le manque de scrupule et même la cruauté.
D’autre part, pour les lecteurs de Luc comme pour nous, il est important de comprendre que le Messie d’Israël ainsi que son Précurseur, appartiennent à l’Histoire mondiale. Le message de Jean est pour tous, et "toute chair verra le salut de Dieu", selon la prophétie d’Isaïe citée plus bas.

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(c) oficinaceramica.com

Après ce vaste regard sur le monde, le texte attire notre attention sur Jean. Par rapport aux autres personnages nommés, c’est quelqu’un de parfaitement insignifiant, mais le premier chapitre de l’évangile de Luc, en nous racontant sa naissance, nous a dit qui il est : "le prophète du Très-Haut (qui) marchera à la face du Seigneur pour préparer ses routes" (Luc 1,76). Luc n’insiste pas sur ses vêtements ou son style de vie (comme le font Mathieu et Marc) mais sur sa proclamation : un baptême de conversion en vue du pardon des péchés et l’annonce du salut de Dieu pour toute chair. La conversion est symbolisée par l’abaissement des hauteurs ainsi que par le redressement et l’aplanissement des chemins rocailleurs et tortueux - des images parlantes. On peut s’y arrêter, sachant que pour Luc, l’abaissement des orgueilleux ou des riches sûrs d’eux-mêmes et de leur justice est un thème fréquent (par exemple le Magnificat , mais aussi l’attention particulière de Jésus aux petits et aux pécheurs). On peut aussi réfléchir au paradoxe que Dieu Tout Puissant ait besoin qu’on Lui prépare le chemin. Aurait-il besoin de notre conversion ? De notre participation à la mission de prophète précurseur ?

Les derniers mots du texte invitent aussi à regarder : tous sont appelés à voir le salut de Dieu. Dans les temps difficiles que nous vivons personnellement et collectivement, l’Avent nous invite à aiguiser noter regard de foi, peut-être comme Siméon, qui, au chapitre précédent, avait reconnu "le salut préparé face à tous les peuples" dans un tout petit enfant.

Sr Bénédicte Rollin, RA
Province d’Europe du Nord - Vilnius

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