2e dimanche de carême - Sr Bénédicte Rollin

Carême - Lent - Cuaresma

 

Transfiguration
 
L’évangile de ce jour nous invite moins à réfléchir qu’à nous laisser "impressionner", dans le sens où une plaque photographique est "impressionnée" par ce à quoi elle est exposée. Pour entrer dans ce texte il faut engager notre corps et nos sens intérieurs dans la lecture et cela en plusieurs étapes.
 
Premièrement il y a l’invitation à suivre Jésus sur la montagne. Gravir avec Lui le Thabor, sans doute en silence, car il faut du souffle pour monter. Marcher en se demandant où Il nous mène, vers quelle rencontre… La montagne est en effet le lieu de la rencontre et de la révélation dans l’AT. Abraham, dont il est question dans la 1ère lecture, y fit l’expérience du Dieu qui ne veut pas la mort mais demande la foi et la confiance absolue. Moïse y fut en contact avec la majesté terrifiante de Dieu, mais y reçut aussi Sa Parole de vie. Elie rencontra la paradoxale discrétion de Dieu dans la douceur du vent. Et nous, qu’attendons-nous de ce rendez-vous ? Et qu’attend Jésus ?
 
Le second moment est celui de la vision : la vison de la beauté de Jésus. Jésus qui vit la rencontre avec son Père dans une telle transparence que tout son être reflète la gloire. Ouvrir les yeux de notre cœur et nous laisser attirer, fasciner par cette splendeur. Splendeur à laquelle nous aussi sommes appelés : « "Nous tous qui, le visage découvert reflétons la gloire du Seigneur, nous sommes transfigurés en cette même image, avec une gloire toujours plus grande… " (2 Cor 3,17). C’est le moment de se laisser "impressionner"
.
La vision s’estompe dans la nuée. Celle-ci dans l’AT atteste la présence de Dieu tout en le voilant aux regards. Elle est invitation à entrer plus profondément dans le mystère. Il n’y a pas à dresser de tente : Celui qui se révèle nous recouvre Lui-même, nous englobe dans Sa propre intimité.
 
Et de la vision on passe à l’écoute : le Père parle. Quand le Père parle dans les évangiles, Il parle de son Fils, son Bien Aimé. « Ecoutez-le » nous dit-il. Le contexte du récit explique cette invitation pressante : Jésus vient de révéler pour la première fois son chemin pascal : le Fils de l’Homme doit beaucoup souffrir et mourir, et si nous voulons être ses disciples, il nous faut emboîter le pas et porter notre croix à sa suite. Pierre n’a pas voulu entendre ces mots. Et nous ? Nous avons sans doute besoin en ce début de Carême d’entendre au fond du cœur la voix du Père qui nous redit : "Ecoutez-le" …
 
La dernière étape est la descente… retour à la plaine, au quotidien, aux rencontres humaines sans vision, sans nuée, sans voix céleste. "Ils ne virent plus que Jésus, seul avec eux".
 
Plus tard dans l’évangile les trois mêmes disciples seront de nouveau seuls avec Jésus, non plus dans l’amour lumineux du Thabor, dans l’angoisse nocturne de Gethsémani. Il en est ainsi pour nous. Dans l’un et l’autre lieu, au début comme à la fin du Carême l’invitation reste la même : oser entrer dans l’intimité du Père et du Fils, en d’autres termes oser vivre notre baptême.
 

Sr Bénédicte Rollin, ra
Vilnius - Europe du Nord

 


À voir sur le web

Dans la même rubrique


Ajouter un commentaire



Informations légales

Ce site est édité par "Religieuses de l’Assomption" :

Ecusson
  • Religieuses de l’Assomption - 17, rue de l’Assomption 75016 Paris - France
  • Tél +33 (0) 1 46 47 84 56
  • Fax + 33 (0) 1 46 47 21 13

S'inscrire à l'info-lettre