2e dimanche - Sr Bénédicte Rollin

Ordinaire - Ordinario - Ordinary

Dans l’évangile de ce jour Jésus, qui parle pourtant abondamment chez Jn, est très laconique cette fois. Trois phrases de quelques mots. Une question, une invitation, une déclaration. Il est bon de s’arrêter sur chacune.

 
"Que cherchez-vous ?" Question à qui fait écho au chapitre 20 le "Qui cherches-tu ?" à Marie-Madeleine pleurant près du tombeau vide. De telles questions posées par Jésus sont des interrogations qui rejoignent le fond de l’être : quel est ton désir ? Quand tu viens à moi, quand tu me suis, quand tu déplores mon absence, que cherches-tu ? Cherches-tu à savoir quelque chose de plus, cherches-tu un maître à penser, cherches-tu à être consolé dans ton mal-être et ta solitude ? Quel est le désir qui t’anime au plus profond du cœur ? De plus, quand Jésus demande "que cherches-tu ?" il suggère que, en Le connaissant Lui, en étant avec Lui, nous trouvons encore davantage que Sa personne – sans doute une nouvelle manière de voir le monde, une nouvelle manière de vivre. Cherches-tu cela ?
 
Que la recherche en question ne puisse être simplement notionnelle, cela parait avec l’invitation qui tient lieu de réponse à la question "Rabbi, où demeures-tu ?" : "Venez, et vous verrez". Invitation à un agir, à une démarche : "venez", et promesse d’une expérience : "vous verrez". Poser une question à Jésus, si on veut vraiment la réponse, suppose de faire un pas à Sa suite. C’est en Le suivant qu’on Le connaît, pas en lisant des livres à Son sujet. Il faut donc se déplacer. « Vous verrez » suppose qu’il faudra ouvrir les yeux – attention donnée, disponibilité pour un changement de perspective, contemplation. Au chapitre 20, celui de la rencontre avec le Ressuscité, Jn emploie trois verbes apparemment synonymes – apercevoir, observer et voir. Seul le 3ème indique le regard de Foi, celui qui permet de dire "J’ai vu le Ressuscité". Il s’agit du passage du regard à la vue par l’attention contemplative et la Foi donnée qui permettent l’expérience.
 
Jésus aussi voit, et de son regard sur Pierre naît la déclaration : "Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Képha". D’abord une constatation, qui implique une connaissance personnelle de l’identité de Pierre et de ses racines familiales, et ensuite une promesse d’une nouvelle identité, celle qui a ses racines en Dieu. Le nom nouveau, comme ailleurs dans la Bible, implique une vocation. L’appelé par son nom doit consentir à un élargissement de son être. Abram, le sans-descendance, deviendra par son consentement de Foi, le père s’une multitude de peuples. Simon deviendra Roc… non sans faire l’expérience troublante de sa fragilité et de son inconstance. Mais le nom donné n’est pas repris ni effacé.
 
"Que cherches-tu ?", "viens et vois", "tu t’appelleras" »… un chemin qui s’ouvre au début de ce Temps ordinaire à vivre, avec Jésus, de façon extra-ordinaire.
 
Sr Bénédicte Rollin, ra
Vilnius - Europe du Nord

 


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