27e dimanche du temps ordinaire

Temps ordinaire (3)

- Le mot d’explication :

Jésus continue de s’adresser aux grands prêtres et aux anciens du peuple (21, 23), avec une "autre parabole" (21, 33), reliée donc à celle des deux fils, mais plus dramatique encore. La parabole précédente mettait l’accent sur ceux qui doivent travailler à la vigne, tandis que celle-ci le met sur ceux qui doivent rendre le fruit produit au propriétaire, à celui qui a droit.
La parabole ouvre une perspective christologique : le Fils vivra la Passion, mais deviendra la pierre d’angle du projet de Dieu.

- Méditation :

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Le poème d’Isaïe compare Israël à une vigne tendrement soignée par Dieu, image que reprend l’Evangile de Matthieu. Mais voilà que, dans la parabole, le propriétaire de la vigne part en voyage. Ce n’est pas qu’il la laisse à l’abandon : il la confie à des vignerons puis des serviteurs. Les uns ont reçu le don de la vigne, à faire fructifier ; les autres ont pour mission de rapporter au propriétaire les fruits de la vigne. Nous ne savons pas si les vignerons ont bien pris soin du vignoble ou non. La parabole met l’accent sur leur refus de remettre les fruits produits. Ils se comportent comme les propriétaires de la vigne qui leur a été confiée. L’arrivée du fils du maître radicalisera ce refus de se désapproprier de l’héritage.
Le paradoxe de la situation réside dans le fait que le propriétaire a bien pris soin de protéger sa vigne : il l’a entourée d’une clôture, y a creusé un pressoir et y a bâti une tour de garde. Mais le danger ne vient pas d’agressions extérieures, il vient de l’intérieur. Le propriétaire est privé des fruits attendus, par ceux à qui il faisait confiance. Après s’être de plus en plus opposés aux sollicitations du Seigneur de la vigne en frappant, tuant, lapidant les serviteurs envoyés par lui, dans lesquels on peut reconnaître les prophètes (cf. 23, 37), les vignerons, c’est-à-dire les responsables du peuple, pourraient encore saisir leur dernière chance de repentir en acceptant le Fils, l’héritier. Cependant, alors que Dieu manifeste sa fidélité à son Alliance, les vignerons veulent s’approprier le don qui leur est fait d’en rendre les fruits L’héritier jeté hors de la vigne et assassiné annonce le destin de Jésus lui-même, crucifié hors de la ville.
Après avoir demandé à ses interlocuteurs de tirer eux-mêmes la conclusion de la parabole, Jésus explicite leur propre jugement. Il cite le Ps 118 en l’appliquant à sa propre situation : son rejet par les responsables d’Israël avait été prévu, mais aussi qu’il deviendrait la pierre d’angle d’un nouvel édifice. Le royaume de Dieu est enlevé aux grands prêtres et aux pharisiens, dont le v. 45 nous dit : "ils connurent qu’il parlait d’eux". A qui ce royaume sera-t-il donné ? A une nation qui produira du fruit. Ne sommes-nous pas de ce nouveau peuple, qui lui aussi sera jugé en fonction des fruits qu’il donnera à Dieu ? L’avertissement de ne pas se comporter en propriétaires du monde, de ne pas garder jalousement les dons reçus vaut alors pour nous aussi.

- Seigneur, Dieu de la paix, nous te rendons grâce pour le soin accordé à ton peuple, pour tous les bienfaits reçus de ta main. Accorde-nous d’être du peuple de ceux qui produisent du fruit parce qu’attentifs à ta Parole et disciples du Fils...

© Sr Sophie Ramond, r.a.

>> Cliquer pour l’introduction à l’Evangile de Matthieu

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