25 avril 2013 : Conférence de M. Joseph Ramde

Jubilé d’or au Collège Ste Monique 2012-2013

Ce partage que nous nous proposons de faire avec vous, va s’articuler autour de deux points qui sont : dans un premier temps, l’historique du collège Saint Monique et dans un second temps la pédagogie Assomption que nous tentons de vivre avec les élèves.

Par ailleurs, nous nous excusons d’avance pour les lacunes qui ne manqueront pas, loin s’en faut, de se glisser dans le contenu de cette communication. Nous espérons que les anciennes et les religieuses de l’Assomption ici présentes voudront bien nous aider à la compléter au cours de la séance de questions-réponses compléments.

Historique

Nous pouvons difficilement faire la petite historique du collège Sainte Monique sans la replacer dans le contexte des premiers pas vers la maturité de notre Eglise diocésaine.

La préfecture apostolique du Ouahigouya dont relève Koudougou est crée le 12/06/1947 avec Monseigneur Joseph BRETAULT comme évêque. C’est le même qui sera le 1er évêque du diocèse de Koudougou crée le 14/09/1955. Ouahigouya devient le diocèse……..Durieux au même moment que la Sissilie actuel (Léo et Fara) est détaché de Ouahigouya pour…….au diocèse de Koudougou.

Très tôt, notre Eglise naissante à compris l’urgence de travailler à l’éducation chrétienne de la jeunesse pour préparer la société à venir ?

  • La priorité n°1 dans ce domaine fut de mettre en place une pépinière pour la formation catéchétique, l’ancêtre de l’ENC actuelle, d’abord dans la paroisse de La-Toden crée en 1937 avant son implantation définitive dans celle d’Imasgo crée en 1953. Puis en 1958, un petit séminaire pour les actuels diocèses de Nouna, Dédougou, Ouahigouya et Koudougou est ouvert à Koudougou pour soulager Pabré puis Nasso, dans le but de préparer un clergé indigène et local. C’est par la suite que le CJM et CSM seront créés par Monseigneur Joseph BRETAULT, évêque du diocèse de Koudougou, à l’époque. Selon la déclaration des évêques de la conférence épiscopale Burkina-Niger, en novembre 1996 sur l’éducation chrétienne et l’école catholique : "de tout temps, l’Eglise, qui ne peut ni ne veut rester indifférente à tout ce qui touche la vie des hommes, a toujours considéré le problème de l’éducation comme un problème extrêmement important, et pour l’homme lui-même et pour la société dont il est membre". C’est pour accomplir cette mission éducative, tant humaine que chrétienne que le Père évêque de l’époque Monseigneur Joseph BRETAULT fonde le CJM en 1961 pour les garçons qu’il place à l’extrême-sud de la ville, derrière le site des malades victimes de la maladie du sommeil mis en quarantaine qu’on appelle la Trypano. L’année suivante, il fonde un collège qui participe à la formation intégrale de la jeune fille voltaïque d’alors Burkinabé qui est confié à Sainte Monique, Mère de Saint Augustin, Patron du diocèse. Ce collège était exclusivement réservé pour les jeunes filles, frange de la population la moins concernée par l’effort de scolarisation du pays à l’époque. Il s’agit là pour notre jeune Eglise diocésaine de participer à la promotion de la Femme Voltaïque d’alors et à l’engagement chrétien pour transformer leur milieu par le ferment de l’Evangile car l’Eglise se sent responsable de l’éducation des hommes à côté des parents et de la société civile.
  • Le CSM n’est pas un collège secondaire d’enseignement catholique mais un collège catholique d’enseignement secondaire qui reçoit tous les jeunes sans distinction de religion et de conditions sociales et qui cherche, non pas à faire de ces élèves des chrétiens mais plutôt à christianiser les esprits c’est-à-dire les amener à transformer la société par les valeurs humaines et évangéliques.
  • 1962 donc le collège est né dans les locaux qui furent le centre ménager des FCM, avant de déménager deux ans plus tard sur le site actuel qui se situait à l’extrême Nord-Ouest de la ville. Depuis lors le collège, notre collège a beaucoup évolué dans sa physionomie. Le bâtiment sud aujourd’hui identifié comme bâtiment du 1er cycle, fut le premier érigé pour abriter aussi bien les élèves que les professeurs. Tous les autres bâtiments suivront après. L’effectif de la 1ère promotion fut de 20 filles mais aujourd’hui, le collège compte 1341 élèves dont 1190 filles. De 1962 à ce jour, le collège a reçu 11 591 élèves. L’administration a été confiée d’abord aux FCM qui après les deux (02) premières années, la rétrocéderont aux RAP. Jusqu’à ce jour, douze responsables administratifs se sont relayés à la tête de cet établissement : une FCM et onze RAP avec deux séjours à ce poste pour les sœurs C. DUPONT et Evelyne KABORE. C’est en 1995 que la section technique a été ouverte, inaugurant pour la 1ère fois la mixité dans cette école. Par ailleurs dès 1994, l’APE, au nom des parents d’élèves exprimera à la Sœur Supérieure générale des religieuses de l’Assomption, de passage à Koudougou, Sœur Claire, leur souhait d’avoir un second cycle sur place série A à travers lequel leurs filles continueront de profiter de l’éducation chrétienne, car beaucoup d’entre elles avaient des difficultés à évoluer au CJM qui n’avait que la série D. leur souhait devint une réalité à la rentrée 2002-2003. Le second cycle alors qui est ouvert décide de poursuivre la mixité déjà entamée par le cycle technique mais en gardant la priorité pour les filles (histoire de rester proche de la première vocation du collège). Ainsi le recrutement tiendra compte si possible de n’admettre que 2/3 de filles et 1/3 de garçons pour l’effectif d’une même classe.
  • La scolarité en 1962 qui était de 6000F pour l’année scolaire a évoluée selon le type d’enseignement et selon le régime de l’élève entre 46 700F et 143 200F. De deux professeurs pour la classe de 6e en 1962, l’établissement compte aujourd’hui 39 professeurs dont 13 permanents. Toutefois, le travail d’éducation qui se mène ici se base sur une pédagogie : la pédagogie de l’Assomption.

Pédagogie

 

Il faut se convaincre d’abord que tout être est éducable. A la différence de l’animal qui naît avec tout son équipement d’instant, l’homme ne naît pas tout fait. Il est inachevé, mais est appelé à devenir "avec le plus de plénitude possible".

Pour comprendre la pédagogie Assomption il faut se rappeler les principes et la vision de toute éducation, qui est de libérer l’individu et la personne, le modeler pour en faire un responsable de lui-même et de la société. Il faut garder en tête que l’on éduque pour socialiser c’est-à-dire amener la personne à être apte à vivre en société. Si donc éduquer, c’est apprendre à devenir, apprendre à être, et pas seulement accumuler le savoir ou le savoir-faire, alors il nous sera facile de saisir la pédagogie Assomption qui s’inspire des réflexions de Sainte Marie Eugénie, fondatrice des religieuses de l’Assomption. "Savoir avant tout contempler la réalité, pour discerner dans chaque enfant les forces de vie qui ouvrent à une grande espérance en Dieu et les forces (négatives de mort) qui déshumanisent".

Pour y parvenir, il faut donc de la patience si on veut "être artisan de l’homme et de la société à venir en collaboration avec Dieu. Il faut comprendre et nous devons comprendre que chaque enfant, chaque être est unique et a sa mission propre "chacun de nous à une mission sur la terre". La pédagogie à l’Assomption doit tenir compte que chacun de nous a du bon en lui.

Et à cet effort, Lord Baden Powell, fondateur du mouvement scout mondial, rappelle aux chefs scouts que "l’enfant, même le plus crapule a au moins 2% de bon en lui. La tâche du chef, et de façon générale de l’éducateur, est de fouiller pour trouver ces 2% et les développer de sorte qu’ils voilent les 98% de mal au bout de la course".

Il nous faut croire qu’au fond des natures les plus mauvaises, il y a toujours quelque chose de bon. Et cela, nous devons en être convaincus. C’est ce qui peut nous rendre persévérants puisque comme nous le rappelle les textes de référence "éduquer, c’est toujours permettre au bien qui est en chaque personne, de se frayer un passage à travers le roc qui l’emprisonne et l’amener à la lumière où il pourra fleurir et rayonner". et je dirai, fleurir pour lui-même et pour la société. Pour y parvenir, il faut laisser le jeune s’exprimer, l’écouter et l’amener à analyser les situations et prendre position. Il faut l’aider à se faire des convictions à avoir un caractère trempé selon les notions de….., de solidarité, de simplicité, de compassion et des valeurs humaines. Il faut l’aider à avoir une intelligence qui soit formée de manière qu’elle anime et donne une direction à la volonté.

La réussite de cette entreprise exige la participation de l’élève lui-même. Il lui faut être coacteur de sa propre éducation. L’enfant doit comprendre et l’adulte lui-même, que l’adulte n’est qu’un simple accompagnateur dont la mission essentielle est de permettre aux jeunes, de découvrir et réaliser leur vocation. Dans cette mission d’accompagnement, l’adulte doit réaliser, comme le disait Paul VI à Kampala en Ouganda que : "les paroles émeuvent mais les actes entraînent". Il faut se convaincre que "on apprend peu par ce que l’on dit un peu plus par ce que l’on fait et surtout par ce que l’on est". C’est dire qu’il lui faut faire sienne le poème de l’ARC « ……. ».

M. Joseph RAMDE
Professeur Certifié d’Histoire Géographie.
Officier de l’Ordre National


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