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23e dimanche du temps ordinaire - Sr Bénédicte Rollin

Année liturgique 2016-2017 [A]

Ton frère, ce pécheur

"Si ton frère vient à pécher…"
Ces quelques mots de l’Évangile attirent notre attention sur une situation quotidienne : je remarque la faute, le défaut ou le péché d’un autre. Nous voici provoqués à une utile méditation. Comment réagissons-nous aux fautes des autres, que ce soit de nos proches, des voisins, du curé ou des membres du gouvernement ? Nous jugeons, bien sûr, et condamnons… N’y a-t-il pas en nous un petit juge qui siège constamment au tribunal de sa bonne conscience et se fait un plaisir d’analyser, répertorier, étiqueter et mesurer les fautes des autres ? La suite logique et fréquente est d’en parler avec d’autres. Il faut avouer que cela procure une certaine satisfaction… C’est pour le bien, évidemment : nous ne voulons pas être naïfs, nous voiler la face et devenir complices du mal commis. Mais sommes-nous dans la vraie position évangélique ? Apparemment pas, surtout que toute la Bible nous rappelle que le SEUL juge est Dieu, lui qui seul sonde les reins et les cœurs. Jésus nous dit aussi dans la petite parabole de la paille et de la poutre (Mt 7,3 et Lc 6,41) que nous sommes assez mal placés pour condamner les autres.

Alors Jésus nous proposerait-il de fermer les yeux ? Il a péché, eh bien, c’est son problème, non ? – Non ! Car Jésus appelle ce coupable "ton frère", et nous voici désinstallés des positions trop confortables de juge ou de spectateur non-concerné. C’est mon frère, et je ne peux pas dire à Dieu comme Caïn : "je ne suis pas responsable de mon frère". Le péché de mon frère doit me concerner, car il blesse ce frère, il blesse le Corps de l’Église, il blesse la communauté humaine, il blesse le cœur de Dieu. Une attitude vraiment fraternelle devrait être celle de Paul : « Qui est faible, que je ne sois faible ? Qui tombe, que cela ne me brûle ? » (2 Cor 11,29)

Jésus propose une stratégie basée sur l’amour, la loyauté, la confiance et la solidarité. Il s’agit de dialoguer avec respect et délicatesse, seul à seul pour commencer, sans rien ébruiter. Prendre appui sur des personnes sages qui peuvent éclairer avec autorité. Porter en communauté le souci du frère qui s’égare. S’il s’obstine, changer de stratégie pastorale : le traiter "comme un païen ou un publicain" signifie recommencer l’évangélisation à zéro. Ne pas perdre confiance, donc. "Délier" les liens pesants de la culpabilité, c’est à dire puiser dans le trésor du Pardon dont l’Eglise est dépositaire. Prier ensemble, sûrs que le Christ est présent, même dans une communauté réduite à "deux ou trois".

Il vaut la peine de relire l’ensemble du chapitre 18 de Matthieu dont nous lisons deux extraits cette semaine et la semaine prochaine. Quel beau visage de l’Église s’y dessine ! Une Église accueillante aux plus petits, une communauté de pécheurs pardonnés qui se découvrent frères et responsables les uns des autres dans la miséricorde partagée.

Sr Bénédicte Rollin, ra
Vilnius - Europe du Nord


Mt 18,15-20

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