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23e dimanche du temps ordinaire - Sr Thérèse Agnès

Année liturgique 2015-2016 [C]

Aller jusqu’au bout…


En ce 23ème dimanche du temps ordinaire, nous célébrons la canonisation de Mère Teresa.


La sainte illustre parfaitement par sa vie ce à quoi nous invitent les textes de la liturgie et nous aide à réaliser comment chacun(e) de nous peut les comprendre pour les vivre mieux.
L’extrait du Livre de la Sagesse nous le rappelle “qui peut comprendre les volontés du Seigneur ?”
Qui, sinon l’Esprit Saint, pouvait toucher le cœur et l’intelligence de Mère Teresa, lui donner l’audace de quitter l’ordre missionnaire des sœurs de Notre-Dame de Lorette, sans savoir clairement ce vers qui Dieu l’enverrait ? Elle a expérimenté en son propre itinéraire “la vraie mesure de ses jours et son cœur a pénétré la Sagesse”.


Il en est de même pour nous : nous découvrons, tout en marchant, la voie – et la voix – de Dieu. Notre vie n’est pas tracée à l’avance comme un chemin balisé qu’il nous faudrait suivre. L’Esprit peut nous surprendre, nous dérouter et nous conduire sur la Route, la sienne. C’est une façon de renoncer à nous mêmes, comme nous y invite l’Évangile.
Le message du Christ est clair “si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants et même sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple”.
Certainement Mère Teresa a donné la préférence au Christ par rapport à sa famille, son pays, les richesses de sa famille et de son entourage. À cause du Christ. À cause des plus pauvres, des mourants de Calcutta. À cause de l’Amour.


Jésus “n’a pas revendiqué comme une proie à ravir d’être l’égal de Dieu”, il s’est “vidé de lui-même, il s’est rendu pauvre “pour nous enrichir de sa pauvreté”. Quand on lui annonce que sa mère est dehors et veut le voir, il répond “Ma mère et mes sœurs et mes frères sont ceux qui écoutent et observent la Parole de Dieu” (Luc 8, 20-21). Quand, après trois jours de recherche sa mère et Joseph le retrouvent au temple et lui demandent “pourquoi as tu fait cela ?”, il répond qu’il doit être aux affaires du Père, qu’il doit préférer les affaires du Père à tout le reste.


Saint Paul a explicité clairement ses choix de vie “à cause du Christ” et “de ce bien suprême qu’est la connaissance de Jésus Messie mon Seigneur … à cause de lui j’ai tout perdu”


Tout perdre, ce fut le choix des Saints de tous les temps, ce peut être le nôtre aussi, même si l’expression nous effraie. Il s’agit de tout perdre au nom d’un autre bien : perdre la satisfaction d’avoir raison à cause de l’amour ; perdre notre précieux temps pour aider quelqu’un, perdre un peu de notre réputation à cause de nos choix sociaux ou politiques ; perdre de l’argent à cause du sentiment de Justice qui nous étreint. Chacun(e) de nous sait ce à quoi il/elle est attaché(e), nous avons chacun nos domaines particuliers sur lesquels nous sommes un peu – ou beaucoup – crispé(e)s.
Jésus nous invite à porter notre croix “pour marcher à sa suite”. C’est paradoxal : comment marcher avec une Croix ? pourtant, cela semble une condition. Ce qui sous-tend l’idée que la Croix du Christ nous met en mouvement, qu’elle n’est pas un obstacle. Un des plus grands obstacles dans notre suite du Christ est la peur : peur de perdre notre vie, peur de n’être pas capable, peur de l’inconnu. Parfois, notre imagination joue contre nous, car “les réflexions des mortels sont incertaines, et nos pensées instables”.


Citons encore Mère Teresa


“La sainteté ne consiste pas à mener à bien des choses extraordinaires. Elle consiste à accepter avec le sourire ce que Jésus nous envoie. Elle consiste à accepter et à suivre la volonté de Dieu”.


Pour finir, laissons la parole à Mère Teresa :


“Seigneur crucifié et ressuscité,
Apprends-nous à affronter,
Les luttes de la vie quotidienne,
Afin que nous vivions dans une grande plénitude.
Tu as humblement et patiemment accueilli les échecs de la vie humaine,
Comme les souffrances de la crucifixion.
Alors les peines et les luttes que nous apporte chaque journée,
Aide-nous à les vivre comme des occasions de grandir et de mieux te ressembler.
Rends-nous capable de les affronter, pleins de confiance en ton soutien.
Fais nous comprendre que nous n’arrivons à la plénitude de la vie
Qu’en mourant sans cesse à nous mêmes et à nos désirs égoïstes.
Car c’est seulement en mourant avec Toi que nous pouvons ressusciter avec Toi.
Que rien désormais ne nous fasse souffrir ou pleurer
Au point d’en oublier la joie de ta résurrection.


Sr Thérèse Agnès, ra
Philadelphie, États-Unis

 

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