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23e dimanche du temps ordinaire - Sr Bénédicte Rollin

Année liturgique 2014-2015 [B]

« À l’écart… »

Laissons-nous, pour cette lectio, conduire pas à pas par le récit de Marc.


Au début nous voyons Jésus en déplacement. Il est en plein dans ce que le pape François aime appeler les "périphéries" : du territoire de Tyr, où il a chassé un démon d’une fillette syro-phénicienne, le voici qui va "en plein territoire de la Décapole", au-delà du lac de Tibériade. Toutes ces régions sont des territoires païens. La péricope suivante nous racontera comment, dans ce même territoire, Jésus, ému de compassion, nourrit une foule de gens "venus de loin" (c’est-à-dire, en langage biblique, païens). Dans un premier temps de notre méditation nous pouvons nous arrêter sur cette image de Jésus. Que veut-il ? Quelle soif l’habite pour le lancer ainsi à la rencontre de gens "hors frontières". Quelles détresses l’attendent ? Qu’est-ce qui, en lui, attire ces foules qui ne savent rien du Dieu de l’Alliance ?


Dans un deuxième temps le regard s’attarde sur un cas concret. Voici un homme handicapé, sourd, ayant des difficultés à parler, donc un homme par définition isolé socialement. Il est passif dans le récit : on l’amène à Jésus et on prie pour lui. Son handicap l’a empêché d’entendre la bonne nouvelle, déjà prêchée en Décapole par le possédé guéri (Mc 5,20). Qu’évoque pour moi surdité et incapacité de parler ? Quand m’arrive-t-il d’être incapable d’entendre la parole de l’autre et Celle de Dieu ? Pourquoi ? Quand m’arrive-t-il de rester muet au moment où je devrais parler ? Habité par l’expérience reconnue de ces blocages je peux continuer la lecture et me laisser mener plus loin.


Jésus emmène l’homme à l’écart. Là il le touche de ses doigts et de sa salive, il prie (un regard vers le ciel et un soupir), et puis dit la parole qui sauve "Effata". Ce qui se passe pour cet homme est donc une rencontre très intime, puisqu’elle se passe "à l’écart", seul à seul, et qu’il se laisse toucher dans son corps. C’est une rencontre où, de plus, Jésus l’emmène dans sa propre intimité avec le Père. Le toucher des doigts rappelle celui du Créateur sur Adam. La salive évoque la Parole qui sort de la bouche divine. Que nous sommes ici face à un acte de re-création sera confirmé par la réaction des gens : "Il a bien fait toutes choses", comme Dieu au chapitre premier de la Genèse. De fait une transformation s’opère dans les lieux de blocage : ses oreilles s’ouvrent et sa langue se délie. Ici il faut simplement s’arrêter et oser se tenir "à l’écart" en présence de Jésus qui m’ouvre l’intimité du Père. Dans ma surdité et mon incapacité à communiquer, même à prier, prendre le temps de rencontrer le regard du Christ et de Le laisser toucher en moi ce qui a besoin d’être guéri, d’être recréé, d’être ouvert.


Sr Bénédicte Rollin, ra
Vilnius, Europe du Nord

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