23e dimanche du temps ordinaire

Temps ordinaire (3)

- Le mot d’explication :

Le chapitre 18 semble avoir été composé autour des versets15-18 qui montrent une communauté structurée par des "responsables" n’hésitant pas à pratiquer la loi de l’exclusion.
On peut penser que l’Eglise à laquelle s’adresse Matthieu est confrontée à des tendances rigoristes. Dans l’Evangile, le rigorisme des règles prévoyant l’exclusion est tempéré par la mise en place d’une procédure qui laisse la place au repentir du pécheur et par l’exigence du climat de prière dans lequel doivent se prendre les décisions (vv. 19-20).

- Méditation :

JPEG - 8.4 ko
www.sermons4kids.com

L’instruction ecclésiale de Jésus à ses disciples entend réglementer la procédure à suivre lorsqu’un conflit éclate entre la communauté et l’un ses membres. La communauté ne doit faire preuve ni de haine, ni d’amertume à l’égard du fautif. Au contraire, elle doit s’engager pleinement pour le sauver. La nature du conflit n’est pas préciser mais il semblerait (d’après le verbe grec) qu’il s’agisse d’une transgression de l’enseignement du maître. Le premier échelon de la procédure est la réprimande fraternelle : un membre de la communauté reprend en privé le fautif pour l’exhorter à la repentance. En cas de succès, le frère est gagné, c’est-à-dire qu’il conserve sa place dans l’Eglise. En cas d’échec, une deuxième tentative est entreprise en présence de frères dont le rôle est de rendre plus pressante l’exhortation. Enfin, en cas de nouvel échec, c’est la communauté locale qui est instruite par les frères devenus témoins (Dt 19, 15) et qui prononce un ultime appel. Si l’intéressé persiste dans son refus, l’excommunication est prononcée. On ne peut certes nier que cette règle soit animée d’une volonté de fraternité : la communauté ne se désintéresse pas du pécheur, elle en est au contraire responsable et son premier souci est de le regagner ; d’ailleurs, la triple répétition de l’exhortation présuppose de la patience vis-à-vis de l’égaré. Mais l’aboutissement de la procédure est inéluctable pour le fautif endurci : l’exclusion le frappe et le prive de salut.
La discipline fraternelle n’est pas un acte de simple opportunité ou l’exercice d’une juridiction toute humaine ; elle est l’expression de la vocation de l’Eglise qui se voit dotée d’un pouvoir eschatologique : par l’exclusion ou le pardon, l’Eglise consacre l’attitude du disciple égaré, elle anticipe son destin. En effet, en acceptant ou en refusant le pardon, le membre incriminé se révèle fondamentalement dans sa foi ou dans son incrédulité.
A la discipline communautaire, Matthieu ajoute un commentaire destiné à l’éclairer. Le verset 19 n’est pas une leçon sur la prière en général et sur la promesse de son exaucement. Il parle d’une prière prononcée par une communauté rassemblée au nom de Jésus et de son unité dans l’intercession. C’est à cette église locale unie dans une même intention de prière qu’est promis l’exaucement du Père. Le différend avec le frère ne se tranche pas de manière administrative ou juridique, mais dans la prière. Et cette prière est garantie d’exaucement en vertu de la présence du Christ dans l’Eglise.
L’exigence de l’évangile de ce jour est donc de parler aux pécheurs et aux violents en vérité et sans les réduire au mal qu’ils ont commis, jusqu’à ce qu’ils reconnaissent leur propre égarement, leur propre violence. Ce qui est visé, dans une telle manière de procéder, ce n’est pas la punition du méchant, mais son changement de conduite. Et si le prophète Ezéchiel insiste en disant qu’il nous sera demandé des comptes du sang du méchant si nous n’avons rien fait, c’est bien que le Seigneur nous invite à être ses partenaires pour travailler le mal de l’intérieur et le faire tourner en bien. L’enjeu, encore, est celui de la communion restaurée au lieu de ruptures et de renvois. C’est pourquoi, la communauté de l’Église toute entière est concernée.

- Soyons donc ces "guetteurs" amoureux, soucieux de la bonne santé spirituelle des uns et des autres, du pardon qui reconnaît le coupable comme un être capable de reconquérir son image divine, de la communion... Ainsi nous rendrons présents le Christ et deviendrons ensemble une épiphanie de son amour tendre et miséricordieux.

© Sr Sophie Ramond, r.a.

>> Cliquer pour l’introduction à l’Evangile de Matthieu

Dans la même rubrique


Ajouter un commentaire



Informations légales

Ce site est édité par "Religieuses de l’Assomption" :

Ecusson
  • Religieuses de l’Assomption - 17, rue de l’Assomption 75016 Paris - France
  • Tél +33 (0) 1 46 47 84 56
  • Fax + 33 (0) 1 46 47 21 13

S'inscrire à l'info-lettre