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1er dimanche de carême - Sr Thérèse Agnès

Année liturgique 2013-2014 [A]

Vous serez comme des dieux : une tentation, ou une promesse ?

Nous voilà en route vers Pâques, nous voilà entrés dans un combat qui dure depuis longtemps et qui englobe toute les êtres humains, en particulier dans leurs mutuelles relations et leurs relations avec Dieu. Dans ce combat, Dieu s’est engagé, en la personne du Christ.

Les textes de la liturgie de ce premier Dimanche de Carême nous situent au cœur de la question fondamentale :Dieu et l’homme sont-ils des rivaux oui ou non ?

Le livre de la Genèse nous fait entendre une conversation entre le serpent, « le plus rusé de tous les animaux des champs que Dieu avait faits » et Eve.
D’entrée de jeu, pour ainsi parler, le serpent tronque la parole adressée à Adam et Eve et présente Dieu comme un être jaloux de son pouvoir « …Dieu sait que le jour où vous mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal… ».
Voilà, le défi est lancé !

Saint Jean, dans sa première épître, nous dévoile le « grand amour que nous a donné le Père , pour que nous soyons appelés enfants de Dieu », le projet de ce Dieu soi-disant jaloux de ses prérogatives « nous lui serons semblables parce que nous le verrons tel qu’il est ».

Nos parents mangèrent donc ce fameux fruit défendu ; et, en effet, leurs yeux s’ouvrirent, mais au lieu de se découvrir « comme des dieux », « ils connurent qu’ils étaient nus ». Les auteurs spirituels s’accordent à dire qu’Adam et Eve ont découvert, à ce moment-là, leur finitude, leur contingence, leur fragilité et ils éprouvent le besoin de cacher cette nudité en se couvrant et de se cacher eux-mêmes au regard de Dieu, parce que, nous dit le texte un peu plus loin, « ils ont eu peur ».

Les tentations de Jésus relatées par Mathieu nous disent qui est Dieu. En effet par trois fois le diable dit à Jésus « Si tu es Fils de Dieu… ». Il est Fils de Dieu, c’est le nom que l’ange a annoncé à Marie à l’Annonciation « …l’enfant sera saint et sera appelé Fils de Dieu », Luc 1,35.
C’est parce qu’il est Fils de Dieu que Jésus refuse les défis lancés par le diable. La même tentation reviendra à la Passion « …si tu es Fils de Dieu, sauve toi toi-même et descends de la Croix… et nous croirons ».
Immense délicatesse et humilité de notre Dieu qui refuse de forcer notre liberté, qui préfère nous voir découvrir la tendresse de Dieu à travers notre propre expérience, fût elle douloureuse.
Ainsi « l’œuvre de justice d’un seul (le Christ), procure à tous une justification qui donne la vie ».

Après la Résurrection, Christ se joint à deux de ses disciples en route vers Emmaüs ; il leur parle, il leur partage le pain, alors « leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent ».

Nous pouvons maintenant ouvrir les yeux sur nous-mêmes et au lieu de notre péché, notre finitude, nous verrons le Christ. Tel est le fruit du Salut opéré en Jésus Christ : en nous, dans le monde, chez les autres, quand nos yeux s’ouvrent, nous sommes rendus aptes à voir le Christ, agissant, sauvant, transformant nos vies et celles des autres et le monde.

Que ce temps de Carême nous soit un temps de découverte de la tendresse de Dieu qui nous veut avec lui pour toujours, qui partage nos combats, qui n’a pas peur du péché, pour qui le péché n’est pas de soi un obstacle à la rencontre avec le Père, si nous acceptons avec confiance le Salut qu’il nous offre.
Apprenons à ouvrir les yeux et à savourer intérieurement la joie du Salut.

Bonne route vers Pâques !

Thérèse Agnès, ra
Philadelphie, Etats-Unis


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