1er dimanche de Carême

Carême

Le premier dimanche de carême nous invite à la foi, depuis la première lecture où s’énonce le credo du peuple d’Israël, en passant par la seconde lecture, la lettre de saint Paul aux Romains, où se dit le profession de foi en Jésus-Christ, à l’Evangile qui nous raconte les tentations de Jésus et son choix de faire confiance au Père et de mettre sa foi en la Parole.

Dans le livre du Deutéronome, Moïse fait le récit de la naissance du peuple d’Israël, engendré de l’Exode et de sa sortie d’Egypte. L’événement a été le point de départ d’une nouvelle relation avec son Dieu, lieu de l’expérience de sa liberté. Moïse ordonne alors une célébration, au cours de laquelle sont offerts à Dieu les premiers fruits de la récolte. C’est l’occasion de faire mémoire, de rappeler la présence de Dieu dans l’histoire du peuple, depuis le jour où il le fit sortir d’Egypte jusqu’au jour où il le fit entrer dans la terre promise, ce pays ruisselant de lait et de miel. Faire mémoire, pour entrer dans une dimension de louange, de reconnaissance de la proximité de Dieu, et fortifier sa foi : ce dont le peuple mémoire, ce qu’il célèbre aujourd’hui est source d’espérance pour demain.

Dans la lettre aux Romains, Paul rattache le salut au croire dans son cœur et à la confession de la bouche. Il reprend les termes du Deutéronome, qui oppose la proximité de la Parole à sa recherche au ciel ou au-delà des mers. La Parole est près de l’homme dans sa bouche et dans son cœur et le devoir de ce dernier est de la mettre en pratique (Dt 30, 14). Or, la Parole de la foi s’est faite proche une fois pour toutes dans la mort et la résurrection de Jésus. Affirmer, croire, invoquer sont pour Paul les seules voies possibles de salut. La foi se résume en ceci : Jésus est Seigneur ou, ce qui revient au même : Dieu a ressuscité Jésus. Si le salut dépend, non de nos origines, mais de notre foi en Jésus comme Seigneur de tous les humains, Dieu ne fait pas de discrimination entre le païen et le Juif devenus chrétiens. Jésus est Seigneur, telle est la foi des chrétiens dans le mystère de Pâques.

Évangile annonce le nouvel exode, le drame pascal qui se jouera à Jérusalem, où Jésus va affronter la mort. Le récit raconte les trois tentations que Jésus éprouva. Elles résument par avance les occasions qu’il repoussa, au long de sa vie, d’affirmer sa puissance terrestre de Messie. Ces tentations, fondées sur des citations du Deutéronome, sont celles auxquelles succomba le Peuple de Dieu durant sa marche dans le désert. Jésus accomplit la Parole divine : il refuse de faire des miracles dans son propre intérêt (cf. Dt 8, 3), de révérer le Prince de ce monde pour exercer la royauté universelle (cf. Dt 6, 13) et d’user de son pouvoir de Fils de Dieu pour se protéger et séduire par des prodiges (cf. Dt 6, 16).
Au baptême, le Père a révélé à Jésus son identité et sa mission. Jésus doit les vivre selon l’Esprit du Père, qu’il a reçu. Survient le diable, qui, en réaction, menace la joie de la naissance dans l’Esprit. Jésus est tenté en sa qualité de Fils de Dieu. Le diable va essayer de l’entraîner dans la confusion, comme le serpent l’avait fait pour l’homme et la femme dans le jardin d’Eden, au sujet du commandement divin (cf. Gn 3, 1-5). Dans le cœur de Jésus s’ouvre un combat entre l’Esprit et la confusion diabolique.
Jésus a fini de jeûner, Il a faim. Alors la tentation est de suggérer à Jésus, puisqu’il est le Fils de Dieu, de transformer les pierres en pain. Selon cette logique, si Jésus peut faire des miracles, il est normal qu’il les fasse à son profit. Mais Jésus refuse que sa condition divine lui serve à éviter le poids de la condition humaine. Il fera des miracles, certes, mais pour que les hommes puissent être conscients de la proximité de Dieu et du salut qu’il veut pour eux. Parce qu’aucun homme ne peut se soustraire aux difficultés, aux forces du mal en faisant des miracles, Jésus n’en fait pas en son intérêt propre. Pour ce motif, il ne s’agenouillera pas pour adorer Satan, afin de dominer les royaumes de la terre et il ne se jettera pas du pinacle du temple. Ce n’est pas à travers la force que l’on peut obtenir le salut, une vie conforme à l’Évangile.

De ces trois épreuves Jésus sort vainqueur, ayant épuisé toutes les formes de tentation qui résument le visage du Messie puissant que Jésus a refusé d’assumer. L’évangéliste termine son récit par un rendez-vous avec le diable au moment fixé, c’est-à-dire au moment où Satan entra en Judas (Lc 22, 3 ; comparer 22, 31.53). La véritable épreuve de Jésus, son vrai triomphe sur le Mal, seront la croix qui conduit à la résurrection. Jésus entrera libre et déterminé dans sa passion (cf. Luc 22, 51). Mais devant le scandale de la mort acceptée par le Messie, le disciple risque de tomber ; l’antidote de la tentation est alors la prière, le soin d’une relation de proximité avec son Seigneur (cf. Luc 22, 40.46).
A travers l’épreuve de Jésus, c’est nous qui sommes tentés et invités par là à l’endurance dans le combat spirituel (cf. Lc 21, 19). Les tentations que repousse Jésus durant ces quarante jours ne sont rien d’autre que celles assaillant les croyants que nous sommes. L’invitation est la même pour nous : une invitation à ne pas détourner la Parole de Dieu selon notre intérêt, à ne pas rêver de moyens puissants pour donner consistance à nos vies. C’est une invitation encore à avoir soin de notre relation au Père, de manière à ce que, lorsque vient la tentation, nous puissions l’affronter en Dieu.

Sophie Ramond, RA
Paris-Lübeck - France

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